À CÔTÉ DE LA PLAQUE !

En salles mercredi prochain, THE AMAZING SPIDER-MAN : LE DESTIN D’UN HÉROS marque la suite des travaux de Marc Webb sur le personnage de super-héros immortalisé par la trilogie pourtant récente de Sam Raimi. Et force est de constater que cette dernière peut dormir sur ses deux oreilles : elle n’est pas prête de perdre sa place au firmament d’un genre décidément de plus en plus pauvre.

Entre décalque servile et petits rajouts inutiles, le premier THE AMAZING SPIDER-MAN se posait là en tant qu’entreprise opportuniste torchée en quatrième vitesse pour permettre à son studio de conserver les droits d’une franchise ô combien juteuse. Sa suite allait donc permettre au spectateur de vérifier sur pièces si Marc Webb et Sony étaient capables de raconter la fameuse « untold story » que nous avait promis le premier film (la sous-intrigue sur le père de Peter Parker, scientifique en fuite) et qui avait été quasiment dégagée de l’intrigue au dernier moment afin que le reboot colle davantage aux films de Sam Raimi dont il était pourtant censé se démarquer à l’origine (cherchez pas, y’a rien à comprendre). Bref, cette séquelle allait-elle enfin proposer du neuf ? Réponse : oui, mais en mettant les deux pieds dans le nawak le plus complet et en démontrant que Webb et ses petits copains n’ont jamais vraiment compris le personnage de Peter Parker/Spider-Man. Dès le début du film, dans la droite lignée djeuniste et « girl friendly » du premier film, le jeune « nerd » timide et mélancolique né sous le pinceau de Steve Ditko est donc caractérisé comme un mec over-cool qui déboule à la cérémonie de remise de prix de son lycée pour rouler une pelle à sa copine sous les vivats de ses camarades. La séquence d’avant, sous les traits de Spider-Man, il a arrêté un mafieux russe en lui baissant le froc devant tout le monde (rires). Bref, le film vient à peine de commencer et on sait déjà que le beau personnage émouvant et tragico-héroïque célébré par Sam Raimi va prendre cher. Très cher. Son enjeu principal, en tout cas celui qui occupe le plus de place dans le film, se limite au dilemme suivant : ayant promis à son père mourant – au courant de sa double identité – qu’il ne mettrait pas en danger sa fille en s’engageant dans une relation amoureuse avec elle, Peter Parker va-t-il oui ou non se mettre à la colle avec la belle Gwen Stacy ?

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En fait cet arc narratif est traité comme l’ensemble du film : au moyen de rajouts grossiers qui dissimulent mal les coutures d’un scénario bricolé de toutes pièces. Ainsi, ce dilemme propre à Peter Parker ne sera jamais traité autrement que par deux ou trois allusions dispersées dans l’intrigue, des plans furtifs relevant du « post-it », dans lesquels le fantôme du père de Gwen apparaît subrepticement au héros pour lui rappeler sa promesse, excepté bien sûr dans LA scène (vers la fin du film) où ce gimmick aurait pu prendre tout son sens et appuyer ainsi douloureusement la culpabilité de Peter. Bel aveu d’un film qui refuse toute intensité dramatique au profit d’une légèreté parfaitement consensuelle. Ainsi, les relations entre Gwen et Peter ne dépasseront pas le stade du marivaudage le plus inoffensif, à l’intérieur duquel Gwen revendique sa condition de pétroleuse féministe qui veut à la fois poursuivre ses études en Europe et prendre part à l’action en aidant son Spidey d’amour à kicker les méchants. Deux enjeux auxquels les auteurs ne croient évidemment jamais, les résolvant de manière parfaitement mécanique en convoquant systématiquement les antagonistes du héros afin d’enrayer les plans des deux tourtereaux. Les méchants, parlons-en justement. Si l’on excepte Norman Osborn (campé par un comédien connu – Chris Cooper – mais néanmoins dégagé en une scène, le temps de le faire mourir), qui n’est là que pour dire à son fiston Harry que la maladie dont il est victime est héréditaire, ils sont donc au nombre de trois : Electro (Jamie Foxx, ri-di-cu-le), le Bouffon vert/Harry Osborn (Dane DeHaan, transparent) et Le Rhino (Paul Giamatti, quasi-absent du film). Le premier est un scientifique farfelu et solitaire transformé en pile électrique suite à un accident ; le deuxième est le meilleur ami de Peter Parker et cherche à reprendre les expériences de son père sur un sérum à base de venin d’araignées génétiquement modifiées (le « grand » secret du père de Peter Parker, qui avait choisi de renoncer à ces recherches dangereuses) ; et le troisième est un mafieux russe revanchard. Problème : traités à la suite et non conjointement, ils n’interagissent jamais réellement ou alors de manière une fois de plus grossièrement mécanique, comme lorsque Harry, viré de l’entreprise de son père par son conseil de direction véreux, demande à Electro de l’aider à rentrer dans le bâtiment d’OsCorp pour récupérer les affaires de son paternel. Il faut compter aussi avec Felicia Hardy, la future Chatte Noire, mais qui est ici réduite à un kolossal « deux ex machina » puisqu’elle apparaît simplement sous les traits de la fidèle secrétaire de Norman Osborn, chargée d’orienter son fils vers l’endroit où est cachée la panoplie du Bouffon vert.

Que le film de Marc Webb souffre d’un trop plein de personnages, c’est donc un fait. Et encore, on a échappé à Mary Jane, l’autre copine de Peter Parker, qui devait également faire partie de la fête avant d’être finalement reportée au troisième volet puis purement et simplement évincée de la saga (la comédienne Shailene DIVERGENTE Woodley avait pourtant tourné quelques scènes mais qu’on ne verra apparemment même pas dans le prochain épisode…). Mais le gros hic réside dans le fait que toutes ces silhouettes ne sont même pas traitées correctement et que leur place au sein de la narration en déséquilibre la structure de manière rédhibitoire. Electro, dont les motivations sont du niveau d’un dessin animé pour les moins de 3 ans (il veut être l’ami de Spider-Man envers et contre tout…) et dont les pouvoirs sont totalement incompréhensibles (on vous met au défi de comprendre ce qu’il trafique lors de son duel final contre le Tisseur dans la centrale électrique), occupe ainsi la majeure partie du métrage alors que le Bouffon vert – qui était pourtant de fait le personnage le plus potentiellement riche puisque lié à Peter Parker par l’amitié qu’il lui porte – apparaît enfin à vingt minutes de la fin et que le Rhino se contente des 5 dernières minutes du film, si l’on excepte la scène du début où son alter ego humain se fait donc défroquer en pleine rue par l’Araignée. L’affiche du film, sur laquelle Spider-Man fait face à ses trois adversaires en plein Times Square, et la phrase d’accroche qui l’accompagne (« Quand ses ennemis s’unissent, son plus grand combat commence »), constituent donc une belle arnaque au marketing. On aura alors une pensée émue pour le monstrueux final du SPIDER-MAN 3 de Sam Raimi, dans lequel le Tisseur, Venom, le Bouffon vert et l’Homme-Sable s’affrontaient lors d’une scène d’action étourdissante à ce jour inégalée. L’union des super-vilains est en fait repoussée, une fois de plus, à un film ultérieur puisque ce second THE AMAZING SPIDER-MAN en profite – comme si ce n’était pas assez le bordel – pour introduire in fine, au chausse pied, l’arc des Sinister Six, cette équipe de super-vilains constituée des pires ennemis de Spidey (le Vautour, Docteur Octopus, le Bouffon vert, le Rhino…), afin de lancer un concept de franchise ouverte à la AVENGERS. De ce gros bouillon indigeste concocté par des cadres exécutifs totalement aux abois, le personnage de Spider-Man ressort méconnaissable, transformé en une misérable marionnette chargée de rameuter un maximum de catégories de spectateurs. Lors de son caméo rituel, Stan Lee pointe du doigt Peter Parker et crie « Hey, je connais ce type ! ». Non Stan, tu dois te tromper. C’est pas lui.

À LIRE ÉGALEMENT
Notre critique de THE AMAZING SPIDER-MAN

TITRE ORIGINAL THE AMAZING SPIDER-MAN 2
RÉALISATION Marc Webb
SCÉNARIO Alex Kurtzman, Roberto Orci, Jeff Pinkner et James Vanderbilt
CHEF OPÉRATEUR Daniel Mindel
MUSIQUE Hans Zimmer
PRODUCTION Avi Arad et Matthew Tolmach
AVEC Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan, Colm Feore, Felicity Jones…
DURÉE 142 mn
DISTRIBUTEUR Sony Pictures Releasing France
DATE DE SORTIE 30 avril 2014

36 Commentaires

  1. Mola Ram

    Et le plus consternant c’est que ça va cartonner, et que les nazes de sony vont pouvoir continuer leur tambouille… Pauvre Andrew Garfield, acteur brillant réduit à faire le clown dans des navets. Et WTF : 2h22??!!

  2. Ben reilly

    Merci enfin une vraie analyse. Dire qu’on va devoir se taper encore une série de films de ce type… Sam Raimi, reviens, il sont devenus fous!

  3. J’avais volontairement évité le premier au cinéma, il en sera de même pour celui-ci. Du produit commercial calibré au millimètre près. Evidemment il cartonnera comme le premier, mais le plus désespérant c’est que les plus jeunes le préfère à la trilogie de Raimi. Après plusieurs discussions avec des 12-16 ans, je me suis rendu compte que la distanciation ironique, l’humour bas du front, la réalisation clipesque, ou encore l’absence quasi-totale de profondeur dramaturgique, eh bien c’est ce qui plaît actuellement à ces plus jeunes.

    Bon sur ce, je retourne dans ma grotte, appelez-moi quand le prochain bon film de super-héros sortira !

  4. Enfin une vraie critique constructive sur cette TRAHISON que tout VRAI fan de Spiderman se doit de conspué comme elle le mérite ,Que le monde ouvre les yeux ,bon sang !!!!

    • Léo-Paul

      Tout vrai fan de Spider-Man devrait vomir sur les Spider-Man de Sam Raimi et sur Tobbey Maguire, et surtout, tous les vrais fans de Spider-Man devraient savoir écrire Spider-Man normalement et non « Spiderman »… Donc ça part très mal pour nous faire croire que tu es (même pas besoin de « vrai ») fan.
      Et si tu l’étais vraiment, tu serais en admiration devant le travail et le respect du matériau d’origine qu’a effectué Marc Webb. Et devant le magistral Andrew Garfield.

  5. Innsmouth

    Bonjour
    Je contribue pour la première fois sur votre site tout en le suivant depuis son lancement.
    A la lecture de cette critique et des commentaires qui la suive me vient cette question que j’ai depuis un moment et à laquelle j’espère qu’une réponse me sera apportée.
    Voici l’avis d’un néophyte en matière de critique cinématographique qui ne prétend en rien donner de leçon à qui que ce soit.
    J’ai du mal à comprendre cette iconisassions des films de Raimi, je fais partie d’une génération qui a découvert spiderman avec la série animé spiderman l’homme araignée et qui fût donc tout exciter à l’idée d’aller voir les spiderman de rami au cinéma quelques années plus tard.
    Seulement comme souvent c’est là que le bas blesse et voici les quelques points qui me dérange, sans faire de ces films des nanars du niveaux d’un catwoman je trouve qu’ils sont loin de représenter ce qui s’est fait de mieux dans le genre film de « super-héros »
    -Tout d’abord l’interprétation de tommy mcguire qui frise souvent le grotesque enchaînant mimiques et grimace plus improbable les unes que les autres (à mon sens) et qui justifie à elle seule quasiment le reboot de la série.
    -Le traitement de personnage, qui est a mon sens « fun » on peut notamment le voir dans les cross-over récent avec deadpool, se transforme en nerd géniard et niais donc l’aspect psychologique est abordé avec une subtilité proche du zéro absolu.
    -On parle souvent de films audacieux ou ironique du fait de la présence de Sam Raimi, mais sans faire preuve d’aucun anti-américanisme, a-t-on vraiment besoin de voir notre héro se balancer devant une bannière étoilé (dans le second film il me semble)
    -En ce qui concerne les méchants on pourra accorder des qualités et des défauts (comme le costume du bouffon vert) aux deux premiers volets mais sur ce point le 3ème semble parfaitement indéfendable tant le traitement des méchants est pauvre et insipide.
    Encore une fois sans vouer aux gémonies cette série de film, je ne vois pas en quoi elle mérite un respect bien supérieur à cette nouvelle, ce sont des teens movies avec ce que cela comporte d’élément positif et négatif.
    Merci à ceux qui auront pris la peine de lire et plus encore à ce qui pourront m’apporter une vision constructive sur la présence des films de raimi au panthéon du genre.

    • Léo-Paul

      Tu as 100 fois raison ! Il n’y a presque rien à retenir dans la trilogie de raimi ! Y’avait peut-être quelque chose à l’époque mais là ça a tellement mal vieilli… !

  6. Léo-Paul

    Alors là, je suis sur le cul.
    TASM est tellement mieux que les Spider-Man de Sam Raimi qui sont ridicules et mauvais (hormis le 2). Et surtout… quoi ?! Garfield ne joue pas le vrai Peter Parker ? Nan mais tu déconnes, le mec EST Peter Parker, alors que Magguire (ne le joue même pas) fait le même rôle que dans tous ses autres films : il joue Tobbey Magguire !
    Dans TASM, on nous introduit aux parents de Peter, génial, on parlait pas de ça dans la première trilogie ! Mais là, ça va être au moins 4 films donc c’est pas grave qu’ils en parlent pas plus dans le premier film (dans le 2 on en parle beaucoup plus).
    Deuxième point : les acteurs sont tous excellents, Emma Stone n’avait plus à faire ses preuves en tant que grande actrice mais Andrew Garfield n’avait pas beaucoup de films à son actif (je n’ai pas vu The Social Network) et il s’en sort… mais tellement bien ! Dans la trilogie originale, Tobey Maguire jouait Tobey Maguire, c’est tout ! Quand on le voit dans Gatsby le Magnifique, il joue exactement la même chose ! Peter était complètement dénaturé dans la trilogie originale ! Et certains disent qu’il est trop beau gosse dans le reboot… Nan mais attendez, recherchez sur Google, je sais pas, Peter Parker EST un beau gosse qui a du mal à se démarquer de son « statut » d’intello et qui se fait sans cesse rabaisser par les gros lourds de la classe. Ce qui est le cas dans TASM 1. Dans le 2, il suit la même évolution que dans les comics : il devient plus adulte et plus réfléchi. C’est le Pete adulte. Et le twist final le rendra encore plus adulte pour devenir ce qu’il est dans les comics lorsqu’il devient prof, vit avec MJ…..
    Troisième point : J’ADORE l’histoire d’amour. Au cinéma, il y en a eu un tas qui étaient bien plus intéressantes, mais des plus sincères, il devait y en avoir beaucoup moins… L’alchimie entre les personnages est juste PARFAITE on a envie de les serrer dans nos bras à chaque fois qu’ils s’embrassent on en pleurerait tellement c’est sincère… Et pour cause ! Les acteurs SONT ensemble dans la vraie vie, même pas la peine de jouer ! Et c’est juste génial, contrairement à cette pouffe de Kirsten Dunst qui prétend être une actrice alors que tout ce qu’elle a fait comme rôle/jeu intéressant, c’était dans Virgin Suicides… Et elle avait besoin de massacrer MJ comme ça ??? La romance avec « Peter » (je met des guillemets parce quand c’est Maguire qui le joue, c’est pas vraiment Pete), on peut y croire, mais c’est tellement cucul et ringard, je sais pas quand c’est la dernière fois que t’as vu Spider Man mais moi je l’avais pas vu depuis que j’étais tout gamin, je l’ai revu, j’ai vomi de par la ringardise de l’écriture, de la mise en scène, des effets spéciaux… Quand ma mère passait à côté de moi et jetai un coup d’œil à l’écran pour grimacer (elle a aimé le reboot), j’avais honte de voir le film tellement c’était mauvais ! Certes, cela s’est amélioré dans le 2 mais MJ et son histoire à deux balles, ça nous fait chier ! C’est juste un perso qui crie et a peur de tout quand la MJ des comics va au devant du danger et est prête à aller sur le terrain pour aider son copain quand ses ennemis le dépassent ! Bref…
    Quoi d’autre ? J’aime comme OscOrp est exploitée, comme Pete y trouve l’araignée qui va le piquer, parce que le truc de j’y vais dans un muséum, une araignée va réussir à, on sait pas comment sortir de sa prison de verre pour te piquer dans une 3D dégueulasse et que le tableau de bord derrière toi le dise alors qu’il a jamais été en lien avec Peter, c’est abusé !
    Autre chose ? J’ai ! Le méchant, Rhys Ifans est tellement grandiose dans sa performance qu’il nous fait peur dès son arrivé, et quand il est Lizard… Brrrr, magnifique ! Il devient fou mon dieu, c’est génial ! Bon, là, pas de parallèle méchant avec la trilogie de Raimi car je dois bien lui reconnaître une chose : ses méchants sont bien construits (hormis Venom qui est mauvais en tous sens).
    Encore mieux ? J’AI !! L’ancrage dans la réalité ! C’est génial !! Il est très intelligent, le costume peut être fait par n’importe qui avec un peu d’argent, c’est génial !
    Encore ? La mise en scène ! J’adore comment Pete se construit, la scène du skate où on voit qu’il gagne en force et en réflexes est innocente mais tellement puissante dans le fond… !
    Tante May ! Tellement puissante également ! Mouaahaaha son interprétation est géniale, Rosemary Harris, dans la trilogie originale, était pas mal mais Sally Field est juste parfaite ! Idem pour Ben !
    Ah, oui, sur Ben, hein ? Je ne vous comprend pas. Il y en a qui crachent sur cette scène parce qu’elle a déjà été vue et que c’était pas la peine, d’autre parce qu’elle est pas assez émouvante… Attendez, PAUSE ! Aux premiers, il faut la refaire, c’est un reboot, il est normal de refaire une scène qui est essentielle pour le développement de Spidey. Pour le deuxième groupe, je voudrai dire… Mais en quoi elle est pas émouvante, la scène en elle même est courte mais quand on voit la scène d’après, entre Pete et May, elle est à l’émotion ! Dans la réaction des personnages ! C’est génial ! Et puis, la scène de Raime elle est émouvante, PEUT-ÊTRE ???! Avec ce con de Maguire qui essaie de faire des grimaces moches pour faire croire qu’il pleure… Nan nan, moi ça me donne envie de rire tellement c’est ridicule.. !
    Ah, et Flash… Flash Thompson.. C’était génial de l’avoir intégré à l’histoire !!
    Mais juste, Pete. Le Peter Parker d’Andrew Garfield ! Il est génial, il EST Peter Parker ! Péteux, pédant, drôle, émouvant… ET beau gosse ! C’est génial !!!
    Voilà ce que j’aime dans le reboot. Presque tout. Il y a beaucoup, BEAUCOUP plus de choses excellentes que de choses mauvaises dans ce film, en revanche, on ne peut pas en dire autant des films de Raimi. Il y a pleins de choses autres que j’aime mais là, c’est ce à quoi je pense.
    Bon, le 2, que j’ai vu en AVP, est en dessous, c’est vrai. Mais pas mauvais à ce point là, juste un peu décevant. La déception est comparable à celle de The Dark Knight –> The Dark Knight Rises. Mais bon, TASM 2 est mieux que Rises (mais TASM 1 n’est pas mieux que TDK).

  7. tangoche

    Don’t feed the troll 🙂

  8. Bouhbouhman

    C’est marrant. A chaque fois qu’il y a un remake ou un nouveau réalisateur qui se penche sur un personnage on remarque le genre d’intervention jusqu’au boutisme que vient de nous offrir Léo-Paul avec TOUJOURS les mêmes arguments. Tout est mieux, les anciens sont nuls aussi et surtout parce qu’ils sont vieux. Fx, plus à la mode, ringard, interprétation et caractérisation à la ramasse, alors qu’avec les nouveaux on frise la perfection. Limite si les acteurs méritent un oscar, … Et c’est le problème des fans dans un sens comme dans l’autre. Dans quelques années Léo-Paul nous vantera les mérites de la prochaine trilogie au détriment de celle de Marc Web. (« Ben ouais j’ai grandi entre temps »).mouarf

  9. Léo-Paul

    Que veux-tu ? Non, les acteurs ne méritent pas d’Oscar (sauf peut-être Emma Stone), mais faut vraiment être aveugle pour pas voir que c’est un bon film… ! Spider-Man, c’est un truc pour gamin avec quelques intelligences de mises en scènes mais les acteurs sont à chier, c’est tout ! TASM, c’est un bon film. Un divertissement, pas un chef d’œuvre. Un des meilleurs films du genre, à placer près de The Dark Knight, (bon, bien en dessous de TDK), The Avengers, Superman Returns ou X-Men (2)… !
    Peut-être vanterai-je les mérites d’une nouvelle trilogie sans effacer les bons points de TASM. Comme je le fais là : il y a des bons points dans les Spider-Man : la mise en scène, le développement des méchant, ….. euh… voilà !
    Après, je ne suis pas mauvaise langue : le 2 est beaucoup beaucoup moins bon que le 1 et là où celui-ci était intelligent et bien rythmé, le 2 est… lent, mais lent !!! Il y a des bons points, mais 2h22 pour ce qu’il y a dans le film, c’est trop.
    Et puis, sur les films de Raimi, le 2 est bien ! Le reste est à chier (majoritairement, hein, y’a toujours des bons points) mais le 2 est bien !
    Franchement, je suis pas du tout mauvaise langue, TASM 2 est bien mais est nettement en dessous du premier, Spider Man 2 est bon alors que les autres films sont mauvais… ! C’est tout !

    • Plissken

      Mais il est sérieux lui ?
      Y’a zéro caractérisation dans tes TASM (nan mais Tante May puissante ? Plus cruche tu meurs…), c’est ultra-téléphoné et pompe carrément la mise en scène de Raimi avec le talent visuel en moins, Chez Raimi la photo est belle et bien personnelle, chez Webb , ça ressemble à d’la sitcom.
      L’histoire d’amour que t’adores, je la trouve absolument irritante, je n’y crois pas une seconde et je n’ai qu’une envie, c’est de les baffer, il n’y a aucune ambiguité, aucun enjeu… mais foutrement que dalle. (La preuve, je me suis endormi au ciné devant le 1, et il m’en faut putain pour que je dorme au ciné moi…) Alors que dans les Raimi, c’est l’unes des motivations principales (sans compter la mort d’Oncle Ben, bien plus percutante chez Raimi que dans le Webb, où c’est bazarder honteusement, ne créant aucun pathos) de Parker et ça me semble bien plus réaliste et c’est bien mieux développé.
      Pour ce qui est d’la fidélité du comics… Faut savoir se détacher du matériel d’origine aussi des fois ! 😉 Je préfère qu’on prenne des risques, qu’on me propose des choses qui servent à la cohérence du film au lieu de copier vulgairement les vignettes sans réel talent. Genre Sin City, c’est cool une fois…. Mais c’est irregardable une seconde fois.

  10. N.Van

    @Léo-Paul +1
    J’avais aussi beaucoup apprécié le premier TASM et continue à dire qu’il apporte toujours quelque chose de + que la première trilogie de Sam Raimi.
    En ce qui concerne ce deuxième volet, il me tarde vraiment de le voir afin de me faire un avis définitif même si je crains certaines choses…nous verrons bien.

    En tout cas voilà un article qui devrait t’intéressé, rédigé et posté à l’époque ou j’avais découvert la version de Webb : http://www.gameblog.fr/article-lecteur_1674_avis-a-chaud-the-amazing-spider-man-par-vincent-n-van

  11. tangoche

    Ah non mais la perception ne se juge pas et nul n’est légitime à vous reprocher de préférer les nouveaux aux anciens; ceci dit, vous ne vous gênez pas pour vous accorder cette largesse en critiquant ouvertement ceux qui n’aiment pas les films de Marc Webb ( « faut vraiment être aveugle pour pas voir que c’est un bon film… !  » : j’ai une copine aveugle qui adore le film si ça peut te rassurer )

    Bref, on va se contenter de dire, qu’en ce qui me concerne, j’adore les Sam Raimi (même si le trois comporte clairement des grosses coquilles) et que nos goûts ne se concordent clairement pas (« Superman Returns »,et X-men 2, c’est clairement pas ma came) mais c’est pas grave et on continue d’aller au cinéma par passion et là je sens que je vais m’arrêter avant de balancer une réplique philosophique tout droit sortie d’une papillote Révillon.

  12. tangoche

    En attendant, je retrouve toujours plus de satisfaction émotionnelle dans cet extrait que dans tout le premier film de Marc Webb :

    https://www.youtube.com/watch?v=u42zRlrBYbs#t=121

  13. N.Van

    @tangoche
    SPOILER TASM
    Ma « satisfaction » émotionnelle à moi je la retrouve aussi ici et bien plus que dans les Raimi : https://www.youtube.com/watch?v=W4fw0obEasg

    Encore une fois j’attend de voir le 2 pour me faire un avis définitif et j’espère que ce genre de détails peut toujours s’y retrouver. Webb aime ses personnages et sa sensibilité par rapport à celle de Raimi est tout autre. C’est en partie ce que j’ai apprécié dans ce début de nouvelle trilogie.

    • tangoche

      Bah non, Raimi aime tellement son prochain qu’il filme ses monstres avec amour quand Webb semble avoir un soucis avec tout personnage sortant de l’ordinaire (du coup, j’avoue trouver Webb soit trop froid, quant à sa manière d’aborder les méchants, soit trop superficiel, quant à sa caractérisation grossière de Spiderman qui se transforme en beau-gosse écoutant du Coldplay)

      • N.Van

        Alors pour commencer ça n’est pas « Spider-Man » qui écoute du coldplay à ce moment là du film mais « Peter Parker ». Et pour être plus précis, Peter Parker n’écoute pas du Coldplay non plus. Si mes souvenirs sont bon la musique à ce moment là du film est extradiégétique. Ce qui est légèrement différent mais passons.

        Ensuite pour Raimi je suis désolé mais ce monsieur a juste flingué Venom. Et que personne ne vienne me parler des soucis qu’il a eu avec les Pierre, Paul ou Jacques qui voulaient lui coller Venom dans les pattes alors qu’il n’en voulait pas « et que ça l’a foutu dans la merde et blablabla…c’est pas la faute du Monsieur ».

        Mais c’est pas grave, on lui trouve toujours (et encore plus avec le temps) des circonstances atténuantes. « C’est Raimi le maître de l’horreur, papa d’Evil Dead donc pas touche ». Et allons-y les passes-droits.

        Comme le souligne si bien Mr Bordas :

        « On aura alors une pensée émue pour le monstrueux final du SPIDER-MAN 3 de Sam Raimi, dans lequel le Tisseur, Venom, le Bouffon vert et l’Homme-Sable s’affrontaient lors d’une scène d’action étourdissante à ce jour inégalée »

        Comme toujours…on sauve toujours ce qu’on peut.

        En attendant je préfère toujours voir un Peter Parker sur un skate avec un morceau de ColdPlay en fond plutôt qu’un autre qui s’amuse à faire des claquettes sur un bar et j’en passe et des meilleurs.

  14. will

    Je pense que le père Bordas et les autres parlent surtout des film de Raimi en terme de réalisation et pas de scénario. Autant certains passage du 3 sont à oublier (oui parker en emo, c’est insupportable, voir gênant) par contre niveau scène d’action, Raimi est juste une bête, On peut lui reprocher pleins de choses (Vénom justement) mais pas sa réal quand il te suit Spiderman esquivant des blocs de béton en pleine chute. Rien que la poursuite entre Peter et Harry au début du film qui est juste démentielle en de découpage!

  15. Florian

    Les critiques envers spiderman 3 commence vraiment à me gonfler en terme de mauvaise foi…
    Rien que l’histoire du fameux drapeau américain avant l’affrontement final, me laisse songeur quant aux arguments contre le film (spiderman est un pur héros américain ! Est ce une insulte… ?)
    Attention le film a des défauts, tout comme le premier (le 2 est parfait point final !), mais personnellement ca reste le deuxième meilleur de film de super héro après spiderman 2…

    Et je me fous des comics hein, je parle de film de cinéma, le reste….

    Je ne dirai rien sur les films de Webb, je ne les ai pas vu mais laissez donc les Raimi tranquille, on ne demande à personne de les aimer…

    • Florian

      Je vous conseille la critique de Nicolas Gilli sur filmosphère qui reflète bien mon avis sur le film !

  16. Innsmouth

    Puisque je suis visé je me permets de répondre.

    Le fait que spiderman passe devant un drapeau américain ne me choque en rien, mais sert d’argument contre le fait que Raimi est fait un film de super héro « transgressif ».
    De plus je ne vois pas de mauvaise foi à dire que spiderman 3 est mauvais c’est un ressenti personnel, je veux bien qu’on lui accorde quelques qualités en terme de réalisation mais pour ce qui est de la direction d’acteur ou du scenario cela me laisse moi aussi songeur.
    Les gouts est les couleurs étant propre à chacun je ne critiquerai pas le classement des films de super héros établit bien que je le trouve contestable à bien des égards.
    Pour ce qui est de ne pas être forcé à aimer ce film j’ai un peu l’impression que si, je trouve que Raimi est dans la bouche des critiques au cinéma de genre ce que serait Godard à la nouvelle vague. Si aujourd’hui on aime le cinéma de genre et/ou « Geek » et que l’on n’aime pas Raimi on est frappé du sceau de l’inculture

    • Florian

      Personne n’était visé particulièrement, c’est un argument qui est ressorti très régulièrement au moment de la sortie du film, donc voilà.
      Après je ne vois pas le lien avec la transgessivité de l’œuvre (être transgressif aux States c’est être anti-américain ?).

      Ensuite tu as le droit de ne pas aimer le film (j’ai un pote qui a failli sortir de la salle devant spiderman 2, et qui m’a rit au nez quand j’ai dit que c’était un chez d’oeuvre… c’est toujorus mon pote et j’ai toujours respecté son avis !).

      Après j’ai vu une interview de Kim Chapiron, il y peu, qui disait qu’établir un classement d’œuvre culturelle ou d’Art n’avait aucun sens et je suis bine d’accord.

      En ce qui concerne ta dernière phrase, c’est ton ressenti et pas le mien. Y’a des geeks qui n’aiment pas du tout ce que fait Raimi actuellement et qui portent au nu Snyder… Ce n’est pas le cas sur capture mag.
      Donc je ne sais pas pourquoi tu ressens çà mais c’est absolument faut, faut peut être aller lire d’autres site et magazine de cinéma de genre et/ou « geek ».

      et puis faut relativiser un peu hein… Je me fiche de qui aime ou pas spiderman 3, toiut ce que je sais c’est que c’est un film que j’aime et que je suis conscient de ses défauts et que je n’oblique personne à l’aimer.
      Ca m’énerve juste qu’on juge Arnaud Bordas pour trouver des qualités à un film que n’en manque pas.
      SI vous avez aimé TASM1&2 dites le pas de soucis mais faut arrêter de juger des propos d’Arnaud… c’est son avis, il est plutot bien argumenté et pas à l’emporte pièce comme peuvent l’être d’autres critiques…

      Je comprend pourquoi il n’a pas aimé TASM2, ca ne m’oblige pas à être d’accord avec lui.

      • Innsmouth

        Loin de moi l’idée de dire qu’il faut être anti-américain pour être transgressif, mais par contre reprendre toute l’imagerie et l’iconographie traditionnel du film de héros (super ou non) avec le christique supermand sauvant les gens dans la scène du mono rail ou cette image devant le drapeau américain, cela ne me choque pas mais je n’y vois rien que du très classique pas mauvais rien qui qui ne mérite d’être portée au nu de la sorte.

        Après je ne critique pas le fait que M. Bordas aime ce film j’aimerai juste que l’on me dise pourquoi c’est le cas.

        Mes critères pour juger d’un film sont généralement les suivant

        Réalisation: je veux bien que l’on trouve un intérêts aux films de raimi mais pas de quoi se rouler par terre

        Le casting/jeux d’acteur/ direction d’acteur, en l’occurrence puisqu’il s’agit d’une adaptation du matériau d’origine on peut comparer, et là je trouve delà extrêmement mauvais.

        Scénario: le 1 est mauvais pour moi, le 2 à des qualités le 3 est indescriptible.

        La bande son/son adéquation avec le films: je n’en ai pas de souvenir marquant donc je suppose qu’elle n’est ni fabuleuse ni affreuse.

        Pour ce qui est des TAS je n’ai encore vu que le 1 et j’ai été un peu déçu que ce soit encore un reboot, j’en ai un peu assez de revoir les origines de personnages que tout le monde connait déjà (que l’on fasse les origines d’un personnage comme aquaman très bien mais pour ce qui est de spider man, batman et super man je pense que ce n’est pas nécessaire) j’aimerai que l’on est des films qui rentre directement dans le vifs du sujet sans avoir à nous faire perdre des heures en présentation des personnages que l’on connait

    • tangoche

      Sam Raimi étant Républicain, ceci pouvant expliquer cela (quoique les démocrates eux-mêmes peuvent avoir la bannière étoilé facile, de temps à autre)

  17. N.Van

    « Innsmouth :
    Pour ce qui est de ne pas être forcé à aimer ce film j’ai un peu l’impression que si, je trouve que Raimi est dans la bouche des critiques au cinéma de genre ce que serait Godard à la nouvelle vague. Si aujourd’hui on aime le cinéma de genre et/ou « Geek » et que l’on n’aime pas Raimi on est frappé du sceau de l’inculture »

    +1

  18. Leto

    Je crois qu’il est temps de se mettre en sang avec un wall post des familles pour essayer de capter quelques personnes sur la scission mature, humaine et réaliste de The Amazing Spider-Man de Sam Webb par rapport au Spider Man de Sam Raimi, le lien que tisse Sam entre deux personnages en apparence sans rapport, le nerd et le Super Héros (lien qui se fait au niveau de la psychologie du personnage) et l’aspect cheesy de la précédente trilogie qui ne l’est qu’en apparence.

    Part. 1 : Le nerd était presque attachant, ie je souffre donc je suis

    La critique comme quoi le Peter Parker de Sam Raimi est trop lisse et pas assez creusé ou intéressant revient régulièrement, et encore plus depuis quelques temps. Sans être d’une profondeur exemplaire, il est néanmoins important d’expliciter la direction artistique de Sam Raimi à ce niveau là.
    Sa vision de Peter Parker est synthétisée en une phrase : Peter Parker est LE boyscout.

    Développons.
    Peter Parker est LE boyscout. C’est le brave personnage trop gentil qui aide les mamies dans la rue et est bien sage avec sa famille. C’est le gendre idéal pour les grands-mères : serviable, attentionné, discret, bref un peu chiant quand même.
    Mais ce statut de boyscout n’est pas sans conséquence sur la vie lycéenne ou quotidienne de Peter Parker : c’est une putain de victime. Le mec qui se fait chourrer son goûter à la récrée, se fait casser la gueule par les brutes du quartier, voire se fait racketter son argent par les jeannettes qui vendent des biscuits. C’est donc quelqu’un au caractère trop gentil pour ne pas prendre des coups avec un sourire béat en dehors, et une grande tristesse en dedans ; une personne qui encaisse tellement de coups qu’il en devient endurant, compatissant envers ses bourreaux mais qui voudrait au fond être aimé.

    Cette vision de Peter Parker, Sam Raimi l’entretient à chaque instant de sa trilogie. Les films ne se privent pas de l’humilier régulièrement : il suffit de voir dans le premier le passage où il découvre ses pouvoirs au lycée. Là où ses capacités extraordinaires devrait en faire une star des opprimés et des anonymes du lycée (lorsqu’il botte le cul de Flash), il n’y découvre que le mépris poli de ses camarades, et il est lui-même bouleversé par l’humiliation qu’il a fait subir à son bourreau de toujours.
    Même avec MJ, on voit une relation souvent victime/bourreau où Peter Parker préfère souffrir en silence plutôt que de l’étaler à la femme de sa vie ou au spectateur. Son stoïcisme en dit long sur sa souffrance.

    Peter Parker est un gentil, oui, mais ce n’est pas pour autant que le personnage est simpliste ou pas assez creusé et donc pas humain.

    La trilogie de Sam Raimi dépeint un personnage avec des problèmes internes très forts mais fait le choix artistique de ne pas en faire la priorité du script : il s’agit de parler de la relation Spider Man/Peter Parker, pas d’un seul personnage à la fois (et lorsqu’on voit qu’il se passe des mois entre la mort de Ben Parker et la totale transformation de Peter en Spider Man, tu ne peux raisonnablement pas penser que le Super Héros a poppé juste parce que Ben a sorti sa phrase). Ces problèmes sont présents, mais l’histoire préfère évoquer leur résolution plutôt que de s’appesantir dessus.

    Interlude: the green goblet (interméde : le troll vert)

    Chez Marc Webb, Peter Parker est un lycéen un peu solitaire, un peu nerd à la limite du génie mais loin d’être la victime du lycée. Lorsqu’il humilie Flash, il est acclamé.

    Mais il est adolescent, donc il souffre dans le dedans, et ça ça intéresse vachement le film. Il y a ce que j’ose appeler une « propension malsaine à se satisfaire du malheur de son personnage principale » (vous avez vu quelques uns des plans sur spiderman dans la neige à la fin du deuxième ?). Malsaine parce qu’il faut être sacrément dérangé pour penser tenir tout un film sur la douleur de son personnage sans la résoudre ou pour le traiter par dessus la jambe.

    Part. 2 : « Jiminy Crickett, he flies between the skyscrapers ! », aka l’héroïsme est-il inhumain ?

    Peter Parker est un boyscout. En manque d’affectation, avec besoin de gloire et un sens de l’injustice exacerbé par son vécu de victime.

    Spider Man est donc l’alter ego qui va permettre à Peter Parker de sortir de sa condition opprimé pour en faire un Super Héros : Spider Man by Raimi, c’est le mec qui n’hésite pas à plonger sous un camion pour sauver un bébé, voire il est prêt à aller chercher le chat de la vieille coincé dans l’arbre. C’est un être qui ne fait pas de hiérarchie entre les différentes missions qu’il peut accomplir avec ses pouvoirs, et c’est ce qui en fait un être aimé et chéri par les new yorkais : ce que cherche principalement l’autre côté de la pièce de Spider Man, Peter Parker. Il n’y a pas de petite affaire pour Spider Man, il est sur tous les fronts à la fois pour éviter que chacun n’expérimente ce qu’a vécu Peter Parker.
    Le personnage est sans concession, à la limite du maladif (Peter Parker passe son temps à affronter sa condition et à vouloir en être digne).

    Pour Spider Man, mettre en danger un être, quel qu’il soit, est un acte inhumain et indigne de sa personne. Il ne révèle pas sa double identité à MJ non pas parce qu’il la croit trop cruche pour comprendre son dilemme, mais parce qu’il préfère faire un sacrifice sentimental au nom de la responsabilité qui lui incombe. Ce choix de Spider Man est un choix mature et réfléchi.

    Si Peter Parker est humilié, ce n’est JAMAIS le cas de Spider Man, qui est icônisé, représenté comme un idéal de Super Héros que s’efforce d’être ce nerd. Nerd humilié derrière le masque mais qui se transcende pour devenir meilleur, absolu, mais jamais autre.

    Interlude: the green goblet (interméde : le troll vert)

    Chez Marc Webb, Spider Man est un vigilante.
    Il accède à la célébrité parce qu’il défonce des petites frappes au faciès semblable, dans une vendetta personnelle pour retrouver l’homme qui a tué son oncle. Quête destructrice qui sera rapidement évacuée (on ne sait même pas s’il l’a chopé, et si oui qu’est-ce que ça a changé ? rien) parce que construire un scénario, c’est difficiiiiile.

    Il sauve en tout et pour tout dans le premier film un gamin sur un pont dans tout le film, et il a le droit à une couverture dans le Daily Bugle où son pseudonyme n’est jamais évoqué. Mais lorsqu’il doit affronter le Lézard, le papa grutier rassemble tous les gens pour qu’ils crient « Spider Man ! Spider Man ! » sans qu’on sache comment ils le connaissent et l’aiment car il n’a rien fait de tout le film pour être apprécier des gens.
    Mais il utilise ses pouvoirs à des fins personnelles, n’hésite pas à mettre en danger les gens qu’il aime en leur dévoilant son identité.

    S’il n’est pas consciemment un vigilante, alors il est juste con (pour un génie ça la fout mal), mais certainement pas un Super Héros.

    Part. 3 : « I’m really really bad », càd tro dark tavu

    Pour parachever cet argumentaire, je vais m’arrêter sur un passage qui hérisse les poils de beaucoup de spectateurs, à savoir la darkitude de Peter Parker dans Spider Man 3.

    Peter Parker est un boyscout. Ceci est établi.
    Avez-vous déjà vu un boyscout faire sa crise d’adolescence et devenir maychant ? Si oui, vous le savez : c’est hilarant.
    Dans Spider Man 3, le Peter Parker qui devient méchant est tellement hardcore qu’il passe son temps à manger des cookies et boire du lait chaud au téléphone avec sa copine (violent) et il va se faire tailler un costard noir en dansant sur du funk. Si vous avez senti le ridicule de la scène, c’est normal. Peter Parker en badboy EST ridicule. Le film ne se prive pas de le rappeler à son spectateur en manque de darkitude.
    L’humiliation du personnage reste constante et n’est donc pas entachée par ce passage.
    La cohérence de la décision est forte, d’autant qu’elle est sacrément casse-gueule (et pour beaucoup elle s’est effectivement cassée la gueule).

    En revanche, Spider Man en version dark est un concentré d’égoïsme et d’actions de vendetta dérangeantes, d’attaques gratuites et de cruauté. Jamais on n’en plaisantera, parce que cette version du personnage est inquiétante.
    La ligne directrice du personnage est, là aussi, préservée.

    Tout cela pour dire qu’aimer The Amazing Spider Man n’est pas un manque de goût à mon sens. C’est tout à fait compréhensible car la version de Marc Webb présente un personnage principal qui projette une identification flatteuse pour le spectateur (personnage cool et solitaire, avec pleins de pouvoirs qu’il utilise à des fins personnelles et qui pécho Emma Stone [crevard :jalousie:]). Si ça se trouve même, sa version est plus proche des comics que ceux de Raimi (possible, je ne lis pas les comics)
    Mais pour ce qui est de la version mature (dans le vrai sens du terme, pas dans celui utilisé par les journalistes de jeux vidéo) et tragique du personnage, qui traite un véritable super-héros et pas un connard de tête à claque, vous m’excuserez mais je maintiens que Sam Raimi avait tout dit. Il faut juste savoir lire entre les images, ne pas s’arrêter à l’esthétique plus lumineuse et la non-concentration du script sur les problèmes de souffrance du personnage : tout est là, en substance, pas besoin de le développer plus qu’il n’en faut. Il est possible de trouver l’univers gnangnan, mais on passe à côté de tout ce que l’auteur a développé à l’intérieur du récit sans jamais prendre son spectateur pour un con.

  19. HellKaiju

    +1000

    Le proche à mon sens du comics c’est sam raimi de par son esthétique son ambiance et son héros qui est un véritable super héros qui essaie de pas mettre en danger ses proches.

    Dans le comics peter parker défonce un moment Flash mais si je me souviens bien, il se laisse faire justement car il commençait à inquiéter ses camarades et pour ne pas faire de soupçon quant à sa double vie. En un sens sam raimi dans le 1 c’était à peu près ça peter chez sam raimi est un boyscout mais un boyscout fragile qui de besoin de repère le rôle de l’oncle Ben c’est ça être la motivation de tout ce que fera Peter pour le reste de sa vie ce que souligne bien LA phrase clé apparaissant aussi bien dans le comics que chez sam raimi (mais pas chez Webb tient donc).

    Sam Raimi n’a fait que prendre une facette du personnage, (le nerd l’élément qui a fait son succès auprès des geeks de l’époque on va dire que webb parle aux pseudo geek les trop fashion les trod4rk) et en a fait un peter attachant.

    Chez webb il est tout le temps en train de parler, quand il arrive un événement très grave il faut 5 minutes de métrage pour l’expédier (la fin du 1 et aussi du 2 léger SPOILER mais j’en dit pas plus). Quand il tabasse Flash il en est fier. C’est un être arrogant et égoïste.

  20. N.Van

    @Leto,
    Admirable (sur)interprétation, tu as pris le temps de travailler ton analyse c’est à ton crédit mais encore une fois à travers ton texte comme ceux de tous les journalistes ayant auparavant écris sur le premier TASM à sa sortie, je sens encore un parti pris jusqu’au boutisme qui m’exaspère au plus au point. C’est dommage puisque ton argumentation était très bien jusqu’à ce passage qui montre clairement que tu n’as pas bien vu le film (je t’invite à le revoir, ça peut arriver d’oublier certains détails) et qu’en plus tu as du mal à rester objectif jusqu’au bout.
    Je sais que c’est un exercice toujours difficile et moi même j’essai toujours de dire que la totale objectivité ne peut plus vraiment exister surtout lorsque l’on part dans un traitement/argumentaire très long. La glissade n’est jamais bien loin.

    Lorsque tu dit : « Il accède à la célébrité parce qu’il défonce des petites frappes au faciès semblable, dans une vendetta personnelle pour retrouver l’homme qui a tué son oncle. Quête destructrice qui sera rapidement évacuée (on ne sait même pas s’il l’a chopé, et si oui qu’est-ce que ça a changé ? rien) parce que construire un scénario, c’est difficiiiiile.

    Il sauve en tout et pour tout dans le premier film un gamin sur un pont dans tout le film, et il a le droit à une couverture dans le Daily Bugle où son pseudonyme n’est jamais évoqué. Mais lorsqu’il doit affronter le Lézard, le papa grutier rassemble tous les gens pour qu’ils crient « Spider Man ! Spider Man ! » sans qu’on sache comment ils le connaissent et l’aiment car il n’a rien fait de tout le film pour être apprécier des gens. »

    « Rapidement évacué » oui, je suis d’accord et ça fait parti des points que j’ai soulevé lorsque j’ai écris mon « avis à chaud » sur le film à sa sortie. Le problème de TASM c’est qu’il laisse certains éléments en suspend. Sur ça nous sommes totalement d’accord.

    En revanche pour le reste je pense que tu te trompe. Tu oubli le bandit que Spider-man suspend près du poste de police, les new-yorkais le voit à ce moment là. Tu oubli aussi le voleur de voiture qu’il prend soin d’arrêter…

    Marc Webb montre clairement à travers une séquence deux petits lycéens de l’école de Peter débattre sur la façon dont il arrive à se projeter avec la gravité (pas encore de costume jusque là mais il est bien dans la tête de chacun) sans compter la conférence de presse donné par le père de Gwen après la scène du pont ou il dit bien donner un avis de recherche à l’encontre de « Spider-Man ».
    Et donc à la fin il est parfaitement logique que les gens savent qui il est et notamment les grutiers/flics/journalistes. Je ne vais pas non plus t’apprendre qu’entre les séquences, il y a du temps qui passe dans un film.

    Merci néanmoins pour ton analyse.

    • HellKaiju

      « En revanche pour le reste je pense que tu te trompe. Tu oubli le bandit que Spider-man suspend près du poste de police, les new-yorkais le voit à ce moment là. Tu oubli aussi le voleur de voiture qu’il prend soin d’arrêter… »

      Qu’il prend soin d’arrêter car il correspond à ce qu’il recherche : homme aux cheveux blond et long donc une simple vengeance.
      Et en plus pour appuyer le côté abruti de ce spider-man, que fait il au lieu d’aller jusqu’au bout des choss ? C’est à dire l’immobiliser et vérifier si il est bien le tueur de l’oncle Ben ? Il fait le pitre il fait son one man show. Cet élément justement est vraiment beaucoup trop présent dans le 2. Je veux bien comprendre que spider-man fait des blagues dans le comics mais il y a un porte avion entre sortir des vannes EN SE BATTANT pour se donner du courage et désarçonner l’ennemi et danser faire le pitre se donner en spectacle, prendre le temps de mettre un chapeau de pompier, etc…surtout à la scène avec le rhino ou il prend le mégaphone se met e spectacle blablate et pendant ce temps l’ennemi ne l’attaque pas (ce que j’aurai fait depuis très longtemps)

    • tangoche

      Si tu trouves que l’interprétation faite à propos des Sam Raimi est exagéré, je te propose de regarder la première trilogie et les Marc Webb, un par un ^^

      Je te promet que l’interprétation ne t’en semblera pas une vu que l’évidence risque de te sauter à la gueule (en tout cas, ça m’as fait ça chez moi).

      Tentes 🙂

  21. Leto

    @N.Van

    C’est vrai que ça fait longtemps que je n’ai pas vu le premier TASM. Tu me diras donc si je me trompe, mais il me semble qu’on ne montre jamais que la police ou les new-yorkais voient spiderman au moment où ils retrouvent le bandit suspendu ou le voleur de voiture (ils arrivent toujours « après coup »). De plus, le montage n’insère pas des plans permettant de montrer que les new yorkais sont pris d’un engouement pour un justicier masqué ressemblant à une araignée (là où le raimi utilisait toute la partie du daily bugle pour rendre cet aspect du personnage).

    Tu me répondras que, effectivement, la popularité grandissante de spiderman n’est pas montrée mais elle reste évidente, sauf que la réalisation n’en fait pas une évidence (à commencer par le fait que le personnage est un trou du cul complet).

  22. Blunt

    Leto, ton post me donne envie de te faire un gros câlin.

  23. N.Van

    @Leto
    « …sauf que la réalisation n’en fait pas une évidence »

    Et bien tu te trompe, je t’invite à (re)prendre le temps de le revoir. Et la scène qui propulse Spider-Man parmi les new-yorkais c’est bien cette très jolie séquence du pont ou il sauve pour la toute première fois une vie et qu’il s’accepte. S’ensuit après la conférence du capitaine Stacy.

    Elle reste parfaitement évidente.

    J’arrêterai donc ce long débat pour ma part car effectivement ton long argumentaire m’a juste découragé à l’idée d’espérer tomber sur une personne ayant trouvé un juste milieu (ne serait-ce qu’un minimum) à travers ses propos.

    Car effectivement je fais parti de ceux qui ont apprécié qu’à moitié la première trilogie « Spider-Man » de Raimi (le 3 désolé mais je ne peux pas) et qui ont été particulièrement séduit par ce que proposait TASM.

    D’où ma recherche du « juste milieu ». Et loin de moi l’idée de débattre « dans le vide » avec des personnes qui ont adorés la première trilogie dans son ensemble et qui, de base, n’ont jamais donné une seule et minuscule petite légitimité au reboot.

    Bon débat aux autres.

  24. Leto

    @N.Van

    Tu as l’air de penser que j’ai porté aux nues la trilogie de Sam Raimi et enterré avant l’heure celle de Marc Webb. En fait, c’est surtout depuis que j’ai vu cette dernière que je me prends à aimer de plus en plus celle de Sam Raimi pour ce qu’elle propose.
    Et voir TASM 2 m’a donné envie de réévaluer à la hausse le 3 de Raimi, quand bien même y a des couleuvres indigestes à avaler dans celui-ci..

    Honnêtement, je n’essaye même pas de savoir si l’une des versions est mieux que l’autre, y en a juste une qui correspond à ce que j’attends d’un film de super-héros.

  25. Dans le genre  » out of character  » , c ‘est le bonne exemple

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