UNE ENVIE D’INDÉPENDANCE

Suite et fin de notre compte rendu de l’E3 2014. Après les gros blockbusters AAA, ce sont aujourd’hui les jeux indépendants qui sont à l’honneur. Un article dédié qu’il nous a paru important de faire tant c’est du côté de ces derniers que seront majoritairement venues les bonnes surprises et les nouvelles idées durant le salon.

La génération écoulée ayant vu la quasi-disparition des jeux « du milieu », l’industrie se retrouve aujourd’hui dans une situation assez inédite qui la voit littéralement scindée en deux. D’un côté nous avons les jeux AAA rutilants, coûtant une montagne de fric et développés par des équipes composées de plusieurs centaines de personnes, souvent réparties sur plusieurs studios. De l’autre, des jeux indépendants, moins fortunés évidemment, bâtis par de petites équipes qui doivent tirer leur épingle du jeu par la seule force de leurs idées. Lassés par les premiers, beaucoup de joueurs voient dans ces derniers la relève du jeu vidéo. Bien évidemment, la situation est plus nuancée que cela, mais il est cependant certain que les indés sont devenus un acteur majeur du secteur. Un fait qui se sera vu reflété par l’E3 puisque Microsoft et Sony auront chacun joué l’opération de séduction envers cette branche. Mais dans les deux cas, l’approche adoptée n’est pas forcément la même. Complètement passé à côté du phénomène l’an dernier – et très critiqué aux débuts de la Xbox One pour les politiques restrictives mises en place à l’encontre des développeurs indépendants – Microsoft a entretemps fait amende honorable en lançant un programme de soutien et en assouplissant sa politique (reste néanmoins une clause de parité exigeant qu’un jeu publié sur Xbox One le soit en même temps que sur les autres supports). La conférence aura été l’occasion de poursuivre ces efforts en faisant parler Chris Charla, tête de pont du programme ID@Xbox, pour confirmer le soutien du constructeur. Reste que les jeux en eux-même ont été relégués à une simple bande-démo, comme si Microsoft était encore embarrassé par l’idée de leur faire partager la scène avec les plus grosses productions. Chez Sony en revanche, les indés se sont vus intégrés de manière organique à la conférence, et un petit jeu pouvait succéder à un blockbuster sans problème, quand un développeur ne montait pas carrément sur scène pour le présenter. Le message est on ne peut plus clair : les jeux indés sont désormais pour Sony des jeux comme les autres et méritent de partager le spotlight avec le reste de l’industrie. Une façon assez maligne pour la firme de capitaliser sur l’énorme cote d’amour qu’elle a réussi à s’attirer avec sa démonstration de l’an passé et tout ce qui a suivi depuis. Ceci ne sous-entend pas que la Xbox One est une plate-forme inhospitalière pour les indés, mais démontre qu’il lui reste encore quelques efforts à fournir si elle veut rattraper le retard accumulé. Les grands gagnants dans l’affaire resteront de toute façon les développeurs eux-même, courtisés de tous les côtés et bénéficiant désormais de nouvelles avenues pour s’exprimer, qui s’agrandiront encore à l’avenir à n’en point douter (Sony songe par exemple à introduire le concept du « early access » sur PS4). Et comme le démontre la sélection ci-dessous, il y a largement de quoi se réjouir au vu de la créativité déployée. Voici donc un florilège des indés marquants de cet E3 2014

NO MAN’S SKY

Le jeu incontournable du salon aura donc été un titre développé par une équipe de quatre personnes. Il faut dire que la perspective de pouvoir explorer librement une galaxie générée entièrement de façon procédurale dans un univers inspiré par les romans SF des années 70 et leurs fabuleuses couvertures est diablement attrayante. L’exclue pour consoles temporaire obtenue par Sony est indéniablement un coup majeur pour le constructeur.

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CUPHEAD

Run and gun classique fortement inspiré de MEGA MAN et axé sur les combats de boss, CUPHEAD marque d’emblée par son esthétique. Les développeurs recréent en effet à la perfection le style graphique des cartoons des années 20-30, type frères Fleischer. Un choix original qui pourrait bien permettre au jeu de se démarquer sensiblement du tout-venant du genre.

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ABZÛ

Récemment formé, le studio Giant Squid dispose d’un pédigrée prestigieux puisqu’il a été fondé par Matt Nava, directeur artistique de JOURNEY. Sa première production sera cette aventure d’apparence zen qui nous emmène explorer les fonds marins, tel un cousin 2D des AQUANAUTS HOLIDAYS. Austin Wintory, le compositeur auréolé d’un Grammy pour JOURNEY sera aussi de la partie.

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INSIDE

Après LIMBO, le studio Playdead continue d’expérimenter avec le genre de la plate-forme 2D : après le noir et blanc, c’est l’emploi de la perspective qui semble ici à l’honneur. Comme LIMBOINSIDE a également en commun un petit garçon comme personnage central et semble se dérouler dans un univers très inspiré par 1984 de George Orwell. À noter que ce sera la Xbox One qui en aura la primeur.

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BROFORCE

CONTRA-like classique réalisé en pixel art, BROFORCE se distingue par une caractéristique principale : sa pléiade de personnages jouables inspirés de figures iconiques du cinéma d’action et aux noms « bro-isés ». On y incarne ainsi Rambro, Brobocop ou le Brominator. De quoi faire vibrer le petit cœur sensible de tous les fans d’actioners 80’s que nous sommes ! Déjà disponible en early acces sur Steam, le jeu débarquera bientôt sur les plate-formes Sony.

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ORI AND THE BLIND FOREST

Seul jeu indé à avoir eu les honneurs d’un trailer pendant la conférence de Microsoft, ORI AND THE BLIND FOREST a su créer la surprise et séduire d’emblée par son esthétique picturale proche d’un film du studio Ghibli, sa musique enchanteresse et son apparente sensibilité. Des points certes partagés par nombre d’autres jeux indés, mais quand l’exécution semble aussi réussie qu’ici, on n’ira pas s’en plaindre.

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MIGHTY NUMBER 9

Keiji Inafune revient à ses premières amours avec ce MIGHTY NUMBER 9 délibérément pensé comme un successeur spirituel à la série des MEGA MAN, dont il fut le géniteur. Financé grâce à une campagne Kickstarter au succès massif, le jeu ne semble pas en passe de révolutionner le genre mais le Blue Bomber étant laissé à l’abandon par Capcom au grand dam des fans, on saura se contenter d’un substitut aussi prometteur.

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HYPER LIGHT DRIFTER

Autre projet ayant vu le jour grâce à une campagne Kickstarter à succès, HYPER LIGHT DRIFTER est un RPG hommage aux standards du genre de l’époque des consoles 8 bits et 16 bits. Son créateur Alex Preston ambitionne de retrouver les sensations d’un ZELDA 3 : A LINK TO THE PAST, tout en proposant une histoire inspirée de NAUSICAA. Rien d’étonnant à ce que le jeu rejoigne la liste des titres les plus attendus du moment.

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HOTLINE MIAMI 2

Si vous avez joué au premier HOTLINE MIAMI, vous saurez à quoi vous attendre avec cette suite puisque le programme ne change pas d’un iota. Ultra-violence, musique tripante et difficulté hardcore seront donc au menu, et de nouveaux personnages jouables apporteront une plus grande variété d’approches et une replay value accrue. La grosse nouveauté devrait cependant être un éditeur de niveaux riche en possibilités.

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WHITE NIGHT

La toute première chose que l’on remarquera au sujet de WHITE NIGHT, c’est bien évidemment son superbe noir et blanc. Inspiré par ALONE IN THE DARK, l’expressionnisme allemand et les films d’Alfred Hitchcock (ce n’est pas moi qui le dit, c’est le trailer), ce survival horror développé par les Lyonnais du studio OSome semble utiliser son esthétique à bon escient, ce qui pourrait bien lui permettre de sortir du lot.

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TITAN SOULS

SHADOW OF THE COLOSSUS croisé avec DARK SOULS, ça vous branche ? C’est en tout cas la formule de ce jeu d’action en vue de dessus, qui nous charge d’aller affronter des monstres colossaux afin de récupérer les morceaux d’âme du titre. Le hic ? On ne disposera en tout et pour tout que d’une seule flèche à chaque combat ! Un twist original dans une formule usitée qui pourrait bien charrier avec lui quelques mécaniques fraîches.

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THERE CAME AN ECHO

Le jeu d’Iridium Studios aurait pu n’être qu’un simple mélange de tir et de stratégie en vue isométrique, façon X-COM, mais ses créateurs ont décidé de faire dans l’original. Le principal argument de vente du titre est en effet la possibilité de le contrôler intégralement à la voix. La proposition est intrigante, reste à espérer que la technologie suive, car les précédentes tentatives dans le domaine n’ont jamais été vraiment satisfaisantes.

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NOT A HERO

Le cover shooter commence à fatiguer, mais les p’tits gars de Roll7 pourraient bien injecter un peu de sang neuf dans le genre avec cette variation en 2D. S’appuyant sur un gameplay à l’allure ultra dynamique, NOT A HERO nous propose d’aller nettoyer la ville comme à l’ancienne, sur demande d’un lapin anthropomorphique candidat à la mairie (sic). Le studio ayant redonné un coup de fouet aux jeux de skate avec OLLI OLLI, on les suit sans problème dans leur délire.

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IDARB

Pour être tout à fait honnête, on n’est pas certains d’avoir bien compris le concept d’IDARB. À en croire le pitch, il s’agirait d’une sorte de simili jeu de foot à huit, mais on a peine à le croire au vu de la bande-annonce. Ceci dit, comme ladite bande-annonce est amusante et que le tout ressemble à un joyeux bordel, on vous la met quand même. Si vous comprenez de quoi il s’agit, écrivez à la rédaction et éclairez notre lanterne !

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THE TALOS PRINCIPLE

Connue pour la série des SERIOUS SAM, l’équipe de Croteam change radicalement de registre avec leur petit nouveau. Si la vue reste à la première personne, le shooter débile cède la place à un titre défini comme un « puzzle game philosophique ». On demande à tester l’application concrète de pareille dénomination mais il est toujours intéressant de voir une équipe sortir de sa zone de confort et on gardera donc un œil sur l’avancée du jeu.

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2 Commentaires

  1. Poivre

    Mine de rien, Devolver Digital commence à se constituer un sacré line up en allant dénicher les projets indés les plus alléchants.
    Hotline Miami était excellent (je le considère sans soucis comme un des meilleurs jeux de la génération précédente), Luftrausers vraiment sympathique (à petites doses) et la beta de Broforce n’en finit pas de nous donner notre dose de bourrinage à chaque release !
    Titan Souls et Gods Will be Watching avaient fait sensation lors des game jams où ils ont été conçus (leurs prototypes sortaient déjà clairement du lot).
    Alors quand on ajoute à tout ça un Not A Hero qui va s’engouffrer dans la brèche ouverte par Broforce et un Hotline Miami 2 avec un éditeur de niveau tellement complet que son créateur annonce qu’on pourra carrément y créer le 3ème épisode, on se dit qu’on a de quoi se consoler en attendant les AAA retardés, ou ceux qui seront à l’arrivée mous du genou.

  2. ed wood

    Ca a l’air sympa idarb! C’est un jeu de foot dans des niveaux différents et de plus en plus délire, entre 8 joueur.
    A plusieurs ça peux vraiment être cool!

    Puis No man’s sky, s’ ils améliorent le rendu des graphismes ((un peu trop pixellisés là ou est-ce la qualité de la vidéo?)et offrent ce qu’ils promettent, ça peut être génial.

    On peut être Cobra! 🙂

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