UN HÉROS VENU D’AILLEURS

Autant vous le dire tout de suite : le film que nous allons vous présenter ne nous semble pas être le moyen idéal de rentrer dans l’univers foisonnant et décomplexé de Keita Amemiya, et encore moins de découvrir son opus magnum, la saga GARO. Mais nous nous devions de refléter l’actualité de ce versant plus adulte du tokusatsu et ne pouvions passer sous silence l’arrivée de cette nouvelle bande-annonce, l’occasion pour nous de vous faire une (brève) introduction dans l’œuvre méconnue d’Amemiya.

Nous avions déjà évoqué sur Capture l’apport de Keita Amemiya au kaiju eiga avec la mini série MIKAZUKI, mais nous n’avions jamais trouvé l’occasion de vous présenter le bonhomme. Quasi inconnu en nos contrées, Keita Amemiya est un artiste complet : cinéaste, scénariste, dessinateur, ce touche-à-tout excelle aussi bien dans le design de jeux vidéos (il a travaillé sur ONIMUSHA 2 & 3), que dans les longs-métrages : le chanbara mâtiné de SF MOON OVER TAO, le tokusatsu post apocalyptique MECHANICAL VIOLATOR HAKAIDER, ou la série B d’action et d’anticipation ZEIRAM (probablement l’un des meilleurs rejetons illégitime de TERMINATOR) comptent parmi ses œuvres majeures.

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La bande-annonce de MOON OVER TAO, qui marque sa première incursion d’envergure dans le CGI :

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Une bande-annonce américaine de MECHANICAL VIOLATOR HAKAIDER, quelque part entre ROBOCOP, les post-apos italiens et le tokusatsu :

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Chacun de ses films fait montre d’un art consommé du cadre (Amemiya story-board scrupuleusement ses films, et ça se sent), d’une inventivité débordante (les amoureux des monstres ont de quoi se repaître) mais aussi d’une belle maitrise technique malgré un cruel manque de moyens, ses premiers films mêlant habilement maquillages prosthétiques, image par image ou CGI. Également acteur de premier plan des séries de super héros nippons, Amemiya a grandement contribué à refondre la franchise KAMEN RIDER, en particulier avec les deux moyens-métrages qu’il réalise dans le courant des années 90 : KAMEN RIDER ZO et KAMEN RIDER J, deux jalons incontournables du genre.

La bande-annonce de KAMEN RIDER ZO (avec en prime les bandes-annonces d’un sentai et d’un métal héro qui étaient diffusés lors de la même séance) :

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C’est pourtant en 2005 qu’il livre l’un de ses projets les plus excitants avec GARO. Tokusatsu plus sombre que la moyenne, légèrement subversif (on y voit quelques paires de seins, les ennemis sont parfois dérangeants), la première saison de cette série est assurément l’une des meilleures choses qui soit arrivée au tokusatsu. On pense en particulier au final ultra destroy de la première saison qui, durant 40 minutes d’action ininterrompue, prouve, si besoin était, l’énergie et l’imagination débordante qui portent ces projets à bout de bras.

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Croisement improbable (forcément) mais diablement excitant entre Batman, Kamen Rider et DEVIL MAY CRY, GARO narre le combat de Kouga Saejima. Gentleman laconique, Kouga revêt son étincelante armure de chevalier Makai pour botter les fesses pustuleuses des Horrors, des démons qui hantent les malheureux mortels que nous sommes. Un principe très basique donc, qui n’est qu’un prétexte à Amemiya pour revisiter quantité de genres (du tokusatsu le plus traditionnel, au film merveilleux en passant par le conte fantastique ou même le polar d’action) et évidemment de créer des scènes de batailles homériques entre son héros et pléthores de créatures transformistes. Au fil des épisodes et des différents spin-off, l’univers de GARO va d’ailleurs s’étoffer, proposant quantité d’univers annexes et une galerie de personnages secondaires qui, dans certains cas, méritent réellement le détour.

Évidemment, le tokusatsu vit au-dessus de ses moyens, sombre volontiers dans le mauvais goût et est parfois plombé par la fadeur de ses castings masculins. Autant d’écueils qui ont fait du long métrage cinéma tiré de la série, GARO : RED REQUIEM, un indéniable échec artstique. Un triste souvenir, heureusement balayé par un plaisant Direct-To-DVD, KIBA GAIDEN, qui compensait habilement un dénuement de moyens, par une abstraction qui devait tout au coup de crayon d’Amemiya. KIBA GAIDEN n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est un objet filmique assez étonnant.

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Malgré un final gâché par un trop plein de CGI de qualité très médiocre, la seconde saison de GARO redorait également le blason du Savior in the dark, notamment en proposant son lot de scènes d’anthologie. On pense notamment au long duel entre le héros et son mystérieux adversaire masqué du septième épisode.

Voici l’extrait de l’épisode en question. Mais avant de vous lancer la vidéo, souvenez-vous que cette série est conçue avec un budget misérable, et dans des contraintes de temps affolantes. Pour les plus impatiens, vous pouvez avancer directement à quatre minutes du début :

http://www.dailymotion.com/video/xmihzd

La série rachetait également in extremis ses dérives numériques, dans un dernier épisode magnifique, au cours duquel le héros affronte le grand méchant de la série dans un château qui tombe littéralement du ciel ! Il fallait oser (nous ne vous passons pas l’extrait, il contient un important spoiler).

Et évidemment, GARO reste un prétexte pour revisiter d’autres genres : le sixième épisode, « Tegami », est une histoire à la fois angoissante et très émouvante d’un couple de petits vieux qui, par amour pour leur fils décédé, passe un pacte avec des forces occultes avec un résultat surprenant que nous vous laissons découvrir. LA QUATRIÉME DIMENSION ou les histoires traditionnelles de Yokai ne sont alors pas loin.

Le succès de GARO ne s’étant pas démenti avec le temps, Amemiya continue d’étoffer cet univers avec un nouveau film cinéma qui sortira en février prochain, et dont la bande-annonce est tombée ces derniers jours. Le film reprend l’histoire de notre héros à la fin de la seconde saison : Kouga quitte notre monde pour s’aventurer dans un univers parallèle afin de remplir un engagement vis-à-vis de Gajari, une mystérieuse entité incapable de faire la distinction entre le bien et le mal. Le film est ainsi l’occasion pour Amemiya de livrer sa propre version d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, et de littéralement, péter un gros câble.

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Bien entendu, nous aurions préféré qu’Amemiya reste dans le contexte urbain et le ton sombre qui conviennent si bien à GARO. Il aurait été également fort appréciable qu’il délaisse ses fonds verts pour revenir aux effets plus traditionnels qui contribuaient à assurer le charme de ses premiers films. Mais il semble que l’ambition désarmante et l’imagination dévergondée d’Amemiya soit à ce prix.

Et que ceux qui préfèrent le Garo plus traditionnel des débuts se rassurent : une troisième saison est d’ores et déjà en préparation !

En bonus : le site officiel de GARO: SOUKOKU NO MARYU et le site officiel de Keita Amemiya (en japonais, forcément).

4 Commentaires

  1. hal_lex

    Pour faire bonne mesure avec le trailer de Kamen Rider ZO, ne pas oublier celui de Kamen Rider J 😉
    http://www.youtube.com/watch?v=uWrjvFRzFr8

  2. hal_lex

    La Mère Noël façon Amemiya-san vous souhaite à tous de Joyeuses Fêtes ^w^!
    http://www.youtube.com/watch?v=2srRPYxD-1E

  3. Juledup

    Merci Hal Lex !

  4. hal_lex

    Hey guys~ It’s X’mas again~! Here is a brand new trailer of the upcoming movie « Garo and the Wailing Dragon » : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1tI6jT1gN0Q

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