N’OUBLIE JAMAIS

Cette fin de génération pourrait bien être plus surprenante que prévue. Alors que l’on pensait que les éditeurs allaient se contenter de dérouler tranquillement leurs franchises connues dans l’attente du prochain cycle de machines, la Gamescom 2012 aura vu l’annonce de quantité de jeux originaux. Et c’est Capcom qui ouvre le bal via ce REMEMBER ME en provenance directe de chez nous.

Annoncé à l’origine lors de la Gamescom de l’an dernier sous le nom de ADRIFT, REMEMBER ME est le premier fruit des efforts du studio parisien DONTNOD, composé d’ex-employés d’Ubi ou Rockstar (entre autres) et comptant également en ses rangs des personnalités comme le dessinateur Alexis Briclot ou le romancier Alain Damasio (LA HORDE DU CONTREVENT, dont Jan Kounen bosse actuellement sur l’adaptation en film d’animation). Un pédigrée prestigieux pour un titre à l’origine prévu comme une exclue Sony (avant que l’éditeur ne lâche le projet) et qui affiche une certaine ambition, ludique comme narrative. Situé dans le NeoParis cyberpunk de 2084, REMEMBER ME prend pour postulat de départ la marchandisation des souvenirs individuels. Nilin, l’héroïne, est une « chasseuse de mémoires » d’élite, au service de la corporation Memoreyes, qui règne sur le marché des souvenirs. Lorsqu’elle subit à son tour un effacement complet de ses souvenirs, elle va se retourner contre son ancien employeur pour découvrir qui est responsable et pourquoi.

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Si le pitch fait immanquablement penser au STRANGE DAYS de Kathryn Bigelow, le reste du jeu paraît lui même sous influence. Entre un univers cyberpunk assez proche de celui du récent DEUS EX : HUMAN REVOLUTION, de la grimpette sous perfusion ASSASSIN’S CREED ou encore un système de combat semblant descendre en droite ligne des BATMAN façon Rocksteady, le jeu n’apparait pas en surface comme foncièrement original, nouvelle IP ou non. Ce serait sans compter sur le fait que, si elle est au centre de l’intrigue, la notion de souvenir aura aussi un rôle essentiel à tenir dans le gameplay. Nilin est en effet dotée de la capacité à remixer les souvenirs, c’est à dire de pénétrer dans la mémoire d’une personne et de la modifier, avec pour conséquence des répercussions sur le présent. Dans les faits, ce pouvoir prend la forme d’une séquence façon GHOST TRICK, dans laquelle le joueur agit avec l’environnement pour changer le déroulement d’un événement. Dans la démo visible ci-dessous, on peut ainsi voir Nilin amener sa cible à croire qu’il a assassiné sa femme au cours d’une dispute, le poussant ainsi au suicide. L’idée est séduisante et on imagine bien ses ramifications potentielles au cours du jeu, même si dans la vidéo en question le tout paraît fortement scripté. Espérons donc que le produit fini laissera une plus grande marge de manœuvre au joueur et exploitera au mieux une mécanique diablement excitante sur le papier. Ce premier aperçu reste en tout cas suffisamment intriguant pour qu’on suive avec attention le projet, et l’on pourra juger rapidement sur pièces puisque sa sortie est déjà fixée au mois de Mai prochain. Rendez-vous est donc pris.

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