L’OMBRE D’UN DOUTE

Il y a des jeux qui ont tout du rêve de gamer sur le papier, et SHADOWS OF THE DAMNED en fait indéniablement partie. Après tout, l’association de trois des plus grands noms du jeu vidéo japonais pour un horror game ne peut faire que des étincelles, non ? Le problème, c’est que entre le papier et la réalité, il y a souvent un monde, et SHADOWS OF THE DAMNED semble en être la preuve.

Et pourtant tout s’annonçait bien. Eletronic Arts nous teasait depuis des mois avec le jeu, produit dans le cadre du programme EA Partners (qui voit la société prendre en charge la distribution de jeux produits en externes et sur lesquels les créateurs ont une large marge de manoeuvre). On nous promettait rien moins qu’une nouvelle référence du survival horror, on allait voir ce qu’on allait voir. Et il était difficile de croire le contraire au vu du pédigrée de la bête. A la production, Shinji Mikami, le papa moderne du genre et l’homme qui révolutionna l’action sur consoles avec RESIDENT EVIL 4. Aux manettes, Suda 51, le punk fou responsable des NO MORE HEROES. Et à la musique, Akira Yamaoka, peut-être le meilleur compositeur actuel du milieu, capable de passer aisément du noise le plus flippant aux mélodies les plus envoûtantes. Bref, une association plus-prestigieuse-tu-meurs qui laissait forcément espérer une future bombe.

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Le trailer fait du coup l’effet d’une belle douche froide, en ce qu’il laisse pour l’instant surtout entrevoir un jeu qui ne se distingue d’aucune manière du reste de la production dans le genre. En lieu et place du titre potentiellement vraiment flippant et dérangeant tant vanté, on se retrouve devant un TPS à l’air ultra classique, héros « à la coule » et hordes de monstres baveux à la clé, le tout enrobé dans une enveloppe graphique qui nous rappelle les sombres heures des débuts de la génération HD et ses beaux graphismes en plastiques, et un doublage qui ferait presque regretter celui du premier RESIDENT EVIL. Plus inquiétant encore, les mentions de Mikami et Suda et de leurs postes respectifs (« creative director » et « executive director ») font se poser des questions sur le degré réel de leur implication dans la conception du jeu, ce d’autant plus qu’on est bien en peine de retrouver une quelconque marque de leurs personnalités dans le trailer. On attendra évidemment d’en savoir plus sur le jeu avant de s’inquiéter véritablement, mais l’impression qui domine pour l’instant est clairement la déception. D’autant plus quand on songe qu’il s’agit probablement là de la forme finale du jeu KURAYAMI, que Suda avait annoncé il y a des lustres et qu’il envisageait comme un jeu d’horreur kafkaïen… Il y a certes des métamorphoses dans SHADOWS OF THE DAMNED, mais on ne se rappelle pas avoir croisé des gros guns et des bimbos chez ce bon vieux Franz.

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