L’AVENTURE A UN NOM

Vu le concert de louanges et la tonne de récompenses qui ont accompagné la sortie l’an dernier de UNCHARTED 2 : AMONG THIEVES, l’arrivée d’une suite était une affaire entendue. Les p’tits gars de chez Naughty Dog n’auront pas attendu longtemps pour se remettre au boulot et voilà que nous arrive déjà le premier trailer et une tonne d’infos sur son successeur, UNCHARTED 3 : DRAKE’S DECEPTION. Le petit nouveau a désormais une lourde pression sur les épaules pour se montrer à la hauteur du grand frère, mais les fiers parents ne sont pas du genre à se laisser intimider, et ce troisième opus s’annonce encore plus ambitieux !

Après El Dorado et Shangri-La, c’est à la poursuite d’une autre cité légendaire que se lancera donc Nathan Drake, « l’Atlantide des Sables » enfouie dans le désert du Rhub Al’Khali. Un décor d’aventures parfait qui devrait donner une nouvelle fois à Naughty Dog l’occasion de démontrer leur maitrise technique tout autant que d’explorer de nouvelles possibilités de gameplay. Côté scénario, on nous promet une focalisation sur la relation entre Drake et son mentor et ami Victor Sullivan, une annonce dont on ne peut que se réjouir, le travail sur la caractérisation des personnages étant sans doute la plus grande force de la série au-delà de son gameplay aux petits oignons (d’aucuns esprits aussi grecs que chagrins vous soutiendront le contraire mais ils auront bien entendu tort). Le trailer dévoilé ce week-end aux VGA n’aura eu beau montrer que 15 secondes de gameplay (soit environ 15 fois plus que tous les autres trailers des VGA dont on vous parle à côté !), il annonce en tout cas un digne successeur à l’excellentissime AMONG THIEVES.

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Et maintenant que vous pouvez voir la vidéo de la première présentation de gameplay du jeu présentée dans l’émission de Jimmy Fallon, je vous invite donc à compléter le présent article avec l’enfilade de superlatifs de votre choix. Anticipation et interactivité :  Game Parallax plus que jamais à la pointe du web 2.0 !

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Allez on prend son mal en patience, on se termine avec cette petite vidéo sur le développement du jeu, et on attend bien gentiment jusqu’au 1er Novembre prochain pour renouer avec l’aventure avec un grand A !

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4 Commentaires

  1. Pierrot

    Je partage l’impatience de Blunt pour ce troisième volet, ayant particulièrement pris mon pied à jouer aux deux précédents Uncharted (et en particulier à Among Thieves, qui est aussi beau que plaisant à manier).

    Histoire de lancer le débat sur cette série qui ne fait pas l’unanimité chez les rédacteurs de ce blog, je reporte ici les post respectivement laissés par Juledup et par L’Archiviste sur le forum le plus tichoux au monde, au sujet de Uncharted 2 :


    j’ai pris du plaisir à jouer aux deux Uncharted, je ne le nie pas. Je trouve les jeux très beaux (bon, pas créatifs pour un sou, mais c’est pas grave, ils ont bien recopié les photos de National Geographic donc ça suffit), très fluides, et la séquence dans la ville tibétaine dans le second opus est un des trucs les plus chouettes que j’ai joué.
    Par contre, je déteste le scénario et ses retournements extrêmement poussifs et inutiles. Surtout quand tu vois à quel point les gars de Naughty Dog se la racontent à ce niveau. Mais surtout je trouve l’univers (personnages compris) d’un morne achevé. C’est un peu fantastique, mais pas trop. Un peu bad ass, mais pas vraiment. Un peu tout en fait. Et comme en prime tu n’as aucune once d’originalité, avec des influences non seulement ultra basiques mais en plus mal digérées, j’ai à chaque fois l’impression de jouer à un truc ultra formaté par une habile étude de marché.


    Je plussoie le Juledup à fond.
    Le souffle de l’aventure, je ne demande pas mieux, mais avec des protagonistes tout droit réchappés d’une pub pour déodorant, c’est vraiment difficile de se laisser embarquer.
    Perso, à chaque fois qu’une situation, un décor, une action, avaient des chances de me faire décoller, j’étais aussitôt tiré en arrière par l’indigence de ces personnages : « Ha oui, merde, c’est juste une bande de BTS force de vente en week-end à Aix-en-provence. J’ai cru un instant à des aventuriers paumés à Istanbul. »

    Bon, les gars, vous avez des arguments qui sont difficiles à écarter et vous pointez du doigt un certain nombre de choses qui peuvent effectivement être problématique. Que dire, si ce n’est qu’une fois la manette en main, tout ça ne m’a pas gêné une seconde tant j’ai été pris par l’action et par le rythme du jeu. C’est vrai qu’il y a zéro prise de risque sur l’écriture du jeu et qu’à aucun moment il n’y a l’ambition de proposer un vrai univers (et à la limite, on sent qu’il vaut mieux qu’ils n’essayent pas). Mais je trouve que ça fonctionne quand même vachement bien, parce que le scénario est vraiment au service de jeu. Je trouve Uncharted 2 bien mieux écrit, par exemple, qu’un Assassin’s Creed 2 (qui est pourtant un jeu que j’aime beaucoup).
    Si je devais faire une comparaison cinématographique un peu réductrice, je dirais que Uncharted 2, c’est un peu comme La Momie (celui de Sommers) : c’est pas original pour un sou, c’est souvent maladroit, c’est plein de persos potentiellement gonflants, et pourtant tout ça s’efface devant le fun procuré par l’entreprise.

  2. Stéphane MOÏSSAKIS

    Merci pour le c/c Pierrot. Pour aller dans le sens du débat et de ce que disent Julien et Rafik, je dirais également que le problème principal d’Uncharted 2 réside dans cette volonté de faire un film interactif. C’est là ou une écriture et une caractérisation aussi pauvre posent problème à mes yeux.

    Le premier Uncharted était clairement sous influence, et certains points soulevés auparavant (le fantastique mal amené, le look polissé, les retournements de veste de certains personnages) posaient problème mais n’allaient pas à l’encontre du plaisir de jeu à mes yeux. Pour le second jeu, j’avais carrément l’impression d’être coupé toutes les deux minutes par une cinématique fondue dans le gameplay, histoire d’appuyer la performance technologique. C’est comme si on ne voulait pas me laisser jouer et qu’on me coupait dans mon élan pour montrer une vague interaction entre personnages, absolument pas nécessaire pour le bon déroulement du jeu (voir parfois de l’intrigue !), juste pour montrer la qualité de la performance capture effectuée.

    Et je ne suis carrément pas d’accord sur l’écriture du jeu. Ce n’est pas parce la structure du scénario est très vaguement déstructuré (on débarque au milieu de l’aventure pour ensuite revenir au point de départ et reprendre du début) que l’intrigue est bien écrite, voir même qu’il se passe vraiment quelque chose entre les phases d’action. Pour schématiser, j’ai eu l’impression que le scénario reposait sur deux rebondissements répétés ad nauseum : le retournement de veste de tous les personnages ou presque, qui ne cessent de se faire des coups de pute (Among Thieves, ok, j’ai compris, mais en suivant la logique, ils auraient du appeler ça Among writers, histoire d’avoir quelque chose à raconter), et les décors qui s’écroulent sous les pieds du héros, qui semble baladé de bout en bout sans jamais mériter son statut. Pour moi, je dirais même que le seul moment ou le personnage de Drake peut éventuellement s’avérer héroïque, c’est dans la façon dont le joueur l’emploie durant les phases de jeu. Et encore, le reste du temps, il évolue entre le Bruce Campbell d’Evil Dead 3 et la baltringue de Serenity, dont j’ai oublié le nom. Et dire que les mecs prennent John McClane comme référent, ça fait de la peine…

    Non, si je devais faire une comparaison cinématographique, je dirais que ça ressemble beaucoup plus à un Pirates des caraïbes (le premier) dans la façon de diluer les évènements, de traiter les éléments fantastiques par dessus la jambe, de dénaturer des références et de faire un ersatz de film d’aventure, mais pour toute la famille, histoire de pas trop se mouiller. Uncharted 2, c’est un peu ça pour moi : un mauvais blockbuster d’été, pété de tunes et d’effets chiadés, mais complètement vide à l’intérieur, sans émotions et bien dans l’air du temps, dans la norme des films soit disant durs, mais PG-13 quand même. On est très très loin des ambitions narratives d’Assassin’s Creed 2, et je ne parle même pas de la qualité d’écriture de GTA IV et Red Dead Redemption, qui sont pour moi des sommets scénaristiques dans le jeu vidéo.

  3. Pierrot

    C’est marrant, parce que la référence à John McClane, elle m’est venue spontanément à l’esprit (je savais d’ailleurs pas que les gars de chez Naughty Dog s’en réclamaient) justement à cause de ce statut de boule de flipper du personnage principal, absolument pas maître de son destin, à qui il arrive les pires emmerdes et qui se retrouve propulsé aux quatre coins du décor en s’en sortant à chaque fois in extremis – après je suis bien évidemment d’accord pour dire que c’est bien mieux traité chez McT que dans le jeu, mais là on est plus dans une question de mise en scène que d’écriture, non ?

    Pour le reste, j’adhère en fait à la plupart des arguments que tu avances, même si ça fait mal de voir invoquer Pirates de Caraïbes (que je déteste profondément). J’ai quand même l’impression que même si les concepteurs du jeu sont évidemment animés par une volonté de sortir un produit mainstream, ils croient un peu plus en leur histoire que Jerry, Verbinksi et leurs potes en la leur. Et autant je te rejoins sur la légèreté avec laquelle les persos sont caractérisés, sur l’absence d’émotion (le vrai point faible du jeu pour moi) ou sur la manière maladroite dont les retournements sont amenés, autant je n’ai jamais eu l’impression que ça me sortait du jeu ou que ça me coupait au milieu de ma partie, (même après avoir refait trois fois le jeu). Le scénario a au moins le mérite d’installer un rythme trépidant et de propulser le joueur dans des scènes d’actions hénaurmes. Par rapport à un Pirates des caraibes, c’est déjà beaucoup.

    Il y a quand même un truc avec lequel je suis vraiment en désaccord, c’est sur la supériorité narrative qu’aurait Assassin’s Creed 2. Autant j’applaudis des deux mains devant les progrès qui ont été faits depuis le premier, autant j’ai été régulièrement consterné face au côté artificiel des rebondissements (même si, je le répète, c’est un jeu que j’aime bien). Sans compter que les auteurs doivent composer avec cette idée débile d’avoir plaqué un arc narratif contemporain par dessus tout ça.
    Par contre on est bien sur la même longueur d’onde pour mettre l’écriture de GTA IV et Red Dead Redemption très très au dessus de tout ça.

    Merci en tout cas d’avoir pris le temps de répondre.

  4. Blunt

    C’est sur que le truc du décor qui s’écroule ils le font au moins cinquante fois de trop. En revanche je trouve que tu schématises franchement sur l’utilisation de la trahison comme ressort systématique, qui se limite à deux personnages (sur la grosse dizaine que compte le cast) dont l’un le fait une fois avant de rester jusqu’au bout sur son rôle de méchant, c’est pas franchement aussi systématique que tu le dis.

    Personnellement ce que j’apprécie dans les jeux, et au sein du genre, c’est déjà d’avoir droit à un perso relativement rafraichissant par rapport aux canons du genre, chose qui passe justement à mon sens par les intégrations d’éléments cinématiques au gameplay que tu sembles déplorer. Il y a quelques années Edge avait organisé une table ronde entre différents auteurs/comédiens anglais (dont Simon Pegg et Charlie Brooker), durant laquelle l’un d’eux déclaraient qu’il regrettait que les héros de jeux vidéos soient systématiquement dans l’action et non dans la réaction. Il opposait ainsi un Kratos qui ayant à peine survécu à une roue dentée fonçait en hurlant vers le prochain obstacle à McClane et sa réaction lors de, par exemple, la scène dans le conduit d’aération, qui amenait une réaction. A mon sens c’est plus là que se situe la filiation avec Die Hard dans Uncharted, donc, que dans la personalité propre du héros. Le fait de montrer Drake comme un type qui en chie dans l’action, qui ne traverse pas tous les obstacles sans jamais broncher, contribue à me le rendre attachant par cette représentation d’une faillibilité, surtout au sein d’un genre et d’un type de jeu qui fait généralement de ses protagonistes des supermen invincibles. Et c’est une qualité qui se retrouve tout autant dans la volonté de créer des pauses, des respirations dans l’aventure, chose qui contribue à créer une vraie rythmique d’écriture cinématographique (cf le passage dans le village tibétain dont parlait Juledup).

    Après je trouve aussi qu’il y a un talent d’écriture certain pour tout ce qui touche au relation inter-personnages, et dans le 2 le triangle amoureux m’a paru largement crédible et impliquant, au point de ressentir sur le final une tension et de l’inquiétude quant au sort d’un des personnages principaux. Et le jeu sait aussi trouver des idées neuves au sein d’un cadre balisé, tout le passage où on est accompagné par le guide tibétain et qui montre deux personnages se comprenant et agissant de concert malgré la barrière du langage, c’est un truc assez neuf et qui là encore permet de donner un layer supplémentaire à des passages qui ne seraient pas forcément super originaux sans ça.

    Et là où je rejoins Pierrot, c’est qu’il y a dans le jeu une cohérence en béton armé entre ses mécaniques et ce qu’il essaie de raconter. Et malgré toute l’admiration que j’ai pour GTAIV et RDR, je suis pas sûr de pouvoir en dire autant pour ces deux là…

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