JOUR DE LESSIVE

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la version 2004 de THE PUNISHER n’a pas vraiment laissé de traces (ah, on me souffle que si : des traces de pneus en fait). Mais son interprète Thomas Jane y croit encore, dur comme fer même. La preuve, avec ce « fan film » intitulé DIRTY LAUNDRY.

S’il fallait une preuve que le cinéma hard-boiled est définitivement en perdition, il suffirait de jeter un oeil sur les deux récentes interprétations de Frank Castle qui, à quelques années d’écart, ne parviennent pas (mais alors pas du tout) à capturer l’essence d’un personnage bien ancré dans l’époque où il a été créé. Pur produit des 70’s, le Punisher a cependant su perdurer dans son médium initial, à défaut de réussir son passage sur grand écran. Thomas Jane tente de nouveau sa chance avec le personnage, en concoctant ce « fan film » qu’il présente au récent Comic-Con, histoire de se mettre les fanboys dans la poche. Quelques trognes (dont celle, toujours inestimable, de Ron Perlman), une image « gritty » préfabriquée, des accès de violence brutaux mais trop cumulés pour être efficaces… et toujours le même T-Shirt de fanboy pas lavé (même après être passé à la machine) ! Pas de doute, DIRTY LAUNDRY pêche par pure complaisance vis-à-vis du personnage, un peu à la manière d’un PUNISHER WAR ZONE, la gaudriole déplacée en moins. Et cette sensibilité quelque peu expéditive est d’autant plus étrange qu’elle est appliquée par le réalisateur Phil Joanou, qu’on a connu plus doué dans l’exploration de la violence, à une époque plus lointaine, il est vrai. Il suffit ainsi de se remettre la fusillade cathartique de son très beau LES ANGES DE LA NUIT pour faire la différence. Reste maintenant à savoir si la Marvel va mordre à l’hameçon et relancer un énième reboot du personnage, qui serait tout de même le troisième en moins de dix ans. Va pas falloir se rater cette fois, les gars !

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