THE BIG PICTURE

Enquête après enquête, L.A. NOIRE se dévoile aux journalistes spécialisés en mettant l’accent sur ce qui fera vraiment la différence avec les précédents jeux Rockstar, à savoir le système d’enquête très spécifique et basé sur la découverte d’indices et le déroulement d’interrogatoires plus ou moins musclés. Bref, on est loin des gameplay plus classiques de GTA IV et RED DEAD REDEMPTION, et c’est bien sur ce point que la firme souhaite communiquer avant tout. Mais comme toujours chez les frères Houser, l’aspect ludique du jeu sert avant tout un dessin narratif et cinématographique propre à immerger les joueurs dans un univers véritablement épique et grandiloquent, et c’est encore sur ce terrain que L.A. NOIRE ne s’est pas totalement dévoilé.

Après avoir présenté une première enquête à la presse, sous la forme d’une démo « hands off », dans laquelle il n’était donc pas possible d’influer sur le déroulement du jeu (voir nos impressions ici), Rockstar dévoile une seconde enquête, cette fois intitulée « The Silk Stocking Murder », soit « Le meurtre au bas de soie ». Plus porté sur les interrogatoires et l’écriture du jeu à proprement parler, cette enquête est certainement moins mouvementée que celle qui a nous a été présentée en janvier dernier. D’ailleurs, peu de nouveautés nous ont été présentés dans cette nouvelle démo, si ce n’est qu’il nous a été possible d’influer sur les multiples interrogatoires en choisissant les méthodes à adopter, toujours sans la manette en main ceci dit. Pour une vision spécifiquement axée sur les variations du gameplay, autant donc se référer à notre premier papier plus complet, d’autant que là encore, le déroulement de cette enquête est relativement similaire, non pas dans l’écriture évidemment, mais dans la façon dont les différents modes de jeu sont panachées avec une véritable science du rythme. Ceci étant dit, le potentiel narratif de L.A. NOIRE est toujours aussi indéniable, d’autant que cette enquête particulière fait directement référence à l’affaire du « Dahlia Noir », puisque Cole Phelps et son partenaire Rusty Galloway doivent élucider le meurtre particulièrement brutal d’une jeune fille qui semble avoir été tuée selon le même motif que la tristement célèbre Elizabeth Short. Popularisé dans la fiction par le roman de James Ellroy, l’affaire du Dahlia Noir est certainement une inspiration évidente pour les développeurs de Team Bondi et Rockstar, comme en témoigne d’ailleurs la dernière bande-annonce narrative en date.

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Plutôt habitué à verser dans une violence résolument adulte (comprendre, une violence réaliste, qui fait mal par où elle passe), Rockstar (et Team Bondi) ne détournent donc pas les yeux quand il s’agit de mettre en scène des meurtres crapuleux, et c’est par la découverte d’un cadavre salement amoché que cette nouvelle enquête nous permet de plonger directement dans l’ambiance du Los Angeles de la fin des années 40. Même si le fonctionnement du gameplay équivaut finalement à celui qui nous a été présenté en janvier dernier, le fait de pouvoir influer sur le déroulement des interrogatoires, en fonction des indices glanées ici et là, nous permet de mettre clairement en évidence la qualité du MotionScan développé par Team Bondi pour capter les expressions faciales des comédiens avec le plus de précision possible. Au détour des interrogatoires et suivant les questions posés, les suspects changent ainsi d’attitude, qu’il faudra juger avec parcimonie afin de ne pas se tromper lors de la question suivante. Au delà de la précision dans la direction d’acteur, il est intéressant de constater que ce système ne propose toujours pas une science de déduction exacte et sort ainsi les joueurs des routines souvent binaires du gameplay des jeux d’aventures traditionnels. Forcément, le ressenti est d’autant plus décuplé, que le joueur se surprendra à vouloir malmener verbalement une petite vieille qui cache bien son jeu, ou bien à passer à tabac un vendeur de fruits qui se plait à vous mener en bateau sur ses véritables intentions. Moins grandiloquente dans l’action (en guise de clou final, une simple poursuite en voiture plutôt sèche remplace la fusillade homérique de l’autre mission qui nous avait été présentée), mais particulièrement bien écrite au demeurant, cette enquête dévoile de manière plus intimiste le dessin plus général de L.A. NOIRE. Car il est évident que Rockstar ne compte pas sur une nouvelle technologie pour en imposer auprès des autres éditeurs et refaire la donne du médium : c’est donc toujours à travers l’écriture et la connexion entre les différentes enquêtes (dont certaines sont liées, comme on l’apprendra ici) et le destin d’un personnage unique, qui représente le joueur, que les créateurs de GTA vont une fois de plus refondre les notions d’immersion et de « roleplay » comme peu d’autres studios se le permettent aujourd’hui. Difficile, à ce stade, de savoir comment la logique de monde ouvert va permettre de se fondre vraiment dans des missions encore plus écrites que d’habitude, mais il y a fort à parier que c’est vraiment dans sa globalité, dans son sens épique hérité des précédents jeux Rockstar, mais surtout d’une époque riche en promesses brisées, que L.A. NOIRE saura définitivement s’apprécier à sa juste valeur. Réponse le 20 mai prochain.

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