TENUE DE COMBAT

Après avoir tâté les quelques nouveautés du mode multijoueur de GEARS OF WAR 3 à travers la beta du printemps dernier, nous avons été reçus au siège français de Microsoft (par Cliff Bleszinski lui-même, qui a fait le déplacement pour l’occasion) afin de tester le premier acte du mode histoire. Le jeu annonce peut-être la fin des aventures de l’escadron Delta, mais une chose semble assurée : les développeurs d’Epic Games ont redoublé d’efforts pour nous offrir un final digne de ce nom !

Si le premier GEARS OF WAR marque les esprits à sa sortie en 2006, soit un an après le lancement de la XBox 360, c’est avant tout pour son mode multijoueur et la fraicheur de son gameplay, et pas tant pour son mode histoire, ou du moins sa narration qui sert de prétexte à la mise en place d’un univers très référentiel et taillé à la serpe. L’intrigue y faisait presque office de bande-annonce pour une éventuelle suite, et c’est à ce niveau que GEARS OF WAR 2 pouvait également décevoir. Entre quelques vols sur un Reaver et une balade à dos de Brumak, les missions s’enchaînent et se ressemblent terriblement, malgré la volonté affichée d’impliquer le joueur dans le parcours émotionnel des personnages (voir le personnage secondaire de Dom, qui part à la recherche de sa femme Maria). Toutefois, l’intrigue est, ici encore, un prétexte en comparaison au gameplay, qui fait toujours office d’attraction principale. Franchise phare de la 360, aussi rentable qu’estimée, GEARS OF WAR ne peut cependant plus faire pâle figure face à la concurrence évidente de titres comme MODERN WARFARE 3, ASSASSIN’S CREED : REVELATIONS, BATTLEFIELD 3 ou encore BATMAN : ARKHAM CITY. Tous ces jeux à forte consonance narrative sortent dans le sillage de GEARS OF WAR 3, dont la sortie mondiale est prévue pour le 20 septembre prochain.

Mais même en prenant en compte la concurrence, l’approche narrative de GEARS OF WAR 3 risque bien de surprendre les amateurs de la licence, d’autant que les développeurs semblent déterminés à lever le voile sur les zones d’ombres de leur arc narratif. Le jeu démarre quelques années après le précédent opus, mais ce bon vieux Marcus Fenix (que l’on retrouve un peu abimé par les années) est hanté par un souvenir : il revit (et le joueur avec lui) la mission qui lui a valu la cour martiale et l’emprisonnement, celle durant laquelle il a désobéi aux ordres en préférant sauver son père Adam, en vain. Sortis de ce cauchemar mouvementé, nous sommes directement plongés dans une traversée périlleuse des eaux de Sera, où notre navire est attaqué par des tentacules libérant des « Lambents » (des locustes phosphorescents qui rappellent fortement les « Majini » de RESIDENT EVIL 5). L’arrivée d’un traitre sur le navire va apporter une nouvelle piste sur l’endroit où se trouverait Adam Fenix, jusqu’ici supposé mort, et redonne à Marcus l’espoir de revoir son père. Mode co-op à quatre oblige, Marcus est aidé par Dom, le petit nouveau Jayce et Anya (que l’on découvre en chair et en os, puisque jusqu’ici on ne l’entendait que dans l’oreillette), et l’idée est évidemment de partir à la recherche d’Adam Fenix. Jusqu’ici, nous serons déjà surpris par la volonté des développeurs de s’attacher aussi spécifiquement à l’intrigue, au point de la réintégrer à travers la psyché du personnage principal. Mais la narration de GEARS OF WAR 3 réserve d’autres surprises, puisque la suite de la campagne solo nous met aux commandes de Cole dans une avancée qui se déroule en parallèle, puisqu’il tente de rejoindre Marcus, accompagné de Baird et de Carmine, troisième du nom. Durant l’autre moitié de ce premier acte, nous faisons donc un bout de chemin avec la star du football de l’escadron Delta, et il s’agit sans nul doute de la grande nouveauté de ce troisième opus qui semble bien décidé à se préoccuper de ses personnages. A en croire ce test, il s’agit effectivement de la priorité de Cliff Bleszinski pour ce mode histoire, même si le gameplay est lui aussi légèrement repensé pour ajouter la « notion RPG » déjà évoquée dans notre précédente news. A vrai dire, la différence d’écriture est telle qu’on en vient à se demander si l’équipe d’Epic Games n’a pas fait appel à des scénaristes confirmés (ceux de la future adaptation cinématographique ?) pour approfondir le passif des personnages et les liens avec le joueur. Cela ne concerne pas uniquement l’intrigue centrée sur le personnage du « Cole Train » (comme ses fans le surnomment) et les souvenirs de sa carrière de sportif qui remontent peu à peu, mais également les échanges de mots d’amours vaches entre Baird et une jeune recrue qui n’a d’yeux que pour lui, même si son rang social et son appartenance à un peloton de gros durs ne lui permet pas de le reconnaître pour autant. Il y a dans ces moments une véritable attitude « badass » travaillée (et non empruntée, comme c’est arrivé par le passé), mêlée à une atmosphère de spleen sur fond de guerre des mondes qu’aucun autre opus de la licence n’avait jusqu’ici laissé transparaître.

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Ce test de l’acte 1 de GEARS OF WAR 3 s’est terminé abruptement sur un cliffhanger qui devrait s’avérer payant, notamment dans la logique adoptée jusqu’ici par les développeurs, et il y a de fortes chances que chaque acte soit finalement centré sur une poignée de personnages de l’escadron. La licence reste cependant toujours aussi bourrine, mais on ne se contentera plus de canarder à tout va pour se sortir d’une embuscade locuste, puisque le jeu nous permet de foutre un Leviathan à l’eau en enfilant un exosquelette (visiblement exploitable dans plusieurs autres modes du jeu), une proposition qui renvoie fortement à une certaine péloche que James Cameron a réalisé dans les années 80, déjà citée par la franchise. En sus des efforts qui apparaissent ici évidents, on apprécie également que GEARS OF WAR 3 n’oublie pas son premier public, à qui il promet une aventure jouissive, mais plus impliquante que jamais.

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