STARS D’UN SOIR

Vous trouvez qu’Eddie Murphy en fait des caisses dans LE FLIC DE BEVERLY HILLS ? Qu’Arnold est vraiment raide comme un piquet dans TERMINATOR ? Que les jeux adaptés de films sont tous plus pourris les uns que les autres ? Les développeurs de Blitz Games Studios vous proposent de prendre les choses en main, et ce de façon littérale, puisque YOOSTAR 2 vous permet d’interpréter les personnages de plusieurs gros films populaires en deux mouvements de Kinect ou de Playstation Move. A vous de jouer quoi !

Il faudra s’y faire ! Pour l’instant, le Kinect et le PS Move ne sont des accessoires qui stimulent que les développeurs de jeux dit « casuals ». Et difficile de faire plus casual que YOOSTAR 2, dont l’approche est similaire à des émissions de télé-réalité et de grand spectacle du type de LA NOUVELLE STAR ou STAR ACADEMY, notamment dans le désormais habituel processus des auditions. Vous admettez un plaisir coupable à l’idée de voir des candidats reprendre les tubes de Madonna et Céline Dion en chantant comme des casseroles ? Alors YOOSTAR 2 devrait clairement animer vos soirées entre potes, surtout si ça vous éclate de les voir patiner dans la choucroute en reprenant les répliques les plus connus des grosses productions hollywoodiennes de ces dernières années. D’ailleurs, pour mieux expliquer les bases de gameplay du jeu, autant laisser les développeurs en parler eux-mêmes.

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Au premier abord, YOOSTAR 2 propose bel et bien une expérience dans la norme, avec un système de scoring basé sur la performance du joueur et sur l’inévitable connexion aux réseaux sociaux, histoire de briller en société quand il s’agit de reprendre le célèbre « I’ll be back » du Terminator. Sur ce point et ce qu’on a pu en juger, le jeu développé par Blitz Games est parfaitement fonctionnel, à la fois dans sa simplicité d’accès et dans son approche très grand public, clairement indiquée par le choix des films représentés (des comédies familiales comme MON BEAU-PÈRE ET MOI, des actioners bourrins comme 300 et on en passe). Mais si on gratte le vernis, il y a quelque chose d’ironique dans l’idée de transposer un principe de télé-réalité en jeu vidéo, notamment car il permet d’éviter cette logique habituelle, qui tend généralement à célébrer la médiocrité. De par les outils d’incrustations employés, et le rapport du spectateur devenant acteur dans les divers extraits de films exploités ici (80 titres sur la galette et une infinie de possibilités, en DLC évidemment), YOOSTAR 2 pourrait même très bien dépasser le cadre fixé par ses propres développeurs. Effectivement, si les fanboys peuvent trouver leur compte à l’idée de jouer (généralement très mal, faut le reconnaître) face à leurs vedettes préférées, le principe pédagogique du jeu, aussi limité soit-il, est à même d’intéresser les cinéphiles. Sous son apparente simplicité d’accès propre aux normes « casuals », YOOSTAR 2 met fatalement les joueurs non initiés dans une position qui, effet miroir oblige (puisqu’on peut visionner les vidéos de ses exploits et les comparer avec l’oeuvre originale), devrait les pousser à réfléchir sur le médium cinéma et sur ses quelques principes de base généralement occultés. Et toucher ainsi du doigt le travail généralement accompli par les comédiens, cadreurs et réalisateurs qui parviennent à obtenir l’effet recherché (rires, larmes ou autres) non pas par une alchimie miraculeuse, mais bel et bien par l’agencement réfléchi d’une direction d’acteurs et d’un positionnement dans le cadre qui donnent lieu à plusieurs images qui prennent sens quand elles sont collés les unes après les autres. Très étrangement, suivant la façon dont on l’exploite, YOOSTAR 2 pourrait donc s’avérer tout aussi intéressant en tant que jeu solo (ou à deux, pour peu que les réalisateurs en herbe s’amusent avec un acteur cobaye !) qu’en tant qu’expérience sociale relativement amusante à plusieurs. Pour un jeu « casual » qui vise avant tout l’éclate entre potes, c’est déjà pas mal non ?

1 Commentaire

  1. Thomas CAPPEAU

    Y’a du Porn ?

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