LOS ANGELES STORY

Vendredi 21 janvier 2011. Rockstar France nous reçoit dans ses bureaux de Palaiseau pour nous dévoiler les premières images de gameplay de L.A. NOIRE. Impossible de prendre la manette en main, car l’idée de l’éditeur est de nous montrer le déroulement « idéal » de l’une des enquêtes menée par le fringuant Cole Phelps, ancien marine de retour au pays après avoir combattu pendant la seconde guerre mondiale. Engagé dans la police de Los Angeles, il devra gravir les échelons un par un, à la force de ses poings, mais surtout de sa logique de déduction. C’est ce que nous démontre cette démo excitante, même si la frustration guette, à plus forte raison depuis que l’on sait qu’il faudra désormais attendre quatre mois pour faire L.A. NOIRE en entier !

L’enquête s’intitule « L’idole déchue » (The Fallen Idol) et se déroule, comme le reste du jeu, dans un Los Angeles d’époque reconstitué quasiment à 100%. Nous sommes en 1947, et dans l’idée de restituer l’ambiance particulière de cette époque, Rockstar et Team Bondi se sont d’ailleurs créés une banque d’images qui servent d’inspiration. Le portfolio est impressionnant, car on y aperçoit des photos de meurtres authentiques, des coupures de journaux d’époque, des articles sur le cas Elisabeth Short (surnommée le Dahlia Noir) ou encore des images des films noirs de l’époque. Avec de telles références, l’ombre de l’écrivain James Ellroy n’est pas loin. En effet, « L’idole déchue » propose au joueur de mener l’enquête sur une tentative de meurtre qui a eu lieu juste en face du commissariat de police. Une voiture a été balancée dans un précipice, et c’est un miracle que ses deux passagères, la vedette de cinéma June Ballard et sa jeune nièce Jessica Hamilton aient survécu à l’accident, d’autant qu’elles ont été visiblement droguées. Lorsqu’ils arrivent sur les lieux du crime, Cole Phelps et son partenaire (un PNJ qui changera apparemment à chaque nouvelle enquête, mais qui pourra conduire à votre place par exemple) ont le choix de discuter avec le légiste (un PNJ important pour récupérer les premières informations à chaque enquête), d’inspecter la voiture à la recherche d’indices ou encore d’interroger June Ballard, visiblement encore sous l’effet de la drogue. Même si les responsables de Rockstar nous assurent qu’il n’est pas vraiment possible de rater une enquête, le cheminement adopté définit son éventuelle efficacité. En gros, faire les choses dans l’ordre assure au joueur d’aller plus droit au but et de profiter au mieux de l’intrigue écrite principalement par Brendan McNamara, même si les frangins Sam et Dan Houser semblent avoir prêté main forte au scénario, tant leur style d’écriture est reconnaissable dans les dialogues des interrogatoires et dans la thématique adulte déployée par L.A. NOIRE. Et comme souvent chez Rockstar, le gameplay se fond dans la narration pour mieux permettre au joueur de vivre le rôle.

C’est clair, nous ne sommes pas totalement en terrain inconnu. On le sait, L.A. NOIRE se présente comme un jeu à monde ouvert qui permettra au joueur d’aller d’un point A à un point B, à pied ou en véhicule. On ne sait pas encore s’il sera par exemple possible d’écraser ici aussi des passants (!!!), mais les développeurs ont néanmoins pris le soin de panacher le gameplay en fusionnant les phases d’enquête avec un système de combat et de conduite proche de GTA IV. Ici, et même si nous n’avons pas touché à la manette, la conduite semble similaire, avec peut-être un peu plus de rigidité, même si c’est difficile à affirmer du fait que le jeu n’est pas encore terminé. De même, les bastons à mains nues sont basées sur le principe du low punch/high punch (avec des mouvements de boxeurs bluffants et une désaturation en noir et blanc du plus bel effet pour indiquer la vie restante de Phelps) et les fusillades sur un système de couverture de la même eau que ceux de GTA IV et RED DEAD REDEMPTION. Pourtant, comme c’est souvent le cas au cinéma avec les enchaînements séquentiels, ce sont les distinctions entre les différentes phases qui font le sel rythmique de l’intrigue, et les enquêtes de Phelps semblent particulièrement prenantes, notamment dans la façon dont le gameplay a été pensé. Ici, l’analyse des scènes de crime (indiquée par une musique quand le joueur rentre dans la pièce à inspecter) semble totalement interactive, et il est possible de zoomer sur les objets, les tourner pour en inspecter les détails et même les confier au laboratoire pour un rapport d’analyse dont les résultats pourraient influer sur la façon de mener les interrogatoires. Certes, le résultat semble un poil plus didactique que dans un GTA (il faudra se fier régulièrement à son carnet de notes pour revenir sur les détails de l’enquête), mais les sensations cinématographiques sont déjà évidentes sans même avoir touché au jeu à proprement parler.

En l’état, L.A. NOIRE semble d’ailleurs être l’adaptation la plus fidèle du style littéraire particulièrement vicieux et archétypal de James Ellroy, et c’est certainement ce que Rockstar voulait transmettre en mettant l’accent sur cette enquête en particulier, puisque les thèmes de la jalousie féminine, du viol de mineures (la starlette Jessica Hamilton refuse d’ailleurs de reconnaître qu’elle a été maltraitée pour pouvoir accéder à son rêve de cinéma) et de l’envers du décor hollywoodien (la fusillade finale se conclue dans un gigantesque décor à la CLÉOPATRE) chers au « Demon Dog » sont clairement mis en avant. L’ambiance particulièrement soignée du titre joue donc sur l’équilibre entre le glamour d’Hollywood et la noirceur particulièrement malsaine des crimes perpétrés, avec plusieurs références cinématographiques appuyées (le commissariat présenté en début de partie renvoie à celui du film SANGLANTES CONFESSIONS, dont le roman éponyme était inspiré par l’affaire du Dahlia Noir), une volonté musicale très travaillée (des trois excellents thèmes musicaux entendus, on pense tour à tour au L.A. CONFIDENTIAL de Jerry Goldsmith et au DAHLIA NOIR de Mark Isham !) et surtout une maniaquerie dans la reconstitution historique qui laisse pantois, puisque le jeu se plait même à faire des références au gangster Mickey Cohen et à l’élection de Richard Nixon à la chambre des représentants à travers des banderoles disséminées un peu partout dans la ville. Au rayon de la volonté réaliste, il est d’ailleurs heureux de constater que la technologie du Motionscan n’est pas une supercherie marketing, mais bel et bien l’outil révolutionnaire vanté par Team Bondi et Rockstar pour permettre au joueur de s’immerger dans des interrogatoires parfois tendus, et superbement rendus par des graphismes et un rendu des lumières certes non finalisées, mais qui rappellent beaucoup ceux de RED DEAD REDEMPTION. Une conséquence de l’utilisation du RAGE Engine ? Très probablement.

Image de prévisualisation YouTube

Comme un bonheur ne vient jamais seul, Rockstar en a profité pour diffuser sur le net une nouvelle bande-annonce qui dévoile la présence d’un serial killer particulièrement vicieux dans l’intrigue principale, et confirme la date de sortie mondiale prévue pour le printemps prochain. Admirez une fois de plus le travail d’orfèvre effectué par les monteurs de chez Rockstar !

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L.A. NOIRE sortira donc le 20 mai prochain. En attendant qu’on revienne longuement dessus, vous pouvez admirer l’ambiance particulière du jeu en cliquant sur les images ci-dessous.

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2 Commentaires

  1. Olivier GALLIANO

    Nan mais 4 mois… C’est loooooooong. Heureusement qu’il y a de quoi patienter d’ici là.

    • Thomas CAPPEAU

      Je saurai être fort, je saurai être fort !

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