L’ÉPINARD GRAND CRU

À l’occasion de l’apparition sur le Net de la première image officielle de POPEYE, Capture fait le point sur ce film très alléchant réalisé par l’immense Genndy Tartakovsky.

Même si le personnage a vu le jour dans les comics strip d’E.C. Segar et a fait l’objet d’un long-métrage live foireux réalisé par Robert Altman avec Robin Williams dans le rôle-titre, le marin Popeye est surtout connu pour la formidable série de cartoons des frères Fleischer, un classique du genre notamment parce que ces génies du dessin animé y ont expérimenté quantité de techniques fabuleuses restées malheureusement sans suite. On se souvient notamment de POPEYE THE SAILOR MEETS SINBAD qui, non content d’avoir donné à Ray Harryhausen l’idée de porter sur grand écran les exploits de l’aventurier arabe, bénéficiait de la technique dite du « tabletop process » consistant à incruster les personnages animés sur un arrière-plan miniature peint, pour un résultat bien plus impressionnant que la caméra multiplane adoptée parallèlement par les studios Disney.

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Le souvenir de ce grand classique du dessin animé quelque peu tombé dans l’oubli, a des chances d’être ravivé par l’immense Genndy Tartakovsky, actuellement en pleine conception d’un film en image de synthèse et relief tiré des aventures du marin mangeur d’épinards. Un film que Tartakovsky souhaite dans la lignée de l’œuvre des Fleischer, comme le prouve le premier visuel dévoilé sur le Net. Fort du succès surprise d’HÔTEL TRANSYLVANIE, le créateur de SAMURAI JACK a en effet pu imposer ses vues au studio Sony Picture Animation, comme il l’a expliqué au site Comics Alliance :

« J’ai dit aux gens de Sony : « Si je fais ce film, je veux qu’il soit dix fois plus physique et fou qu’HÔTEL TRANSYLVANIE » Et ils m’ont juste dit : « OK… » Ce qui est ironique, c’est que l’image de synthèse a été créée pour imiter la réalité. Mais moi, je compte bien détourner ces outils ».

Genndy Tartakovsky nous avait également longuement parlé de POPEYE dans le long entretien que nous avions publié en deux parties (ici et ) à l’occasion de la sortie d’HÔTEL TRANSYLVANIE, explicitant ce qu’il entend par « animation physique » et revenant sur les principes de narration de ce film qu’il a intégralement réécrit.

Le premier visuel du Popeye 3D de TartakovskyOn a hâte de voir ce que le réalisateur va faire de cette direction artistique très 2D (observez les vagues par exemple) avec le dynamisme du relief, comme on est très curieux de découvrir comment Tartakovsky va moderniser ce personnage très ancré (c’est le cas de le dire) dans son époque, sans trahir son essence. On doute, par exemple, que sa pipe soit de la partie, mais les personnages semblent en tout cas se distinguer de l’animation américaine en images de synthèse à la direction artistique bien trop monotone et formatée. Réponse à toutes nos attentes courant 2015.

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4 Commentaires

  1. runningman

    je relativiserais le terme « d’immense » Tartakowsky, car au vu de son dernier film: le nullissime Hôtel Transylvania, je ne peux que m’interroger sur les potentialités de son Popeye car s’il continue sur les mêmes choix artistiques et idéologiques que ceux choisie pour Hôtel Transylvania il ne faudrait, je pense, pas s’attendre à grand-chose…

    Bon, il faut dire aussi que rares sont les bons metteurs en scène qui ne soient pas plantés sur un ou même plusieurs de leurs films.

    On verra bien l’année prochaine

    • Zhibou

      Il ne faut pas oublier que « Hotel Transylvania » était une commande de Sony où Tartakowky est entré en jeu tardivement.
      La médiocrité du film tient plus de la méthode de production que du talent du réal. Il y avait quand même quelques séquences à sauver qui exploitaient bien son style dynamique (la course de table me vient à l’esprit).

      Du coup, j’ai d’autant plus hâte de découvrir un film où il aura les coudées franches.

  2. bruttenholm

    C’est quand même bizarre que la vision de E.C Segar se soit faite cannibaliser dans l’imaginaire collectif par celle des frères Fleischer. Le strip de Segar a son ton à lui, plus dans l’absurde et la comédie de caractère (du peu que j’en ai lu), les cartoons des Fleischer sont plus dans l’aventure.
    Pour l’anecdote, Jules Feiffer avait écrit le scénar du film de Altman en essayant de rester plus proche de Segar que des Fleischer (pas sûr que ça joue beaucoup pour une meilleure appréciation de l’œuvre de Segar, ceci dit :))

  3. Hâte de voir ce que j’espère être le premier chef d’oeuvre de ce génie du cinéma qui a bercé mon adolescence.

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