LE DIABLO PAR LA QUEUE

Voici quelques jours, le 31 décembre dernier pour être exact, la licence DIABLO a fêté son 15ème anniversaire. Ce « Hack’n’Slash », ou « Porte, monstre, trésor » chez nous, trouve sa source dans le jeu de rôles papier, façon DONJONS ET DRAGONS, un genre qui sera transcendé à jamais par le studio de développement Blizzard avec DIABLO en 1996 donc, mais surtout sa suite DIABLO II, qui sort le 29 juin 2000. Malgré des jeux comme TITAN’S QUEST ou le récent TORCHLIGHT (développé par une partie de l’équipe d’origine des deux DIABLO), la troisième plus grosse licence de Blizzard (après STARCRAFT et WORLD OF WARCRAFT évidemment) n’a d’ailleurs jamais été détrôné avec le temps. Annoncé depuis plus de trois ans, DIABLO III se dévoile à travers une beta fermée, mais active depuis septembre dernier. On y a joué !

Pour Blizzard, faire une nouvelle suite à DIABLO est un pari risqué. Il faut dire que le studio de développement a créé ni plus, ni moins que le maître étalon du « Hack’n’Slash », le jeu de bourrin par excellence, avec cette licence tellement populaire qu’une forte communauté de joueurs continue de s’écharper, encore aujourd’hui, dans ce monde diabolique et glauque à souhait. Mais les premières heures de jeu de DIABLO III nous permettent de nous rendre compte que les développeurs ont bien bossé leur jeu, malgré le contenu limité qui nous est proposé à travers cette beta. Seul l’acte 1 de l’intrigue est jouable, avec un seul degré de difficulté et 12 niveaux accessibles pour notre personnage, ce qui limite forcément le nombre de compétences jouables. Même topo pour les différents marchants (seul le forgeron est disponible) et autres compagnons, parmi lesquels on ne rencontrera finalement que le Templier au sein de l’aventure. En soi, le gameplay du jeu n’a pas connu de modifications fondamentales – difficile de changer une formule qui gagne – si ce n’est qu’il est poussé à son paroxysme, avec l’habile idée de limiter le joueur aux nombres de compétence qu’il peut utiliser en même temps. Au niveau maximum de son personnage, il sera d’ailleurs possible d’avoir accès à six compétences actives et trois compétences passives, parmi un large panel accessible à tout moment via un « Nephalem Altar » en se rendant en ville ou à l’entrée de certains donjons. À cela se rajoute enfin la possibilité de modifier chaque sort via un système de pierres runiques, ce qui permet d’avoir recours à un nombre impressionnant de combinaisons : une pirouette maligne, qui peut paraître frustrante au premier abord, mais qui risque bien de s’avérer payante dans la version finale du jeu.

Si l’univers de DIABLO est ici toujours inquiétant, il est surtout magnifié par des graphismes d’un subtil mélange de réalisme et d’un rendu proche du cartoon, à la façon de WORLD OF WARCRAFT. Boosté par un nouveau moteur, DIABLO III est un festin pour les yeux, avec ses différents effets spéciaux sur les sorts, les décors à tomber par terre et les grandes giclures de sang multicolores. Cela permet même aux développeurs de mettre l’accent sur un bestiaire très varié et particulièrement ragoutant, comme ces sortes de « Boomers » qui semblent issues d’un cauchemar de LEFT 4 DEAD 2 et que l’on peut exploser pour les voir se vider d’un millier de vers pour un effet des plus dégueulasses ! Reste à savoir si le jeu va être à la hauteur d’un point de vue scénaristique, car ce qui nous est proposé sent tout de même l’acte tutoriel à plein nez : on a vu la lumière, on débarque et on aide des gens tout en faisant un génocide d’armées diaboliques, avant d’éclater définitivement un roi squelette qui a pris une RTT dans son repos éternel ! C’est un peu léger, mais l’écriture semble solide, notamment à travers son lot d’énigmes et son point de départ révélé par la récente et sublime cinématique visible ci-dessous. Une partie de l’univers de DIABLO, est développé dans les différents livres ramassés dans les donjons durant notre quête et emprunte évidemment à la narration classique d’un RPG, ou les textes de quêtes et les PNJ mènent la danse. Vu le soin légendaire apporté par Blizzard à leurs différentes licences, on ne s’inquiète pas trop, d’autant que sur les cinq classes proposées ici, les développeurs en proposent trois nouvelles : le moine, le chasseur de monstres et le féticheur, un protagoniste absolument dantesque, surtout avec ses invocations de crapauds dégueulasses !

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Enfin, l’autre grande énigme de l’aventure, c’est cet hôtel des ventes, qui fonctionne avec la monnaie du jeu, mais aussi l’argent réel, puisque les joueurs peuvent mettre en vente leurs objets contre des dollars, ou des euros chez nous. Blizzard créé une grande controverse avec ce système, mais jure ses grands dieux que ça lui permettra ainsi de contrôler la revente des objets du jeu qui se faisait sur des sites tiers avec les précédents DIABLO. Gageons que cette expérimentation d’un nouveau modèle économique vidéoludique fera sûrement des petits dans l’avenir, mais pour le moment, impossible de se faire un avis définitif sur la question. En attendant une date de sortie qui n’en finit pas d’être repoussée, il est possible de trouver de nombreuses informations, ainsi qu’un guide du jeu sur le site communautaire mis en place par Blizzard à l’adresse suivante. Même s’il est prévu pour le premier trimestre 2012, DIABLO III ne sortira vraiment que lorsque ses développeurs en seront satisfaits, donc rien n’est gravé dans le marbre. « When it’s done » comme ils disent. Ok, mais putain que c’est long !

1 Commentaire

  1. J’adore ce nouvel opus mais par contre le système de l’HVAR avec de l’argent réel est tout simplement honteux. C’est la course à l’item dès que l’on arrive en mode Armageddon parce qu’on crève toutes les deux secondes si on est stuffé comme des crevettes. Et évidemment, où va t-on pouvoir trouver les meilleurs items du jeu ? En plus, je trouve le discours un brin hypocrite de la part de Blizzard concernant un pseudo contrôle au niveau de la revente de certains objets. C’est surtout qu’ils n’ont pas vraiment envie de perdre de thunes mais en gagner davantage. Dommage pour ceux qui ont décidé de ne pas dégainer leur CB.
    En plus, il faut s’attendre après ce « test argent réel » que tous les autres jeux Blizzard finissent par fonctionner sur le même principe.

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