LA BONNE PAYE

Pour omniprésent qu’il soit devenu sur nos machines, le FPS n’est pas le genre le plus varié qui soit, et ses représentants tendent à se suivre et à se ressembler. Un surplus d’idées, même minimal, est donc nécessaire pour qui veut sortir du lot, ce que le studio Overkill avait compris voici deux ans en sortant PAYDAY : THE HEIST.

Avec son concept central tournant autour des braquages de banques et son orientation multijoueur en co-opération, le jeu parvenait à se distinguer du tout-venant du genre. L’expérience proposée était ainsi plus originale que le tir au pigeon dans des couloirs trop souvent jeté en pâture aux joueurs, quand bien même la forme restait fondamentalement classique. La démarche ayant été couronnée d’un certain succès, Overkill peut aujourd’hui récidiver et proposer une suite (sobrement intitulée PAYDAY 2) à laquelle nous avons récemment pu nous essayer.

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La logique qui préside à la confection des séquelles étant ce qu’elle est, on ne s’étonnera pas que l’argument de vente principal de celle-ci soit une plus grande ambition par rapport à son prédécesseur. Une ambition qui est d’ailleurs immédiatement perceptible dans le choix des formats sur lesquels sortira le jeu. Alors que THE HEIST n’était disponible que sur PC et PS3, et uniquement en version dématérialisée, PAYDAY 2 sortira peu ou prou sur toutes les machines actuelles et aura en prime les honneurs d’une version boîte dans le commerce. On verra dans ce choix autant une volonté de toucher un plus large public que le signe d’un titre plus riche pour ce qui est du contenu. Ce qui sera bel et bien le cas puisque là où le premier volet se limitait à sept petites missions (plus du DLC), cette suite embarquera d’emblée plus d’une centaine de missions. Faisant fi de la progression linéaire, on aura désormais accès, par le biais du réseau Crimenet, à une sélection de contrats dans lesquels les missions viendront s’inscrire. Le nombre qu’il faudra remplir afin de mener le contrat choisi à bien sera évidemment en fonction de sa difficulté (les contrats les plus ardus en compteront ainsi logiquement le plus grand nombre). L’approche permet ainsi une expérience de jeu plus modulable, ce qui semble d’ailleurs être le mot d’ordre des développeurs sur l’ensemble du titre. Au cours de la présentation à laquelle nous avons assistée, l’emphase aura particulièrement été mise sur les possibilités de customisation qui seront offertes aux joueurs. Du vaste arsenal mis à disposition, aux masques portés par les braqueurs (qu’il sera possible de créer à son goût) en passant par les protections, tout sera entièrement personnalisable et les modifications apportées auront un impact sur la progression. Par exemple, on pourra apposer un canon plus long sur son fusil de prédilection afin de s’assurer une meilleure précision, avec pour conséquence qu’il sera plus difficile de le dissimuler sous son pardessus et donc de passer inaperçu aux yeux des civils et des forces de l’ordre. Dans le même ordre d’idées, les quatre classes de personnages disponibles disposeront chacune d’un arbre de compétences propre, lui aussi entièrement paramétrable et qui modifiera la façon d’aborder le jeu. On le voit, les développeurs mettent donc toutes les chances de leur côté pour proposer un titre moins linéaire que son aîné, et les obsessionnels-compulsifs qui voudraient explorer l’intégralité des possibilités offertes par le jeu en auront certainement pour des heures.

La variété est également le maître-mot pour ce qui touche au contenu des missions en lui-même, celles-ci n’étant plus limitées à de simples braquages. Ces derniers répondent certes toujours présents, mais on se retrouvera également à convoyer de la drogue ou bien à devoir intimider des concurrents à coup de destruction de propriété. Pour notre part, nous avons pu tester deux missions distinctes. Dans l’une, il nous fallait protéger des sacs remplis de drogue d’une escouade de policiers décidés à les récupérer, en attendant l’arrivée de notre véhicule de fuite. Dans l’autre, nous étions chargés d’entrer dans une bijouterie pour y dérober une précieuse tiare. De quoi se rendre compte que PAYDAY 2 sait varier les plaisirs puisque, si la première mission était très nettement orientée action, puisqu’elle démarrait d’emblée avec une fusillade, la deuxième permettait de jouer la carte de la discrétion temporaire avant de sortir les flingues. Dans les deux cas, toutefois, on aura pu constater la présence d’un système d’objectifs dynamiques variant en fonction de nos actions, de sorte que le déroulement n’aura jamais été totalement identique d’une tentative à l’autre. Pour exemple, citons le fait que dans la première mission, ne pas rejoindre assez rapidement le véhicule provoque le départ du chauffeur et force ainsi à devoir attendre l’arrivée d’un hélicoptère en repoussant les vagues de flics, tandis que dans la deuxième, détruire les caméras de surveillance permettait de retarder l’arrivée des forces de l’ordre une fois notre présence signalée. Quelle que soit la manière d’aborder une mission, il sera préférable de s’y essayer avec un ou plusieurs partenaires humains, les objectifs nécessitant en général une bonne coordination et l’opposition étant plutôt agressive (on peut parfaitement s’essayer au jeu en solo avec des bots mais c’est évidemment passer à côté d’une bonne partie de son intérêt).

S’il ne bouleverse pas radicalement la formule établie et ne réserve pas de grosses surprises dans son gameplay, PAYDAY 2 s’annonce comme une suite digne de ce nom, techniquement plus aboutie que le premier épisode et qui s’attache à en corriger les défauts. Le calendrier des sorties ludiques de l’été étant ce qu’il est, et fort d’un prix de vente attractif, on ne serait pas surpris que le public réponde à l’appel le 18 Août.

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