Y’A DU RAB, JE LAISSE ?

Si les DLC restent encore bien trop souvent un moyen pour les éditeurs de soutirer quelques sous supplémentaires aux joueurs en monétisant du contenu autrefois présent de base sur la galette, ils parviennent occasionnellement à justifier leur existence en offrant une prolongation au jeu initial. Corollaire de cette pratique, on aura donc vu fleurir sur cette génération les éditions spéciales et autre  » director’s cut « , autrefois chasse gardée du domaine cinématographique. L’actualité de ces dernières semaines en la matière ayant été particulièrement chargée, Capture Mag vous propose un passage en revue des rajouts qui vont vous faire repasser à la caisse.

Et l’on commence avec le plutôt inattendu DEUS EX HUMAN REVOLUTION : DIRECTOR’S CUT, qui débarque sans crier gare en exclusivité sur la WiiU. Vendu par les développeurs comme la version ultime du jeu, cette nouvelle édition embarquera bien entendu avec elle les deux missions additionnelles de la version de base, Tong’s Rescue (fournie avec le jeu chez certains revendeurs) et le DLC The Missing Link, dont on nous promet qu’elles seront intégrées harmonieusement dans le déroulement de l’aventure. WiiU oblige, le gamepad sera bien entendu mis à contribution puisqu’il pourra servir entre autres joyeusetés pour le mini-jeu de hacking, comme visée pour les armes de précision, pour renvoyer les grenades ou analyser les ennemis grâce à une nouvelle augmentation appelée Neural Hub. Tout ceci évidemment en plus des fonctions classiques telles que l’affichage de la carte ou de l’inventaire. Eidos Montreal profite également de cette version ++ pour opérer un rééquilibrage de son game design. Ainsi, ce seront désormais deux cellules d’énergie au lieu d’une qui se rechargeront automatiquement, ce afin de proposer plus d’options tactiques au joueur. Et surtout, les développeurs ont retravaillé en profondeur les affrontements contre les boss. Très critiqués à l’époque de la sortie du jeu pour les pics de difficultés massifs qu’ils représentaient et l’obligation d’adopter contre eux un style de jeu plus bourrin, il devrait désormais être possible de les aborder de façon plus subtile. Enfin, on notera la présence comme bonus d’un commentaire audio représentant quelques huit heures d’écoute. Contrairement aux autres portages WiiU, ce director’s cut semble donc avoir bénéficié d’un soin particulier résultant en une nette valeur ajoutée. Les possesseurs de la console de Nintendo, qui crèvent un peu la faim en ce moment, devraient donc être ravis, d’autant qu’ils n’auront pas à patienter longtemps puisque le jeu débarquera le 7 mai prochain.

Autre director’s cut, et non moins surprenant, celui de DEADLY PREMONITION. Surprenant car le titre original en question ne fut pas un énorme succès commercial, bien au contraire. Sorti chez nous uniquement sur Xbox 360 dans une relative indifférence, le titre de Hidetaka Suehiro alias Swery65 aura néanmoins eu l’honneur de devenir un véritable jeu culte. Nombre de joueurs auront en effet su voir plus loin qu’une technique défaillante et une jouabilité souvent approximative pour tomber amoureux d’une ambiance unique, de personnages héritiers de ceux de la série TWIN PEAKS (influence très marquée pour Swery) et d’une intrigue tortueuse. Ce statut culte est sans aucun doute à l’origine de la possibilité offerte au créateur de donner une seconde chance à son jeu. Prévu pour sortir cette fois-ci exclusivement sur PS3 dès le 26 Avril, ce director’s cut verra donc l’aspect technique revu à la hausse et la maniabilité améliorée (avec en prime une compatibilité avec le PS Move), de nouvelles phases de jeu et du DLC à venir. Pas forcément de quoi faire en sorte que DEADLY PREMONITION devienne subitement un énorme carton, mais cela pourrait bien à tout le moins lui permettre de toucher un public un poil plus large.

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Dernière édition améliorée sur la liste, MARK OF THE NINJA, le carton surprise de l’an dernier sur Xbox Live Arcade. Applaudi pour l’excellence de son design, le titre d’infiltration 2D de Klei (SHANK et sa suite) bénéficiera à l’été d’une édition spéciale qui prendra la forme d’un DLC pour le jeu de base. Envisagé par les créateurs comme une sorte de  » ressortie chez Criterion  » (le célèbre label vidéo américain de prestige, pas les développeurs de BURNOUT), cette édition spéciale rajoutera deux nouvelles armes à l’arsenal du ninja titre, l’une portée sur l’infiltration et l’autre sur le combat direct. Un rajout dont les développeurs espèrent qu’il amènera les joueurs à mélanger les deux approches plutôt que de privilégier l’une ou l’autre comme ils l’ont constaté jusqu’à présent. En sus, le jeu bénéficiera également d’un nouveau chapitre en forme de prélude aux événements de l’intrigue principale, avec en vedette Dosan, l’un des personnages secondaires et à l’instar de DEUS EX, d’un commentaire des développeurs, sous forme textuelle cette fois-ci, qui sera disponible en six langues. Pas de prix fixé mais il est fort à parier que les fans voudront repasser à la caisse.

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Abordons désormais le chapitre des DLC, en commençant par METAL GEAR RISING (dont on vous reparlera sous peu en ces pages). Le spin-off de Platinum aura droit à trois packs de contenu. Le premier, déjà disponible, rajoute une trentaine de missions VR à celles déjà disponibles. Au programme, combat à mains nues, tir aux pigeons ou un peu plus d’infiltration pour Raiden, mais également plusieurs missions aux commandes d’un Dwarf Gekko, dont certaines qui évoquent irrésistiblement un certain FROGGER. Pas forcément de quoi se relever la nuit, le tout représentant essentiellement un moyen de s’amuser un peu plus avec le système de combat, mais au moins ce DLC est gratuit pour l’Amérique du Nord et le Japon. Chez nous, il faudra mettre la main au portefeuille pour en bénéficier. Oui, moi aussi j’ai bien envie de le dire : monde de merde. Les deux autres, prévus pour le mois d’Avril, devraient être plus intéressants car plus substantiels. Ils permettront en effet d’incarner deux autres personnages de l’intrigue, à savoir les boss Jetstream Sam et Bladewolf (le loup robotique que connaissent bien ceux qui auront essayé la démo), dans des missions plus ancrées narrativement prenant place avant le jeu. Platinum promet que chacun disposera de capacités propres et l’on a donc hâte de voir quelles nouveautés pourront bien être apportées au système de combat. À noter que le Japon a pour sa part droit à un bonus exclusif (et gratuit) : la Soul Snake Wooden Sword, une épée en bois non létale qui émet des samples de la voix de Solid Snake lorsqu’on l’utilise. Rigolo et parfaitement inutile donc indispensable, mais peu de chances de voir débarquer un équivalent utilisant la voix de David Hayter dans nos vertes contrées.

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Bonne surprise de l’an dernier, SLEEPING DOGS aura largement été alimenté en DLC depuis sa sortie. Par une quantité innombrable de packs contenant costumes, armes et véhicules divers tout d’abord, mais également par du contenu plus narratif. Un flot qui ne se tarit pas puisqu’après un NIGHTMARE IN NORTH POINT (chroniqué tantôt par Stéphane) qui revisitait le folklore fantastique hong-kongais, et un ZODIAC TOURNAMENT en forme d’hommage à OPÉRATION DRAGON, c’est aujourd’hui YEAR OF THE SNAKE qui fait son apparition à temps pour le nouvel an chinois. Dans cette nouvelle aventure située après la trame principale, Wei Shen, réintégré aux forces de police mais muté à la circulation, va avoir maille à partir avec une secte commettant une série d’attentats meurtriers à travers la ville et vise à provoquer la fin du monde, rien que ça. Pour ramener l’ordre, Wei Shen traversera donc six nouvelles missions et disposera de  deux nouvelles armes et autant de capacités supplémentaires. Tant qu’on peut encore casser des bras tel le premier Saumon Agile venu, hein… Dans tout cas, on se demande surtout quand Square-Enix va finir par annoncer l’inévitable édition  » Game of the Year  » regroupant tout les contenus additionnels, mais en attendant voilà une extension qui parait très recommandable.

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Terminons ce tour d’horizon par un rapide retour sur CITADEL, la dernière extension solo en date (et à priori également la dernière tout court) pour MASS EFFECT 3. Conçu comme un véritable baroud d’honneur, CITADEL semble être une reconnaissance de la part de Bioware que ce que les fans auront surtout retenu de la trilogie sont les personnages et leurs interactions, et les remet donc au premier plan. Situé avant la fin du jeu, le DLC voit donc certes Shepard déjouer un complot à son encontre, donnant ainsi lieu aux séquences de combat familières, mais est par-dessus tout l’occasion de retrouver une dernière fois tous les membres de l’équipage (ceux encore en vie tout du moins). Le climax ne sera ainsi pas un combat de boss, mais une gigantesque fête donnée dans l’appartement de Shepard, avec de multiples issues possibles selon le comportement du joueur au cours de la soirée. De quoi réinjecter un peu de légèreté dans l’univers de MASS EFFECT, après la noirceur générale de la conclusion. Évidemment, on est là en plein dans le fan-service, mais du fan-service qui semble suffisamment bien fait et avec assez de recul sur lui-même pour faire passer la pilule et donner envie d’aller rendre une dernière fois visite aux personnalités mémorables qui auront donné corps à la saga.

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Dans la rubrique  » Mais si enfin, on vous en a déjà parlé «  :
La critique mitigée de SLEEPING DOGS par Alain Mercier.
Le DLC CAUCHEMAR À NORTH POINT de SLEEPING DOGS par Stéphane Moïssakis.
Le récapitulatif des sorties du mois d’août 2011, dans lequel Frédéric Laboureur nous parlait de DEUS EX : HUMAN REVOLUTION.
Notre premier contact avec METAL GEAR RISING, par votre serviteur.

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