SPOOKY DOGS

Et une extension horrifique pour SLEEPING DOGS, une ! Présenté comme un énième DLC « zombie » pour ne pas désorienter les joueurs occidentaux, CAUCHEMAR À NORTH POINT se réclame plus volontiers du folklore chinois, et c’est principalement ce qui fait son charme. Car pour le reste, il s’agit toujours du même jeu !

Voici quelques semaines, on se plaignait du fait que SLEEPING DOGS ne parvenait pas à se référer à la riche cinématographie de Hong Kong pour construire sa propre mythologie vidéoludique. CAUCHEMAR À NORTH POINT se démarque légèrement de cette démarche conventionnelle et se risque tout de même à présenter le folklore local, et notamment une nouvelle forme d’ennemis comme les Jiang Shi, ces vampires dont la raideur cadavérique les obligent à se déplacer en faisant des bonds. Des démons au look singulier, que les fans du cinéma de Hong Kong se souviennent probablement avoir vu dans des films comme L’EXORCISTE CHINOIS de Sammo Hung. Ce petit renvoi référentiel avec le cinéma d’épouvante local, les développeurs de United Front Games en ont d’ailleurs conscience dès le début du jeu, au point de s’en moquer gentiment. Mais avec ses deux petites heures de jeu, montre en main, ce premier DLC narratif de SLEEPING DOGS ne se risque pas à diluer l’héritage culturel chinois dans une intrigue très poussée.

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CAUCHEMAR À NORTH POINT se déroule uniquement dans le quartier de North Point, comme son titre l’indique, et met Wei Shen aux prises avec Smiley Cat, un revenant du gang des Sun on Yee au look félin, qui cherche à accomplir une vengeance d’outre-tombe. Pour cela, il réveille un mal ancestral s’emparant des habitants de la ville, qu’il faudra sauver à coup de lattes ! À vrai dire, ce qui aurait pu être le cauchemar du joueur – à savoir se confronter à chaque PNJ du monde ouvert ou presque – est rapidement mis de côté par les développeurs, qui préfèrent se concentrer sur un système de missions habituel, avec une forte prédisposition pour les combats au corps à corps. Très vite, CAUCHEMAR À NORTH POINT vire donc à une foire d’empoigne dans la droite lignée des kung-fu horror flicks de la belle époque. Problème, sorti d’une petite fusillade expédiée (contre des humains en plus) et d’une rapide course-poursuite, ce DLC ne joue que sur ce mode, sans jamais proposer une quelconque carotte narrative. En fait, les développeurs ratent même le potentiel d’implication suggérée par l’ambiance horrifique, en passant très rapidement sur la culpabilité de Wei Shen, liée à son statut de flic undercover, sans jamais développer le lien avec les manifestations occultes qui viennent le tourmenter. Tout au plus, le jeu se permet quelques appartés comiques avec un membre des Sun On Yee qui fait part de ses soucis en revenant à la vie sous la forme d’un ectoplasme. Bref, comme on peut le constater, ceux qui ont été frustrés par la mécanique très fermée de ce monde ouvert particulier ne seront toujours pas contentés. Mais il y a des chances pour que CAUCHEMAR À NORTH POINT parle aux amateurs de kung-fu comedy hong-kongaise, et surtout aux complétistes qui ne craignent pas de repasser une ou deux heures de plus sur le jeu de United Front Games.

TITRE ORIGINAL Sleeping Dogs : Nightmare in North Point
GENRE Action-Aventure / Monde ouvert
ÉDITEUR Square Enix
DÉVELOPPEURS United Front Games
DISPONIBLE SUR Xbox 360 / PS3 / PC.
DATE DE SORTIE 30 octobre 2012.

1 Commentaire

  1. demarreur

    J’avoue avoir acheté ce jeu pour le simple fait de pouvoir déambuler dans une ville autre que les sempiternelles simili New-York-Los Angeles qu’on mange à longueur de temps. Hormis les jeux Yakuzas, pas forcément connus chez nous.

    Le côté « héritage » de la culture (cinéma de hong-kong) chinoise est un plus non négligeable.

    Tu mets la radio locale et tu t’y crois ^^

    Rien que pour ça, je lui ai laissé ça chance.

    Et au vue de la production chaotique du jeu, ils s’en sortent pas trop mal, je trouve.

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