JE VAIS T’EN FOUTRE DU HARD CORPS !

Pour nous autres gros bourrins, les 80’s furent une période bénie entre toutes. C’était le bon vieux temps, celui où pour être un héros d’action il suffisait d’être taillé comme une cabane en rondins, pouvoir porter une sulfateuse plus grosse que soi et débiter du bad guy à la chaine, le tout sans jamais se départir d’un petit sourire narquois et d’une bonne punchline prête à fuser. La belle époque de Schwarzie et Sly, qui nous aura donné les chefs d’oeuvres que nous chérissons tous tels COMMANDO ou COBRA. Pas en reste, le jeu vidéo nous aura donné aussi son lot de fleurons stéroïdés, d’IKARI WARRIORS à MERCS en passant par CYBER LIP. Mais le plus célèbre d’entre tous restera bien évidemment CONTRA, le chef d’oeuvre Brechtien de Konami, et ses deux mastards exterminant des hordes d’alien dans ce qui représentait à l’époque le sommet de l’action vidéoludique (votre serviteur évoque encore avec des trémolos dans la voix le souvenir de CONTRA III sur Super Nes).

Mais les temps changent, et les héros avec eux, et les héros musculeux d’autrefois ont cédé à la place à des personnages se voulant plus réfléchis et plus humains pour mieux toucher le petit coeur du spectateur. Dès lors, une série aussi « primaire » que CONTRA peut paraitre obsolète dans un tel contexte, ce d’autant que son gameplay simple d’approche ne compense pas forcément le manque d’attrait de son esthétique à l’inverse de certains de ses descendants modernes, tels GEARS OF WAR. Dès lors la série se devait de s’adapter afin de survivre, chose que les développeurs d’Arc System Works (surtout connus pour leurs jeux de bastons dont l’incontournable GUILTY GEAR et le récent BLAZBLUE), débauchés par Konami pour relancer la machine, semblent avoir parfaitement compris.

Si jusque-là les CONTRA empruntaient leur esthétique autant au cinéma d’action qu’à la série B (pour le look des aliens), HARD CORPS : UPRISING va pour sa part plus puiser du côté de l’animation japonaise en reprenant la patte graphique typique de son développeur. Un choix qui peut paraitre dans l’air du temps, mais qui s’avère surtout cohérent avec le projet consistant à moderniser essentiellement l’aspect visuel du jeu sans pour autant changer les fondamentaux solides de son gameplay. HARD CORPS : UPRISING aura donc beau flatter la rétine par son esthétique chatoyante et coloré tranchant radicalement avec ses prédécesseurs, le jeu reste un CONTRA dans la plus pure tradition, comprendre donc aussi nerveux que spectaculaire, et d’une difficulté diabolique à même de satisfaire les amateurs de challenge à l’ancienne. Là encore cela dit, le développeur parvient à moderniser intelligemment le titre en offrant, en plus du classique mode arcade, un mode « Rising » permettant de customiser son perso au fur et à mesure de la progression dans le jeu afin d’équilibrer la balance (rajout de points d’énergie, de vies, de continues, meilleures armes, nouvelles capacités etc). De manière fine, le jeu est ainsi rendu plus accessible pour les nouveaux-venus sans pour autant sacrifier à une mode plus casual (les upgrades étant en plus désactivables, chaque joueur trouvera là de quoi moduler son style de jeu à l’envie). Et surtout, Arc System Works réussit l’essentiel pour tout bon « run’n gun » qui se respecte : le rythme. HARD CORPS : UPRISING enchaine ainsi les passages d’anthologies, souvent en autant de clin d’oeils tant à ses prédécesseurs (on retrouve des situations typiques tels que les poursuites en moto ou les combats à dos de missiles) qu’à d’autres franchises (un niveau entier rend un bel hommage à METAL GEAR SOLID, et un des persos disponibles en DLC permet carrément de transformer le jeu en ersatz de STRIDER !) et ne relâche jamais la pression sur le joueur, qui sortira souvent des niveaux littéralement épuisé d’avoir martyrisé les boutons de tir et de saut.

Evidemment, par rapport à la question qui nous préoccupe sur ce blog, un jeu comme HARD CORPS : UPRISING ne fera pas vraiment avancer le schmilblick tant il est évident que l’idée même de narration est parfaitement secondaire pour les développeurs, qui cherchent à peine à développer la moindre intrigue dans le jeu pour se contenter d’une ébauche d’intrigue prétexte à donner une motivation aux personnages à aller flinguer tout ce qui bouge. Mais on peut difficilement reprocher à un « run and gun », genre basé de toute manière sur l’immédiateté et l’intensité de ne pas développer une narration complexe par définition antinomique aux objectifs qu’il s’est fixé. Si HARD CORPS : UPRISING mérite d’être salué, c’est avant tout parce qu’il représente une réussite trop rare : une mise à jour de franchise intelligente, car faisant progresser sa série sans jamais perdre de vue ses fondamentaux. Et ça bon sang, ça fait plaisir !

3 Commentaires

  1. elZecchio

    Ça donne envie! C’est sur PS3 j’imagine?

    (sinon pitite coquille : j’imagine qu’il faut lire « Mais on peut difficilement reprocher à un « run and gun » […] de ne pas développer une narration complexe ».)

  2. Thomas CAPPEAU

    Effectivement elZecchio ! C’est modifié. Merci !

  3. Matthieu GALLEY

    PSN et XBL, oui (enfin vu ce qui se passe en ce moment avec le PSN je crains qu’il ne te faille attendre encore quelques jours pour pouvoir profiter du jeu ^^)

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