CONCORDANCE DES TEMPS

Pour le troisième Bonus + depuis la création de Capture Mag, nous avons jeté notre dévolu sur CLOUD ATLAS. Le film choral terminal de Tom Tykwer, Lana et Andy Wachowski est d’ores et déjà l’un de nos films préférés pour l’année 2013, et pourtant, nous n’avions pas trouvé jusqu’à présent le temps de le traiter à sa juste valeur. Voici de quoi compenser partiellement ce manque, avec un Bonus + qui ambitionne de compléter le matériel proposé sur le disque commercialisé par Warner.

Il est bien loin le temps béni de l’« Ultimate Matrix Collection », ce classieux coffret DVD gavé ras la gueule de dizaines d’heures de suppléments et dans lequel les Wachowski expliquaient, via le livret qui accompagnait le coffret, que la Warner avait souscrit aux moindres de leurs exigences pour obtenir un travail éditorial qui fit date. À l’image du misérable disque de SPEED RACER, le Blu-ray de CLOUD ATLAS bénéficie d’un traitement princier du côté du film (l’image, en particulier, est absolument superbe) mais est nanti de suppléments indignes de ce film monumental.

11Passons rapidement sur les menus d’une rare laideur (après tout, les disques Warner ne sont pas réputés pour briller dans ce domaine), sur le chapitrage manifestement conçu à l’aveuglette (un défaut fort regrettable pour un film aussi structuré que CLOUD ATLAS), pour nous attarder sur le seul matériel supplémentaire proposé : sept featurettes, vaguement thématisées, dont la durée oscille entre cinq et sept minutes. Sur-montées, totalement promos, jouant outrancièrement sur les réactions de Lana Wachowski et parfois redondantes (le même sonore d’un comédien peut se retrouver d’une featurette à une autre !), ces micro documentaires ne sont pourtant pas dénués l’intérêt.

La première featurette, intitulée « Un film unique », est une intro qui ressemble grandement au making-of promotionnel mis en ligne lors de la sortie en salles. La seconde featurette, « Histoires Liées », se focalise sur les différents moyens de communication et de narrations adoptés dans le film. Car si CLOUD ATLAS aborde autant de genres qu’il comporte de sections, chaque segment du film s’articule également autour d’un médium d’expression distinct : un journal, des lettres, un manuscrit, un roman, un film et enfin une narration orale. « Une adaptation impossible » revient, comme son titre l’indique, sur l’adaptation du roman et vaut surtout pour les quelques clichés montrant les trois réalisateurs s’échinant à écrire le scénario dans leur hôtel du Costa Rica. Devant leur mine défaite et leur air abattu, on imagine le casse-tête que dut être la confection du script, et on aurait adoré les voir suer du cerveau dans une vidéo tournée durant cette étape de la naissance du film, alors que le financement était très compromis. « L’essence du jeu d’acteur » s’attarde avec autosuffisance sur le jeu des comédiens et leurs différents grimages, tandis que la featurette pom12peusement intitulée « Les Secrets de CLOUD ATLAS dévoilés » (rien de moins !) traite des interactions entre les différents personnages et leurs réincarnations. « La science-fiction audacieuse de CLOUD ATLAS » se focalise sur les deux segments d’anticipation du film et vaut principalement pour les témoignages concernant Doona Bae, très clairement la comédienne miraculeuse du film. On y découvre également une anecdote édifiante à propos du livre compilant les pensées de Sonmi que l’on retrouve dans la section post apocalyptique. Cet accessoire, présent sur deux misérables plans, est constitué des colliers brisés des factaires pour la couverture, et de morceaux de leurs vêtements pour les pages. Une preuve du soin du détail maladif des cinéastes. Enfin, « Amour et désir perpétuel dans CLOUD ATLAS » revient sur les histoires d’amour qui sous-tendent chaque intrigue.

Au final, la frustration l’emporte au bout de ces 50 petites minutes de documentaire : on n’y fait qu’entrevoir la richesse du film, la complexité de sa fabrication, le foisonnement de ses ramifications. Mais surtout, les bonus ne prennent même pas la peine de proposer le minimum espéré, comme cette featurette promo, qui aurait fait partiellement double emploi avec les mini documentaires présents sur la galette, mais qui comporte tout de même des images de tournage intéressantes et quelques concepts arts difficiles à trouver ailleurs. Plus étonnant encore, on ne retrouve pas la très longue bande-annonce qui a lancé la promotion du film, et présentée par les trois cinéastes, contraints de s’exposer publiquement après la défection tardive de Tom Hanks.

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Mais pas de panique, voici Bonus + à la rescousse !

Et tout d’abord, en guise d’ouverture, un coup de projecteur sur le merveilleux article fleuve qu’Aleksandar Hemon a consacré aux Wachowski dans le New Yorker après les avoir suivis à diverses étapes de la conception de CLOUD ATLAS. Un vrai beau papier d’investigation qui forme, au final, un portrait juste et instructif des mystérieux cinéastes.

LE ROMAN

Peu d’auteurs se sont montrés aussi humble vis-à-vis de l’adaptation de leur œuvre que Dave Mitchell. Dans cette interview conduite juste après la sortie aux États-Unis de CLOUD ATLAS et en dehors du circuit promo officiel, le romancier irlandais (qui fait un caméo dans la section de Néo Séoul) confirme que, selon lui, le travail des trois cinéastes a révélé quantité de trésors insoupçonnés de son roman.

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DESIGNS

Logiquement, c’est la section de Néo Séoul qui a concentré la majeure partie du travail des designers sur le film. George Hull, impliqué dès le montage financier, parle de son expérience sur le film à Io9 et expose certains de ses travaux sur son site internet, l’occasion pour lui d’évoquer le fait que les Wachowski, qui ont travaillé dans le bâtiment avant de se lancer dans le cinéma, avaient des idées très précises sur la structure des bâtiments et leur mode de fonctionnement.

Designer actuellement basé en Chine, Adam Kuczek a fait ses débuts au cinéma en travaillant sur CLOUD ATLAS. Kuczek ne cache pas sa fierté d’avoir contribué à ce film atypique et son site regorge de dizaines de concepts. Notons au passage que Kuczek fait partie des nombreux membres de l’équipe de CLOUD ATLAS à avoir été embauché de nouveau par les Wachowski sur JUPITER ASCENDING.

Et si, comme moi, vous saturez des designs Photoshop, allez donc faire un tour sur la galerie de Simon Murton, un dessinateur plus à l’ancienne qui avait déjà collaboré à la trilogie MATRIX et qui a notamment signé le très bel avion en forme d’oiseau de proie qui sévit à Néo Séoul.

Enfin, les designs de Peter Popken ont moins cir9culé sur la toile que ceux de ses confrères. C’est regrettable à double titre : ses créations sont largement du niveau de celles de ses acolytes et, surtout, elles permettent de comprendre un peu mieux l’élaboration de la direction artistique du film en proposant des visuels bien éloignés du résultat final. Et pendant que vous y êtes, allez donc jeter un coup d’œil aux travaux de Popken pour LES FILS DE L’HOMME et SPEED RACER, également exposés sur son site.

STORY-BOARD

4L’Allemand Kurt Van Der Basch a travaillé exclusivement avec le cinéaste Tom Tykwer sur CLOUD ATLAS. Son site propose des échantillons de ses travaux, et un comparatif permet de comprendre à quel point ses boards correspondent aux plans finaux. Kurt Van Der Basch est également l’auteur d’une fresque murale que l’on peut apercevoir à San Francisco dans la section dédiée à Luisa Rey, et qui résume en une grande image la totalité de l’intrigue du film (nous nous sommes servis de cette image dans la page d’accueil du site). Au passage, on regrette que l’on ne puisse trouver sur le net les story-boards et les quelques animatiques conçues pour les sections réalisées par les Wachowski.

MUSIQUE

La musique composée par Tom Tykwer, Reinhold Heil et Johnny Klimek, qui se désignent eux-mêmes sous le collectif Pale 3, joue un rôle primordial dans CLOUD ATLAS : le score est en effet placé au cœur de la thématique du film, mais fut aussi au centre de sa conception. Écrite et enregistrée quasi intégralement avant le tournage, la musique a été employée dès la première lecture du scénario, mais également au cours du tournage et, évidemment, du montage du film. C’est dire s’il est regrettable que les suppléments du Blu-ray fassent totalement l’impasse sur cet aspect du film.

Nous vous conseillons chaudement cet entretien croisé avec les deux associés de Tykwer, Reinhold Heil et Johnny Klimek. Un article qui non seulement démontre combien ce score, souvent bêtement moqué par les détracteurs du film, a été un travail harassant, mais également à quel point le montage financier de CLOUD ATLAS fut cauchemardesque.

Film Music Mag propose un entretien entre les trois comp3ositeurs qui replacent la conception du score de CLOUD ATLAS dans leur carrière, tandis que Tykwer nous offre une analyse fascinante de l’évolution du sextet à travers les différents segments du film.

Enfin, sur le site de Reinhold Heil, vous trouverez quelques déclarations du compositeur sur son travail (« Le plus ambitieux de ma carrière ! » révèle-t-il) mais aussi plusieurs prises alternatives non retenues et qui ne figurent pas dans le score commercialisé. À noter qu’une page de liens très complète vous permet d’avoir accès à encore plus d’articles sur la musique de CLOUD ATLAS.

DÉCORS

Attention, un très 2gros morceau ! Le site Set Decorators propose, en plus d’un entretien avec Rebecca Alleway et Peter Walpole, ensembliers, un récapitulatif des nombreux échos entre les différents segments de CLOUD ATLAS en terme d’accessoires, mais aussi un document PDF de 14 pages, avec chaque décor du film commenté. Une mine d’informations !

Set designer sur le film, Carly Reddin a posté sur son site une petite dizaine de documents extrêmement précieux, principalement des plans de plateaux et quelques photos des décors nus, notamment de leur fabuleux travail sur Néo Séoul. Dommage que ces visuels ne soient pas disponibles en plus haute résolution !

COSTUMES

Cloud AtlasPas grand chose à se mettre sous la dent concernant ce département, assuré par Kym Barrett (une légende du métier et une fidèle des Wachowski) et notre compatriote Pierre-Yves Gayraud qui avait déjà travaillé avec Tykwer sur LE PARFUM. Nous vous avons néanmoins trouvé cet article. Le travail de Gayraud est absolument passionnant, le chef costumier s’étant constitué un immense « mood board » qui lui permettait de créer des liens visuels d’une section du film à une autre en réutilisant des imprimés de tissus, des accessoires, des motifs de tatouages, etc.

MISE EN SCÈNE

Une grosse demi-heure d’interview avec le trio de réalisateurs est disponible sur l’excellente chaîne You Tube The Hot Button. C’est, à notre connaissance, le récit le plus complet de la rencontre entre les Wachos et Tykwer, mais on y trouve également un parallèle passionnant entre le mode opératoire de MATRIX REVOLUTIONS et celui de CLOUD ATLAS, un touchant hommage aux comédiens du film et à Tom Hanks en particulier et, pour finir, une mise au point musclée sur les rapport compliqués entre les Wachos et les médias. Un sujet manifestement sensible, qui ferait presque sortir Andy de ses gonds !

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Suite au succès de la mise en ligne de son entretien avec les trois réalisateurs, Devin Faraci du site Bad Ass Digest a mis à disposition l’intégralité de cette interview. Pas mal de choses à en retenir, en particulier sur la logique commerciale qui sous-tend un montage financier comme CLOUD ATLAS (plus gros film indépendant de l’histoire du cinéma, rappelons le) et la structure du film. Andy Wachowski y révèle également que le premier montage du film fut un échec quasi complet, le mélange entre les six sections étant à cette étape beaucoup trop  dense et rapide. Pour les fans, vous trouverez une petite virée du côté de SPEED RACER en fin d’interview.

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COMÉDIENS

Il n’est pas bien difficile de dénicher quantité d’entretiens avec les comédiens de CLOUD ATLAS. Pour notre part, nous nous sommes contentés de cette quarantaine de minutes de conférence de presse accordée au TIFF qui est, finalement, assez complète, plutôt drôle et pas trop gâchée par des questions stupides, inévitables dans ce genre d’exercice.

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Et plus pour la rigolade qu’autre chose, Tom Hanks totalement déchaîné et Halle Berry en entretien croisé pour Unscripted.

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TOURNAGE

Le précieux b-roll du film, présentant des images de tournage des différentes sections dans leur ordre chronologique. On y voit notamment Tom Tykwer diriger une scène avec le score en fond sonore (le requiem est également utilisé pour le tournage de la découverte de Sonmi), un ou deux gros plans de certains des personnages interprétés par les comédiens principaux que l’on ne fait qu’apercevoir dans le film terminé et, enfin, quelques instants assez surréalistes, comme lorsque Jim Broadbent, habillé en Vyvyan Ayrs, découvre Hugo Weaving maquillé en infirmière Noakes. Au final, une grosse quinzaine de minutes de scènes de tournage brutes de décoffrage, ce qui est évidemment trop peu, d’autant plus que l’on voit des images de tournage dans les featurettes du Blu-ray qui ne sont pas proposées dans ce b-roll.

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PHOTOGRAPHIE

Un entretien court (moins de trois minutes) mais très dense avec Frank Griebe, co directeur de la photographie du film aux côtés de John Toll : en dehors des constats habituels sur l’attrait d’un projet aussi atypique et de l’infernale logistique du tournage, Griebe y parle du choix de tourner en pellicule plutôt qu’en numérique (CLOUD ATLAS a été filmé en super 35, avec des ARRI), des contraintes budgétaires et de la volonté de ne pas unifier le look du film (notamment en refusant de tout storyboarder, une première pour les Wacho).

Cloud AtlasArticle passionnant sur la photographie du film. Griebe trace un parallèle intéressant entre la structure morcelée de CLOUD ATLAS et le fait que la génération actuelle de spectateurs, qui surfe au quotidien sur les plateformes de streaming de type You Tube, est naturellement coutumière de sauts incessants entre des histoires aux styles disparates. Il est également intéressant de noter à travers ce papier que, si l’équipe allemande de Tykwer était en terrain familier (en terme de collaboration, de lieu de tournage, etc.), les Wachos se sont vraiment jetés dans l’inconnu avec CLOUD ATLAS. C’est d’ailleurs Griebe seul qui s’est chargé de tous les tests en préproduction, Toll débarquant dans l’équipe peu avant le début des prises de vues. Signalons au passage que John Toll signe la photo de JUPITER ASCENDING.

Un article moins porté sur l’anecdote édifiante et plus technique sur le tournage du film. Les amateurs y apprendrons quel type de pellicules et de lumières ont été utilisées (et sur ce dernier point, l’approche de Griebe est franchement intéressante) et on y apprend que Toll a organisé une projection de CLOUD ATLAS durant le tournage d’IRON MAN 3 en Caroline du Nord.

Enfin, l’American Cinematographer Society a proposé, peu après la sortie du film, un podcast d’une demi-heure avec John Toll et Frank Griebe. L’occasion pour Toll de briser certains préjugés sur les méthodes de travail des Wachowski : ainsi, il nous apprend que les deux réalisateurs ne sont pas religieusement attachés à leur story-board, et rappelle que le tournage ressemblait plus à un énorme chaos, les acteurs étant par exemple amenés à prendre l’avion dans la nuit pour passer entre deux plateaux séparés par plusieurs milliers de kilomètres. « Nous aurions très bien pu aller droit dans le mur avec un projet comme celui-ci » résume-t-il.

MAQUILLAGES

10Injustement décriés et placés au centre d’une controverse d’une rare crétinerie, les maquillages prosthétiques de CLOUD ATLAS méritent d’être réévalués. Responsables de ce pari impossible, Daniel Parker (pour les sections réalisées par Tykwer) et Jeremy Woodhead (chargé des maquillages pour la partie Wachowski) évoquent l’extrême difficulté de leurs conditions de travail sur trois articles : celui d’Indiewire comporte quelques designs et d’intéressantes anecdotes, comme le fait que le maquillage de Meronym s’inspire de la mode des Bagel Heads, tandis que cet extrait de l’article paru dans la version papier de Make-Up Magazine évoque une intéressante évolution dans le maquillage de Vyvyan Ayrs. Enfin, l’article de Variety insiste plus sur le cauchemar logistique auquel durent faire face les deux groupes de maquilleurs, parfois contraints de concevoir à la volée des maquillages extrêmement complexes en un temps très restreint.

MONTAGE13

Entretien avec le monteur Alexander Berner, qui avait déjà travaillait avec Tykwer sur LE PARFUM. Berner est une sommité en Allemagne, puisqu’il avait contribué à installer le premier système de montage entièrement numérique dans son pays. Cet article rapporte que le premier montage de CLOUD ATLAS durait plus de trois heures et demi même si, selon Berner, toutes les scènes tournées sont dans le film terminé. Une info qui explique l’absence de scènes coupées sur le disque aujourd’hui commercialisé, même si nous avons trouvé des photos sur internet de séquences qui semblent absentes du montage final (voir ci-contre). Berner est également le monteur du prochain film des Wachos, JUPITER ASCENDING.

EFFETS SPÉCIAUX

Si l’on dénombre plus d’une dizaine de compagnies au département des effets spéciaux, c’est définitivement Method Studios  qui a assuré la grande majorité des plans truqués du film, mais aussi une partie du design, comme le navire futuriste ou l’impact des armes utilisées dans la section sur Néo Séoul qui évoque, à la demande des Wachowski, les « Kirby dots », autrement dit les explosions stylisées du légendaire dessinateur de comics Jack Kirby. Logiquement donc, vous trouverez dans la bande-démo de Method Studios la grande majorité des plans truqués de CLOUD ATLAS.

Cosuperviseur des effets visuels aux côtés du Français Stéphane Ceretti (un ancien de Buf), Dan Glass a accordé plusieurs entretiens, notamment dans une galerie commentée publiée sur le site du magazine anglais Empire mais aussi dans un micro documentaire de « Watch The Daily », entièrement consacré à la création de Néo Séoul.

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Et pour terminer sur les effets spéciaux visuels, deux liens indispensables pour les aficionados, à commencer par un article fleuve de Creative Cow et un excellent article de l’indispensable FX Guide qui a eu l’idée très ludique de proposer d’aborder les effets spéciaux de chaque section selon l’ordre souhaité par les lecteurs.

1CHINE

L’exploitation chinoise de CLOUD ATLAS est d’une importance capitale. Second marché mondial en terme d’entrées en salles, la Chine est devenu un acteur majeur de l’industrie cinématographique, avec de bonnes surprises et de sévères déconvenues. La sévère déconvenue en l’occurrence concerne la censure qui sévit dans le pays : CLOUD ATLAS s’est ainsi vu amputer de 38 minutes de métrage, comme le rapporte cet article du Hollywood Reporter. Les images de violence et de sexe ont été suprimées, mais aussi toutes les références à l’homosexualité de Robert Frobisher. Pour les bonnes surprises, la Chine a réservé un accueil critique dithyrambique au film comme l’explique ce papier qui comporte plusieurs extraits de presse, et le film a remporté un jolie succès en Chine, rapportant au final pas loin de 30 millions de dollars. Pour toutes ces raisons, il nous a semblé pertinent de consacrer une petite section à la Chine.

Ne vous laissez pas abuser par les banales premières minutes de cet entretien conduit en Chine avec les trois cinéastes et Hugo Weaving. Car très rapidement, les journalistes abordent des questions passionnantes, liées à l’exploitation d’un tel projet sur le marché oriental, plus ouvert aux thèmes abordés que les marchés occidentaux. L’occasion pour le trio de réalisateurs d’évoquer l’implication financière de la Chine, primordiale dans la concrétisation du film. Lana Wachowski n’échappe pas aux indécentes questions sur son changement de sexe, mais sa réponse est brillante.

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Et pour la rigolade, une des improbables chansons officielles tirées de CLOUD ATLAS, à savoir une ballade sirupeuse interprétée par la star locale Han Geng. CLOUD ATLAS a bénéficié de trois chansons officielles pour sa promotion sur le marché chinois.

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CRITIQUE

Parce que, parfois, un dessin vaut bien un long discours, voici le formidable tableau conçu par les graphistes Tom Morse-Brown et Lyn Brown, avec la contribution pour le contenu de Trey Hock, à la demande de Scene Stealers. On y résume une  partie des jeux de résonances et d’évolution entre les différentes sections du film. Il aurait été drôlement intéressant de créer ce type d’interface avec les capacités de navigation qu’offre un Blu-ray.

Si vous êtes un familier de précédents Bonus + (sur JOHN CARTER et L’ÎLE DU DR MOREAU), vous connaissez le principe : cette liste n’est aucunement exhaustive. Nous vous invitons donc dans les commentaires à nous faire part de vos trouvailles pour étayer ce Bonus + dédié à CLOUD ATLAS.

Affiche

TITRE ORIGINAL Cloud Atlas
RÉALISATEUR Tom Tykwer, Lana Wachowski, Andy Wachowski
SCÉNARIO Tom Tykwer, Lana Wachowski, Andy Wachowski d’après le roman Cartographie des nuages de David Mitchell
MUSIQUE Tom Tykwer, Reinhold Heil et Johnny Klimek
PRODUCTION Stefan Arndt, Alex Boden, David Brown, José Luis Escolar, Grant Hill, Lora Kennedy, Philip Lee, Marcus Loges, Roberto Malerba, Gogo Oeri, Alexander Rodnyansky, Uwe Schott, Pearry Reginald Teo, Tom Tykwer, Alexander van Duelmen, Andy Wachowski, Lana Wachowski
AVEC Doona Bae, Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent, Hugo Weaving…
DURÉE 170 mn
DATE DE SORTIE 13 mars 2013 en salles en France. En Blu-ray : 13 juillet 2013
BONUS
– 7 featurettes

7 Commentaires

  1. Reda

    Excellent.
    A quand la critique ? ^^

    Il y a aussi ce loooong article sur Flickering Myth

    http://www.flickeringmyth.com/2013/02/six-stories-three-filmmakers-one-vision.html

    Trevor Hogg chats with senior visual effects supervisor Dan Glass; visual effects supervisors Stéphane Ceretti, Matt Dessero, Geoffrey Hancock, Alessandro Cioffi, Florian Gellinger, Angela Barson, Clark Parkhurst, Russell Earl and Falk Gärtner; and executive visual effects producer Ismat Zaidi about their work on Cloud Atlas. Be warned, there are spoilers…

  2. Zhibou

    Ça commence à devenir trop rare les éditions blu-ray chargé de suppléments.
    J’en veux pour exemple le Oz de Raimi.

    Des petites featurettes qui survolent les différents sujets.
    Celle consacrée à Robert Stromberg est bien moins riche que votre article sur lui.
    Quid de la réconciliation entre Danny Elfman et Raimi?
    Sam Raimi quasi absent des bonus (on ne le voit guère que dans l’interview filmé par James Franco)

    Du beau gachi…

    • Julien DUPUY

      Le temps des bonus semble en effet toucher à sa fin. Les vraies belles éditions sont en effet très rares aujourd’hui. Mais il faut aussi savoir que les DVD et les Blu-ray représentent un marché en plein déclin, et les éditeurs hésitent de plus en plus à investir dans les disques. Je ne parle même pas des petits éditeurs : je ne peux pas citer de noms précis, mais je sais que beaucoup de disques nantis de suppléments sont aujourd’hui sortis à perte. Ça n’était pas le cas il y a ne serait-ce qu’une petite dizaine d’années. Pour le grand public, ça ne change pas grand chose, pour ceux qui aiment découvrir les coulisses d’un film, c’est très triste parce que ce qui remplace tout ça, la VOD ou le piratage, n’est pas accompagné d’effort éditorial digne de ce nom. Ça changera peut-être dans les années qui viennent, mais je ne suis pas très optimiste…

  3. Laurent P.

    Merci pour ce dossier très instructif et très complémentaire pour un film intrigant, qui certes manque un peu d’âme, mais qui d’un point de vue narratif est un modèle du genre.
    C’est très rare de trouver des sites aussi passionné et pro à la fois qui arrive à proposer du vrai contenu. Merci capturemag.

  4. Fest

    Je découvre sur le tard cet article, au moment où je viens de choper le Blu-ray. Le boulot que tu as fourni est impressionnant Julien, un grand merci à toi.

  5. Benoit

    Un article que j’ai trouvé passionnant concernait l’exploitation du film. En tant que production totalement indépendante, il a été mis en place tout un système afin de limiter au maximum la diffusion illégale sur le net du film.

    Courrier international en parle très bien (il faut être abonné ou trouver le numéro papier en bibliothèque pour le lire en entier)
    http://www.courrierinternational.com/article/2013/03/11/silence-on-detourne

    + un autre article
    http://www.courrierinternational.com/article/2013/03/07/cloud-atlas-un-film-qui-seduit-ou-pas

  6. Julien DUPUY

    Une mise à jour avec l’impressionnante bande démo de la société d’effets spéciaux Trixer :
    http://vimeo.com/76640286

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