CHEVAL PÂLE

Attention, suivez bien : L’OMBRE DE RAAM est un nouveau DLC en mode solo qui s’achète et se joue en lançant GEARS OF WAR 3. Il s’agit toutefois d’une préquelle qui se déroule avant les événements du premier GEARS OF WAR, tout en profitant malgré tout du gameplay mis en place dans le troisième opus, ainsi que de son avancée technologique, vous suivez ? Rassurez-vous, ce n’est pas si compliqué que ça (après tout, on reste dans l’univers GOW !) et même si cette mini-campagne d’environ trois heures s’adresse avant tout aux fans, elle ne manque pas d’intérêt pour autant.

Si on exclut un petit « add-on » anecdotique sur GEARS OF WAR 2 (une sorte de « bobine manquante » pour faire une analogie cinématographique), L’OMBRE DE RAAM constitue le premier DLC en mode solo de la licence GEARS OF WAR. Malgré une durée limitée qui s’apparente à celle d’un acte entier dans la campagne de GEARS OF WAR 3, les développeurs de Epic Games ne choisissent cependant pas la voie de la facilité. L’intrigue de L’OMBRE DE RAAM se déroule ainsi quelques temps après le célèbre « jour de l’émergence » et met en scène l’évacuation de la ville de Lima par une escouade de « Gears » dont certains, comme Kim et Tai, sont reconnaissables puisqu’ils sont apparus dans les précédents opus de la licence (et vont d’ailleurs connaître des sorts peu enviables) tandis que leur leader, Barrick, s’est taillé une belle réputation auprès des fans dans les spin-off disponibles sous forme de comics. Difficile, en seulement quelques heures, d’offrir une véritable personnalité à ses « nouveaux » protagonistes (jouables), même si l’équipe de Cliff Bleszinski y parvient très bien en se reposant sur les acquis de la licence : les « Gears » restent des « Gears », à savoir des soldats valeureux et gouailleurs qui n’hésitent jamais à braver la mort pour maintenir leur code d’honneur, même en cas de situation désespérée, et ici l’enjeu consiste à faire évacuer un orphelinat. On a connu cause moins noble ! Mais à vrai dire, la star de ce DLC, la vraie, c’est bien évidemment le Général Raam, le boss tout en sabots et en look massif du premier GEARS OF WAR. À tel point que les développeurs lui offrent même quelques passages jouables, qui s’abordent également à quatre joueurs (avec trois autres Locustes de bonne proportion), pour ne pas casser la rythmique de co-op mise en place par GEARS OF WAR 3. Est-ce que ces passages valent à eux seuls le coup de s’offrir L’OMBRE DE RAAM ? Oui et non. Oui, car les habituées du mode multijoueur savent à quel point il est jouissif d’incarner l’ennemi dans GEARS OF WAR, notamment lorsque les techniques de combat ne requièrent pas forcément des armes à feu. Et non, car il s’agit ici que de quelques minutes de jeu, une demi-heure/trois quarts d’heure tout au plus, et que le Général Raam, aussi jouissif soit-il à manier dans ses exécutions, s’avère tout de même rester un personnage pataud et dont la démonstration de force est plus évidente quand il s’agit de lui faire la peau (ceux qui ont tenté la mission « Cheval Pâle » en difficulté « Insane » à la fin du premier GEARS OF WAR s’en souviennent encore !). Il n’en reste pas moins que L’OMBRE DE RAAM retrouve par certains côtés l’ambiance horrifique du premier GEARS OF WAR, notamment dans la façon dont la tempête « Kryll » menace les protagonistes principaux, avant de recouvrir le ciel dans un climax aussi oppressant que frustrant, puisque préquelle oblige, le joueur ne pourra pas obtenir gain de cause, du moins de façon satisfaisante. Avec son « level design » plus propice à l’identification (on traverse une mairie et une école, en plus de retrouver une architecture urbaine grandiloquente plus proche du premier jeu), L’OMBRE DE RAAM est certainement un vrai cadeau pour les fans de la licence, même s’il se termine peut-être de façon un peu abrupte (un défaut d’autant plus étonnant que GEARS OF WAR 3 avait su proposer un rythme soutenu quand à lui). Mais ça fonctionne également auprès des autres, ceux qui n’ont pas peur de s’offrir un bon petit shoot de testostérone à la troisième personne.

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