UN HÂVRE DE PAIX

Saison 19, épisode 05 : alors que Monsieur Garrison, parti en campagne vers Washington, est toujours aux abonnés absents, Trey Parker et Matt Stone parachèvent la transformation de South Park en parangon du politiquement correct… ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes.

Même s’il contient quelques bons gags (dont la meilleure apparition à l’écran de toute la carrière de Steven Seagal, notre saumon agile préféré), SAFE SPACE n’est pas un très bon épisode de SOUTH PARK. Son principal problème vient du fait que Trey Parker et Matt Stone ont décidé de centrer l’épisode sur la notion de safe space. Ce terme, inventé dans certaines universités américaines pour désigner des endroits où les élèves seraient à l’abri de toute forme d’agression, est sans conteste une source potentielle de comique. De par son principe même, il invite à représenter les safe spaces comme des endroits qui mettraient leur occupant à l’abri de toute forme d’agression et de contrariété. Or le problème de SAFE SPACE, c’est que, pendant une grande partie de l’épisode, c’est à peu près tout ce que les auteurs ont à dire sur le sujet. Ils peinent à trouver des gags originaux sur la question… au point que l’épisode en arrive à être plus drôle sur un sujet anecdotique (la possibilité de donner à des œuvres de charité en payant ses courses au supermarché) que sur son sujet principal. Il faut en fait attendre la fin de l’épisode pour que le point de vue des auteurs prenne un réel intérêt : alors que de plus en plus de personnages se créent un safe space pour s’isoler de tout ce qui pourrait les contrarier, la réalité fait son apparition sous les traits d’un méchant de comédie musicale. Lorsque celui-ci s’invite à une soirée de gala pour dire leurs quatre vérités aux personnes présentes, les habitants de South Park répliquent à condamner la réalité à mort par pendaison. Celle-ci finira donc exécutée en place publique, permettant à South Park de devenir complètement « politiquement correcte ».

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L’accusation de déni de réalité envers les partisans du politiquement correct n’est pas nouvelle et je me garderais bien de prendre position sur la question dans ces colonnes. Néanmoins, il reste que, dans une série comme SOUTH PARK, une telle accusation apparaît comme fondamentalement paradoxale. En tant que satire, SOUTH PARK est forcément construite sur un déni de réalité. Son principe même est montrer le monde non pas tel qu’il est réellement mais de façon exagérée et fantaisiste. En cela, une satire qui se prend au sérieux (ou du moins qui est prise au sérieux) est une sorte de safe space, un lieu rassurant où les spectateurs ne sont pas confortés au monde réel mais à une caricature de celui-ci, à une version où ils peuvent se moquer de n’importe quelle cible sans que celle-ci soit capable de contre-argumenter puisqu’elle est réduite à une simple parodie. Pendant longtemps, SOUTH PARK a pris soin de ne pas tomber dans ce genre de travers. En assumant pleinement sa démarche fantaisiste, ou en se moquant des spectateurs qui prenaient certaines satires trop au sérieux, la série rappelait régulièrement que le but de la série était avant tout le rire en soi et non l’utilisation du rire pour dénoncer tel ou tel aspect de la société. Or Trey Parker et Matt Stone ne semblent pas avoir pris ce genre de précaution avec la fin de SAFE SPACE. Étant donné le mode de production de la série et le principe de continuité récemment mis en place, on se gardera bien d’affirmer dès maintenant qu’il s’agit là d’un « faux-pas » des auteurs, pris pour la première fois en flagrant délit d’esprit de sérieux. Il est tout à fait possible que SOUTH PARK joue de l’aspect paradoxal de cette conclusion dans le prochain épisode… d’autant que les épisodes étant réalisés dans la semaine précédant la diffusion, les auteurs ont accès aux réactions suscitées par l’épisode et peuvent s’en moquer. Ils l’ont déjà fait dans la saison précédente lorsque la série avait parodié la réaction d’un journaliste du site SPIN dans la semaine qui avait suivi. Mais toujours est-il que la conclusion de SAFE SPACE interroge. En s’attaquant au politiquement correct, SOUTH PARK deviendrait-elle, ne serait-ce que temporairement, ce dont elle s’est toujours moqué : une série donneuse de leçon ? Rendez-vous au prochain épisode pour découvrir ce qu’il en est !

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18 Commentaires

  1. brotch

    Je suis d’accord pour dire que c’est sans doute l’épisode le moins drôle, pour le moment, de cette saison. Clairement, l’arc principal, avec Butters en esclave numérique à la solde de la bonne conscience, ne fonctionne pas. La faute, selon moi, à une écriture trop lourde : le seul moment où le concept de safe space est réellement présenté, traité, c’est la chanson « In my safe space ». L’utilisation des stars (Seagal, Diesel, etc.) ne marche pas. Le bashing sur internet n’est pas montré. La figure de la « Réalité » est mal amenée. Et finalement le running gag du caissier du Whole Foods est ce qui sauve vraiment l’épisode. Mais l’impression générale est que les scénaristes n’ont pas trouvé leur angle pour aborder la problématique (complexe il est vrai) du safe space, réaction outrancière à la violence symbolique qui règne sur les réseaux sociaux, comme dans les grands médias et la publicité. Dommage, mais la série ne peut pas tout le temps faire mouche.

    Quand à la critique de la série formulé dans cet article, je ne la comprends pas. Pour moi, South Park s’autorise depuis très longtemps des moments de sérieux. Là comme ça, je pense par exemple à la fin de l’épisode Ass Burgers, huitième épisode de la saison 15, où l’on apprend que pour supporter son quotidien médiocre, Stan est obligé de boire du whisky. La satire n’est pas un genre politiquement neutre, il défend nécessairement une vision du monde. Le rire pur n’existe pas. Les comiques qui se vendent comme de pur entertainer (Gad Elmaley, Foresti, Kev Adams, etc.) ne sont que des relais du discours dominant.
    Pour moi, South Park entretien depuis le premier épisode un dialogue avec la réalité sombre de son époque. C’est drôle parce que ce n’est pas drôle. Le rire surviens (pour moi) grâce à une peinture des travers bien réels notamment de la misère culturelle qui règne.
    Aucune rupture de ton à ce niveau là avec cet épisode à la fin particulièrement grinçante il est vrai.

    • Aurelien NOYER

      Effectivement, South Park s’autorise depuis longtemps des moments de sérieux. Tu cites Ass Burgers, on pourrait aussi citer la fin de The Hobbit avec Wendy qui se résigne à photoshopper sa photo.

      Mais mon ressenti est que, même dans ses moments-là, South Park ne se prend pas complètement au sérieux. Si le sujet et la façon dont il est montré à l’écran peuvent être sérieux, la rupture de ton entre ce qu’on attend de la série (du comique) et ce qu’elle nous montre (du dramatique) est une sorte de méta-gag. Comme tu le dis, « c’est drôle parce que ce n’est pas drôle. » En même temps qu’elle délivre un message sérieux, la série nous rappelle qu’elle est une série comique qui a pour but de nous faire rire… y compris parfois à nos dépens en frustrant nos attentes.

      Or, avec le final de Safe Space, j’ai eu la vague impression que, pour une fois, c’était l’inverse. Au lieu d’être dans une démarche consistant à dire « voilà le message mais ne le prenez pas trop au sérieux, sachez en rire », j’ai eu l’impression que la fin de l’épisode disait plutôt « on s’amuse et on rit de la situation mais c’est quand même sérieux et important ». C’est pour ça que je parlais d’esprit de sérieux.

      Cela dit, on parle de distinction relativement « subtile » et, même si je regarde deux ou trois fois l’épisode avant d’écrire ces papiers, ça reste des réactions « à chaud » et donc basées sur mon ressenti du moment. Si ça se trouve, dans quelques mois, je n’aurais plus le même point de vue.

  2. elzecchio

    « En tant que satire, SOUTH PARK est forcément construite sur un déni de réalité. »

    Pas du tout d’accord avec ça : une satire n’est bonne que si elle se base sur la réalité. Une vraie bonne satire pousse les principes qu’elles moquent jusqu’à l’absurde, mais ça n’a rien à voir avec un quelconque « déni » : le déni consiste à remplacer une situation par son strict opposé, tandis que la caricature et la satire consistent à « creuser » une situation « jusqu’au bout ».

    Et je trouve bizarre cette envie de « désamorcer » la charge sérieuse du show, sous prétexte que c’est du comique qui doit rester pas sérieux. C’est une ligne de défense qu’on entend parfois dans la bouche des politiques caricaturés : « regardez, le Canard Enchainé se présente lui-même comme un journal satirique, ce qui veut bien dire que leurs critiques ne sont pas sérieuses ».

    Et puis, comme l’a dit brotch, c’est pas comme si c’était nouveau : ça fait un bout de temps que SP n’hésite pas à balancer des passages glaçants de noirceur, sans pour autant se poser en série donneuse de leçons. La sensation qui revient le plus amha c’est un certain désespoir, avec aucune porte de sortie valable, quel que soit le sujet abordé.

    • Aurelien NOYER

      « la caricature et la satire consistent à « creuser » une situation « jusqu’au bout ». »

      Ce qui correspond à avancer l’argument de la pente savonneuse… c’est-à-dire un sophisme qui ignore (et donc, implicitement, nie) l’existence de mécanismes régulateurs. L’exercice de la caricature est un exercice d’exagération de certains aspects de la réalité au détriment d’autres. Elle a une forme de pertinence parce qu’elle apporte souvent un éclairage sur une situation, mais elle ne constitue pas pour autant un révélateur de la Vérité.

      En plus, je ne pense pas que ce soit rendre service à South Park ou aux caricatures du Canard Enchaîné de les mettre sur le même plan que des analyses sociologiques/politiques/philosophiques rigoureuses. Ce sont des pratiques différentes, qui ont des moyens et des finalités, et donc des portées, différentes.

      Sinon, je suis d’accord que South Park a régulièrement mis en scène des situations effroyablement sombres mais toujours en offrant la possibilité d’en rire d’une façon ou d’une autre. Or, à la fin de cet épisode, pour la première fois, j’ai eu l’impression qu’ils ne cherchaient plus à en rire… ou alors c’est juste que je n’ai pas trouvé ça drôle, c’est possible aussi.

      • elzecchio

        « Elle a une forme de pertinence parce qu’elle apporte souvent un éclairage sur une situation, mais elle ne constitue pas pour autant un révélateur de la Vérité. »

        Si tu reconnais que la satire peut être pertinente, comment peux-tu en même temps affirmer qu’elle « se base forcément sur un déni de réalité » ? Comment peut-on être pertinent tout en niant en bloc la réalité ?

        Quand à dire que la caricature sera toujours moins sérieuse que des études sérieuses, je suis pas sûr que ce soit un scoop : toute considération sur l’existence ou non d’une Vérité avec un grand V mise à part, il est évident que ce qui caractérise la caricature, c’est sa force d’impact et sa fulgurance, qu’elle obtient à coups de raccourcis conceptuels ou visuels, forcément moins « complets » qu’une étude socio en 200 pages, mais qui fonctionnent sur un tout autre plan.

        De là à dire « il ne faut pas prendre les critiques de SP au sérieux parce que c’est pas de la vraie socio/psycho etc », il y a de la marge.

        • elzecchio

          edit : pour dire les choses autrement, je trouve ça dommage cette manière d’affirmer que la Vérité Vraie ne saurait être délivrée que par la Science Rigoureuse (je ne pense pas me tromper en affirmant que c’est de ça qu’il s’agit dans tes propos), tout en refusant l’idée que la caricature, le rire et l’absurde en soient incapable, à leur manière.

          Ca ne me semble pas le point de vue idéal pour parler d’un show comme South Park, mais c’est amha bien sûr.

          • Aurelien NOYER

            Pour moi, la satire représente avant tout un point de vue. Ce point de vue peut être incorrect parce qu’il met en avant certains aspects d’une situation au détriment d’autre. Néanmoins, le fait que certaines personnes adhèrent à un tel point de vue est une information pertinente. On peut aussi estimer que le fait qu’une situation génère un certain point de vue, fut-il incorrect, peut donner des renseignements sur cette situation. Sans vouloir me lancer dans de grandes considérations sur un domaine que je ne maîtrise pas vraiment, ma « rule of thumb », c’est que je me méfie de toute prétention à dire la Vérité, à décrire le Réel… donc pour répondre à ta question, non, je ne pense surtout pas que « la Vérité Vraie ne saurait être délivrée que par la Science Rigoureuse », ce genre d’affirmation me provoque des boutons.

            Pour moi, une approche « académique » et une approche satirique sont deux formes différentes d’aborder une situation, avec deux finalités différentes… et elles en produisent des connaissances respectives de nature différente.

            Au final, si tu veux m’accuser de quelque chose, je préfère que tu me représentes comme un affreux post-moderniste plutôt que comme un positiviste.

      • totorynque

        Je pense qu’il y a une raison toute simple à ce que Parker et Stone prennent au sérieux certaines thématiques de cette saison; ça ne trouve pas beaucoup d’écho dans nos médias nationaux, mais, insidieusement, le politiquement correct est en ce moment en train de gangrener la liberté d’expression aux Etats-Unis. Rien que ces derniers mois, au nom du politiquement correct, on a supprimé la liberté de parole dans certaines universités, annulé des expositions ou des pièces de théâtre, et, il y a peu, deux féministes ont témoignées devant l’ONU pour réclamer qu’Internet soit transformé en safe space géant où les commentaires négatifs seraient filtrés afin de les protéger des critiques et des moqueries (tiens, ça me rappelle quelque chose…).
        C’est la société américaine toute entière qui est en train de se transformer en safe space, menaçant par là-même une des choses qui tient le plus à coeur aux auteurs de South Park, qui est vitale à leur création et qui devrait effectivement être importante pour tout citoyen: la liberté d’expression.
        Pour l’heure, la société américaine est sur la mauvaise pente, et il ne me parait pas surprenant que Parker et Stone aient du mal à en rire…

        • Aurelien NOYER

          Désolé, totorynque, mais, pour le coup, ton message est un bon exemple de ce que je voulais dire.

          La situation aux US est très compliquée et ta vision en est un peu une version simpliste, un peu caricaturale (mais une caricature qui se prendrait au sérieux).

          Qu’il y a ait un mouvement pour le politiquement correct dans les facs américaines, c’est indénialement. Qu’il y ait eu des expositions ou des pièces de théatre annulées, c’est vrai.

          Que la liberté de parole ait été supprimée, c’est pour le moins discutable. Déjà parce qu’il faudrait s’entendre sur comment on définit la liberté d’expression et sa suppression. Que la société américaine toute entière soit en train de se transformer en safe space, ça me paraît grandement exagéré. Non seulement parce que le politiquement correct engendre des résistances chez les conservateurs (ce qui n’est pas surprenant) mais aussi chez les progressistes dans les facs qui appliquent ces politiques. Il y a déjà eu pas mal de papiers écrits par des profs sur le sujet mais, en guise d’exemple, voici le dernier en date que j’ai lu : http://raneutill.com/how-trigger-warnings-broke-my-back/

          Donc personnellement je me garderais bien de préjuger de l’évolution future de la situation.

          Le point de vue de Parker et Stone sur la question est celui de gens plutôt libertariens, qui tendent à avoir une vision assez absolutiste de la liberté et, notamment, de la liberté d’expression. C’est un point de vue valable, mais auquel on peut opposer qu’une liberté d’expression absolue, c’est un peu comme un « free market » absolu. Ça ne mène pas forcément vers une société où tout le monde peut s’exprimer librement, mais ça peut ne faire que reproduire des inégalités structurelles qui sont ignorées sous prétexte que chacun est théoriquement libre. Typiquement, c’est l’idée derrière les interventions de Quinn et Sarkeesian à l’ONU (puisque tu y faisais référence).

          En bref, la situation est complexe, et les points de vue variés.

          Mais, au final ce qui m’intéresse surtout c’est que, pendant des années, Stone et Parker se sont moqués, souvent à raison, des artistes qui profitaient de leur notoriété pour pontifier et présenter leur point de vue comme le seul valable. Team America était juste parfait à ce niveau-là. C’est pour ça que ça me gênerait de voir South Park adopter plus ou moins ce genre de travers.

          Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas que ça arrivera. Mais j’avoue que c’est une question qui m’a traversé l’esprit quand j’ai regardé l’épisode.

          • moi

            « C’est un point de vue valable, mais auquel on peut opposer qu’une liberté d’expression absolue, c’est un peu comme un « free market » absolu. Ça ne mène pas forcément vers une société où tout le monde peut s’exprimer librement, mais ça peut ne faire que reproduire des inégalités structurelles qui sont ignorées sous prétexte que chacun est théoriquement libre. Typiquement, c’est l’idée derrière les interventions de Quinn et Sarkeesian à l’ONU (puisque tu y faisais référence). »

            Ça peut, quand ça ne sert que de prétexte. Le problème, c’est que beaucoup de gens (de gens importants, je veux dire…) n’ont de cesse de porter ces principes en étendard pour ne surtout pas avoir à les appliquer.

          • elzecchio

            En lisant ce commentaire, j’apprends avec terreur qu’on invite désormais cette grosse imposture de Sarkeesian à parler devant l’ONU.

            Monde de merde.

            (ceci dit, vu que tu sembles considérer son « action » avec une certaine bienveillance, je comprends mieux ta réaction face au dernier épi ^^)

          • Aurelien NOYER

            Vu que je n’ai vu aucune vidéo de Sarkeesian, j’aurais du mal à parler de bienveillance… tout à plus d’indifférence polie.

            Après, il y a pas mal de sujet où Stone et Parker arrivent à me faire rire sur des sujets où je ne suis pas forcément d’accord avec eux. Même si je pourrais pinailler sur des épisodes comme ManBearPig, Bass To Mouth, The Cissy, Sarcastaball, il me font mourir de rire sans aucune arrière pensée.

            En l’occurrence, c’était pas le cas de Safe Space.

  3. elzecchio

    J’arrive pas à répondre à la suite, donc :

    @Aurélien : pas tellement d’accusation de ma part, juste que je suis pas d’accord avec le coup du « la satire se base forcément sur un déni de réalité » : de ton point de vue, ne pas rapporter l’intégralité des facettes d’une situation c’est nier la réalité, de mon point de vue il s’agit d’un mauvais procès puisque c’est justement en prenant des raccourcis et des libertés par rapport à la réalité que la satire saura le mieux mettre en lumière certains de ses aspects.

    • Aurelien NOYER

      Le mot d’accusation était un peu fort et l’ironie derrière passait mal en dernière phrase. My bad, donc. 🙂

      « c’est justement en prenant des raccourcis et des libertés par rapport à la réalité que la satire saura le mieux mettre en lumière certains de ses aspects »

      Sur ce point-là, je suis assez d’accord. Mais elle ne pointe au final que certains aspects. Donc il y a une forme de paradoxe à accuser un autre point de vue de nier la réalité quand, au final, celui-ci procède de la même logique (mettre en avant certains aspects par rapport à d’autres).

      Or, je trouve que cette position est tenable si la satire est consciente de ses limites… elle l’est moins si elle se prend au sérieux et, d’une certaine façon, se comporte comme ce qu’elle veut dénoncer.

      • Aurelien NOYER

        Sur ce, il va falloir que j’aille bosser sur le prochain ! 😀

  4. elzecchio

    (désolé si ça fait doublon, mais j’ai déjà un post qui est passé à la trappe, alors je remets le nouveau ici)

    @Aurélien :

    « Sur ce point-là, je suis assez d’accord. Mais elle ne pointe au final que certains aspects. Donc il y a une forme de paradoxe à accuser un autre point de vue de nier la réalité quand, au final, celui-ci procède de la même logique (mettre en avant certains aspects par rapport à d’autres).

    Or, je trouve que cette position est tenable si la satire est consciente de ses limites… elle l’est moins si elle se prend au sérieux et, d’une certaine façon, se comporte comme ce qu’elle veut dénoncer. »

    Ouais, je te suis toujours pas là-dessus.

    Les persos dans l’épisode nient la réalité dans le but de se protéger, pas pour produire de la satire de qualité en assemblant des idées entre elles. D’un coté, il y a un processus créatif, de l’autre, un processus destructeur, et mettre les deux cote-à-cote sous prétexte que dans les deux cas, il s’agit de ne pas prendre la réalité dans sa globalité, ça me semble bien léger.

    Quand à l’idée comme quoi Parker et Stone se prendraient soudain au sérieux, ben je vois pas d’où ça vient, les moments glaçants et pas vraiment drôles sont loin d’être une nouveauté, et la scène finale de cet épisode en est un parfait exemple : la foule rassemblée qui prend la décision collective de se passer à tout jamais de la réalité, juste wow !

    Du coup, ce que je trouve dommage, c’est de ne pas gouter cette caricature pour ce qu’elle est, et de lui faire un faux procès façon « c’est exagéré dans la vraie vie on en est pas à ce point ».

    • Aurelien NOYER

      « … ça me semble bien léger. »

      J’accepte complètement cette critique, ça peut effectivement être une limite à ce que j’ai écrit. Pour ma seule « défense » (ce n’est même pas une excuse), je peux plaider les limites de l’exercice : produire une analyse rapide, « à chaud » à partir de mon ressenti.

      « Du coup, ce que je trouve dommage, c’est de ne pas gouter cette caricature pour ce qu’elle est, et de lui faire un faux procès façon « c’est exagéré dans la vraie vie on en est pas à ce point ». »

      Ah mais j’aurais adoré pouvoir apprécier cette caricature, hein… sauf que ça n’a pas été le cas et j’ai essayé d’expliquer pourquoi. Si tu n’es pas d’accord avec les raisons que j’expose, je n’ai en dernière analyse pas grand chose à proposer de plus qu’un « agree to disagree ». Encore une fois, les limites de l’exercice font qu’il y a une grosse part de subjectivité dans ces articles.

      • elzecchio

        Pas de souci pour le « agree to disagree », du moment qu’on peut éviter de finir sur la sempiternelle synthèse forcée qui semble devoir être l’aboutissement de chaque discussion désormais ^^

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