EN ATTENDANT PACIFIC RIM

Histoire de vous mettre dans l’ambiance en attendant impatiemment les premières images en mouvement de PACIFIC RIM, petit tour en vidéos commentées des sources d’inspiration probables du prochain film de Guillermo del Toro.

LA REVANCHE DE KING KONG (1967) de Ishiro Honda

Œuvre séminale du film de combat entre les titans de chair et les géants d’acier, cette REVANCHE DE KING KONG est elle-même adaptée d’une série animée qui faisait déjà intervenir le robot Mechani-Kong. Malgré son air peu commode et le fait qu’il soit le fruit du travail d’un savant maléfique, ce singe mécanique est une machine plutôt pacifiste à l’origine : elle est simplement destinée à assurer les basses œuvres du terrible Dr Huu, à savoir aller à la mine ! Quelques déconvenues plus tard, le géant de fer va tout de même assurer le spectacle, en se castagnant sévère avec King Kong, bousculant au passage la Tokyo Tower, probablement LE monument nippon le plus maltraité par les kaiju eiga. Espérons que les scènes tokyoïtes de PACIFIC RIM sacrifieront à cette coutume !

La bande-annonce d’époque :

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Et la chouette bande-annonce de la collection HK (quand c’est qu’ils sortent des kaiju eiga en blu-ray chez HK, hein ?), montée par Sébastien Prangère :

http://www.dailymotion.com/video/xftn6s

GODZILLA CONTRE MECANIK MONSTER (1974) de Jun Fukuda

GODZILLA CONTRE MECANIK MONSTER (c’est le titre français, j’y peux rien) de Jun Fukuda présentait au monde entier celui qui allait devenir un des monstres stars de la Toho : MekagojiraAAAAAA (je le fais bien, hein, le quidam qui hurle d’effroi juste avant de se faire piétiner par les colosses ?) Si ce classique du kaiju eiga a forcément influencé Guillermo del Toro, nous nous devons néanmoins de préciser que, dans ce film, Mekagojira est du côté des méchants, puisqu’il est la création d’une race d’aliens simiesques. Or, aux dernières nouvelles, les Jaeger sont tout ce qu’il y a de plus dociles et il n’y a pas d’hommes déguisés en singe dans PACIFIC RIM. Ce qui est bien dommage. Il est a noté que les robots géants nippons étaient à l’origine presque toujours maléfiques, comme le robot Moguera qui avait fait son apparition dans PRISONNIÈRE DES MARTIENS (1957) de Ishiro Honda, mais qui devra attendre GODZILLA VS SPACE GODZILLA (1994) pour affronter d’autres créatures cyclopéennes.

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GODZILLA VS MECHAGODZILLA II (1993) de Takao Okawara

Après son coup d’éclat dans le film de Fukuda, Mekagojira fait une nouvelle apparition dans une suite en 1975, LES MONSTRES DU CONTINENT PERDU (un four, qui marquera la fin de la saga pendant presque dix ans) puis de ce remake réalisé en 1993, durant la vague « heisei » des Godzilla. Cette série de kaiju eiga, allant de 1984 à 1995, fait d’ailleurs un important usage de monstres mécaniques géants, puisque même le terrible King Ghidorah y dévoile un équivalent mécanique dans GODZILLA VS KING GHIDORAH (1991). Dans GODZILLA VS MECHAGODZILLA II, Mekagojira est cette fois du côté des humains et affronte, en plus de Godzi, Rodan le ptérodactyle, géant également cela va sans dire.

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NEON GENESIS EVANGELION (1995) de Hideaki Anno

Difficile de ne pas penser à NEON GENESIS EVANGELION en lisant le pitch de PACIFIC RIM, qui semble presque en être une adaptation officieuse. On imaginerait même très bien que les deux univers se recoupent dans leur déviation métaphysique, avec des adolescents qui fusionnent avec leur véhicule pour sublimer le pouvoir des soldats géants, et des monstres qui, par bien des aspects, apparaissent comme une punition divine. Il est d’ailleurs amusant de noter que Weta, avec qui Guillermo del Toro a travaillé lorsqu’il était attaché à BILBO LE HOBBIT, avait tenté de monter une adaptation live de cet anime qui a remporté un énorme succès outre-Atlantique. Del Toro a-t-il été inspiré par le matériel de préproduction qu’il a certainement pu voir dans la société de FX de Peter Jackson ? Nous saurons ça dans quelques heures. Figure de proue de ce que l’on peut légitimement considéré comme un sous-genre de la japanimation, NEON GENESIS EVANGELION est l’œuvre du grand Hideaki Anno et a révélé, parmi bien d’autres, les talents de Shinji Higuchi, futur réalisateur des séquences à FX des trois GAMERA de Shusuke Kaneko, qui ont également très certainement inspiré Del Toro pour PACIFIC RIM.

Et c’est parti pour un montage avec l’entrainant générique d’ouverture sur lequel, oui je l’avoue, j’ai dansé plus d’une fois !

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GODZILLA VS DESTOROYAH (1995) de Takao Okawara

Cette élégie (oui, parfaitement, élégie, je pèse mes mots) du kaiju eiga, qui a bien fait pleurer une amie de mes connaissances, ne présente a priori pas de rapport direct avec PACIFIC RIM (monstres géants exceptés), si ce n’est que le film se déroule en partie à Hong-Kong (vous pouvez en voir quelques images vers 35 secondes dans la bande-annonce ci-dessous), l’une des cités que piétineront également les créatures du film de Guillermo del Toro. Une excellente idée de décor, considérant la topographie très particulière de cette magnifique cité nantie de buildings splendides et partagée entre terre, mer et (petites) montagnes. La séquence hongkongaise de GODZILLA VS DESTOROYAH est d’autant plus mémorable, que Godzilla s’y présente comme un monstre en fusion du plus bel effet.

Sortez vos mouchoirs, voici le trailer de GODZILLA VS DESTOROYAH !

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TEKKOKI MIKAZUKI (2000) de Keita Amemiya et Yoshinori Kitase

On ne dénombre plus les productions nippones de TV live qui proposent des affrontements du genre de PACIFIC RIM. Alors, tapons directement dans le mille avec ce qui restera probablement comme le plus démentiel exemple du genre : MIKAZUKI, du formidable Keita Amemiya dont nous reparlerons très prochainement sur Capture en long, en large et en travers. Mini série nantie d’un budget très important, du moins selon les standards de la production japonaise, MIKAZUKI est un vrai festival du genre, proposant toute une série de robots qui vont du low-tech à la machine dernier cri, une palanquée de monstres délirants (dont une tranche de pastèque géante volante !), et des affrontements titanesques ahurissants, avec certains des plans les plus étonnants et imaginatifs jamais vus. Il y a des parallèles troublants entre l’œuvre d’Amemiya et les films de Guillermo del Toro. Alors qu’il était de passage à Paris, en février 2008, j’avais demandé à Del Toro s’il connaissait et appréciait Amemiya. Sa réponse fut affirmative, et Del Toro m’a même confié qu’il avait tenté de rencontrer Amemiya, sans succès. Le Japonais préfère apparemment rester travailler sur ses films, dans son pays. Il est, quoiqu’il en soit, évident que MIKAZUKI fera partie des nombreuses œuvres qui auront nourri l’imaginaire de PACIFIC RIM.

La série est inédite en nos contrée, comme la totalité de l’œuvre d’Amemiya d’ailleurs, mais voici un petit montage présenté sur la chanson officielle de la série (qui n’est certainement pas ce que MIKAZUKI a de meilleur).

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GOJIRA TAI MEKAGOJIRA (2002) de Masaaki Tezuka

Sorte de remake de remake, ce sympathique kaiju eiga présente un nouveau modèle de Mekagojira conduit par la toute mimi Yumiko Shaku, qui préfigure donc la conductrice de Jaeger interprétée par Rinko Kikuchi dans PACIFIC RIM. Sans atteindre les sommets du genre, ce film un peu mou du genou propose quelques images extrêmement excitantes, avec notamment les derniers plans du film montrant la conductrice du robot observant l’horizon debout, sur l’épaule du robot. Une image décalquée par l’affiche teaser de PACIFIC RIM.

La bande-annonce :

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Et comme la qualité de la dernière vidéo est pourrie, nous vous mettons un extrait du final en HD. Vous allez voir, ça dépote pas mal (d’autant plus que c’est en version allemande) :

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6 Commentaires

  1. Ah, il ne fera pas référence au Godzilla d’Emmerich ? Non, je déconne.
    Après, ce qu’il faudrait, ce serait que les gens de Capture Mag qui connaissent bien Del Toro (et je sais que certains d’entre vous le connaissent bien) lui fasse passer le message pour qu’il déclare à longueur d’interview que ces Kaiju Eiga sont sa source. Ainsi, ça pourrait tomber dans l’oreille des distributeurs qui pourrait nous éditer l’intégrale des Godzilla en blu-ray pour la sortie du film (et la trilogie Gamera pendant qu’on y est). Ce serait fantastique, non (Evangelion, c’est déjà bien plus probable)? Enfin bon, on peut rêver. Allez, je vais me remater tout les Godzilla ça en divx tout pourri et non sous-titrés pour certains, moi.

  2. xenocross

    je te savais pas amateur de kaiju eiga, j’en ai une petite dizaine chez mes parents en vostfr. sinon, ton idee de citer les kaiju eiga est a double tranchant puisque ca pourrait vraiment rebuter le grand public (les combats a la power rangers, c’est ca le kaiju eiga pour eux.) mais oui, j’esperes que certains distributeurs y penseront pour surfer sur la vague de pacific rim.

  3. Malastrana

    T’es sévère avec MechaGodzilla 2002, qui est l’un des épisodes les plus réussis de la série, surtout en langue allemande 🙂 D’ailleurs à l’exception notable du MechaGodzilla Heisei, dès que le costume est présent ça donne un truc bien, dont le meilleur Jun Fukuda, ce qui n’est pas rien! Sinon je relance évidemment pour Destoroyah (seul bon Heisei avec l’étrange Biollante), et je suis d’ores et déjà lancé sur les routes du net pour dénicher TEKKOKI MIKAZUKI.

    Beau dossier, continuez comme ça, ça me rappelle le plaisir que je prenais à lire un magazine qui fut de qualité il y a même pas 10 ans…

    Malàstrana

  4. jérôme

    Justement, dans une interview récente ( http://www.huffingtonpost.com/dave-scheidt/pacific-rim-costumes_b_1663227.html ), Del Toro a précisé qu’il faisait attention à ne se référer à aucun film précis, allant plutôt chercher ses inspirations ailleurs et laissant la culture cinématographique de son équipe affleurer dessous… Il cite Goya : « Well I think that you know the strangest inspiration, the basic one was I wanted to bring sort of a central opera, to the size, the scale to the creatures and the robots. One of the first images that came to mind is an image that you wouldn’t think would inspire a movie like this. It’s a painting by Franciso Goya called « Colossus. » It’s a painting where you see this gigantic figure looming above a very small town. You know not referencing pop culture stuff, this was the first thing that came to mind when making Pacific Rim. Other then that everybody I hired to design, plan and animate are people who love giant monster movies and love robots, so we made it a point not to reference any particular work. We just tried to do our own interpretation of two genres that we love. « 

  5. Julien DUPUY

    Evidemment qu’il ne va pas décalquer ces films Jérôme. Mais Pacific Rim sera nourri de son amour pour toutes ces oeuvres. Je te cite un extrait de l’excellent entretien que GDT a accordé à Deadline : « Japanese properties were probably cheap to acquire, so the theaters in Mexico were inundated with these films. I saw them all. And it instantly came back to me with Pacific Rim. »

  6. Arch

    A l’arrivée le truc est intéressant c’est clair. Je suis justement curieux de voir comment/si toutes ses referencesquinensontpas vont se mettre en place, si il s’amuse avec le contexte politique du terme Pacific Rim etc etc. Tous ça me ferait presque regretter … de pas être fan de Del Toro !

    Ceci étant: je suis presque plus curieux vis à vis du Godzilla de Gareth Edwards dans les annonces récentes du ComicCon …

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