ATTACHE-MOI

Le livre CINQUANTE NUANCES DE GREY est un best-seller mondial et depuis ce week-end, c’est un blockbuster planétaire qui a déjà rapporté plus de six fois la mise de départ. Cela peut paraître incroyable, eu égard à la qualité toute relative du film et du matériau adapté, mais il y a peut-être une explication sociologique derrière ce phénomène érotique dans l’air du temps. Et malheureusement, l’érotisme n’a justement plus grand-chose à voir là-dedans !

Le spot télé de CINQUANTE NUANCES DE GREY, conçu pour être diffusé durant le « Superbowl », revendique une série de chiffres avec une arrogance toute publicitaire : 100 millions de livres vendus, 250 millions de visionnages de la bande-annonce du film sur Internet, une quantité « indénombrable » de fantasmes suscités par le phénomène… Et pour faire bonne mesure, la conclusion de cet intermède publicitaire est particulièrement racoleuse : « Êtes-vous curieux ? ». Mais curieux de quoi au juste ? D’attacher sa compagne aux montants du lit avec une cravate pour fêter la Saint-Valentin ? Ou l’emmener voir un mauvais film au cinéma ? Une chose est certaine, le spot télé sait profiter du triomphe lié à CINQUANTE NUANCES DE GREY. Et le véritable intérêt du livre d’E.L. James consiste bien dans le phénomène sociologique qu’il a effectivement engendré, et dans ce qu’il dévoile sur la représentation de l’imaginaire érotique de notre époque. De fait, il est intéressant de revenir longuement sur le roman avant d’évoquer son adaptation cinématographique, dont la maigre ambition artistique est avant tout conditionnée par ledit phénomène. Pour prendre la mesure du changement de mœurs sur quelques générations d’écart, il convient de faire une comparaison entre CINQUANTE NUANCES DE GREY et la matrice du récit érotique sadomasochiste, à savoir le roman HISTOIRE D’O de Pauline Réage, publié en 1954. Sans aller aussi loin que les œuvres littéraires de Sade ou de Sacher-Masoch (les deux écrivains ont si bien illustré ces deux tendances que leurs patronymes sont utilisés pour les désigner), les deux romans agissent toutefois comme des témoins de leur époque respective, à la fois sur le plan littéraire et sur la façon d’aborder le thème.

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Comme le laisse présager le titre, l’héroïne d’HISTOIRE D’O n’a pas de prénom, et l’auteur du roman l’évoque à travers sa seule initiale. Soumise à son amant René, celui-ci l’offre néanmoins à Sir Stephen, l’un de ses amis capable d’autant mieux la dresser qu’il n’est pas lié à elle émotionnellement. La multiplication des sévices et des partenaires des deux sexes amènent « O » à un niveau de servitude absolu, symbolisé par un anneau portant le nom de son maître et accroché aux lèvres de son sexe, comme une sorte d’apothéose dans le fait d’appartenir totalement à quelqu’un. Héroïne de CINQUANTE NUANCES DE GREY, Anastasia Steele remplace sa colocataire au pied levé pour faire l’interview de Christian Grey, un jeune et beau milliardaire à l’aura mystérieuse, mais qui se révèle rapidement séduit par la maladresse et la fougue de la jeune femme. Seulement son obsession du contrôle ne se limite pas aux affaires, mais s’étend au contraire jusque dans la chambre à coucher. Pour entamer une liaison avec Anastasia, il exige que celle-ci accepte de signer un contrat stipulant l’étendue de son contrôle sur sa partenaire. Et c’est probablement avec ce délire contractualiste que le livre atteint le sommet de son obscénité. S’agissant des États-Unis, ce fétichisme procédurier ne devrait surprendre personne mais la normalité avec laquelle il devient l’aspect central du roman, et plus encore dans le cadre d’une relation sadomasochiste (comprendre dans le cadre d’une sexualité que l’on peut qualifier de transgressive), indique quand même le franchissement d’un nouveau palier. Ce type de contrat entre dominant et dominé a peut-être cours dans les milieux SM, mais il n’a heureusement pas la moindre valeur juridique. Plus qu’un transfert de pouvoir d’une personne à une autre, il dénote cependant d’une volonté de convenir d’une liaison érotique comme d’un contrat de vente, de réduire les sentiments et les expériences à des pratiques sexuelles et laisse finalement apparaître la volonté de faire en sorte que la séduction soit intégralement réductible au consentement mutuel, tel qu’il est défini par les textes de loi. Certes, Anastasia parvient à séduire Christian au point de lui faire occasionnellement abandonner certaines de ses règles, mais il suffit de comparer la place accordée au contrat et celle dévolue au sexe dans CINQUANTE NUANCES DE GREY pour comprendre que le fantasme porte davantage sur la négociation en elle-même !

Est-ce que l’évolution des mœurs sexuelles est arrivée à telle maturation que les vieux interdits sont désormais liquidés, ou du moins vidés de leur substance initiale ? C’est peut-être finalement pour ça que la question du sexe, et du sadomasochisme en particulier, passe au second plan dans CINQUANTE NUANCES DE GREY. Malgré quelques babioles en cuir pour la décoration, on est quand même plus proche de la prose de Barbara Cartland que de celle du Marquis de Sade, et une remarque de Christian Grey dans le roman met le doigt sur la façon dont la pratique de la domination a évoluée au fil des décennies : « Dans la relation de domination-soumission, c’est la soumise qui a tout le pouvoir ». Contrairement au parcours de l’héroïne d’HISTOIRE D’O, on est davantage dans le jeu de rôle que dans la quête d’absolu. Manifestement, le corollaire de cette soumission librement consentie est une manière de transférer sur le dominant la responsabilité des actes, mais encore faudrait-il qu’il se passe quelque chose ! La domestication de l’imaginaire érotique de la génération Y a-t-elle atteint un point tel que l’abandon, l’audace, l’excès, l’irrationnel des sentiments et du désir aient laissé place à des discussions de boutiquier sur l’inclusion ou l’exclusion du « plug » anal dans le contrat ?

D’un strict point de vue littéraire, peut-être que les différences de parcours entre les deux héroïnes s’expliquent également dans le profil des deux romancières. Ainsi, Dominique Aury s’est cachée derrière le pseudonyme de Pauline Réage pour signer HISTOIRE D’O, mais elle fut la première jeune fille admise à Khâgne, l’unes des premières femmes à exercer le métier de journaliste, la traductrice d’Henry Miller et d’Arthur Koestler, mais aussi la première femme à avoir joué un rôle prépondérant au sein de la maison Gallimard. À femme brillante, profil exceptionnel, surtout pour son époque. Dans les années 50, Dominique Aury eut une liaison confidentielle avec Jean Paulhan, directeur de « La Nouvelle Revue Française ». Alors que cette relation semblait fragilisée, elle entreprit d’écrire pour son amant une histoire érotique, à la fois pour raviver sa passion mais aussi pour contredire la conviction de ce dernier, persuadé que les femmes étaient incapables d’œuvrer dans les récits d’érotisme. Pendant trois mois, Dominique Aury envoya chaque soir à son amant quelques pages de ce qui allait devenir HISTOIRE D’O, et c’est finalement Paulhan qui insista pour que le récit soit publié. Pendant des années, l’interrogation subsista sur la véritable identité de l’auteur qui se cachait derrière ce roman. Henri de Montherlant, André Malraux et même Jean Paulhan (qui a signé la préface) furent soupçonnés, car il semblait inconcevable qu’une femme ait pu écrire un livre aussi pervers dans un style aussi clinique et détaché. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1994 que l’identité de l’auteur a été connue du grand public. Il faut dire que la parution d’HISTOIRE D’O n’est pas passée inaperçue en 1954. Le roman a d’abord connu plusieurs tirages confidentiels, a généré de nombreux débats dans les milieux littéraires puis a été menacé d’interdiction. Il a fini par se vendre à plusieurs millions d’exemplaires dans une vingtaine de langues, donner lieu à une adaptation cinématographique particulièrement nulle au milieu des années 70, pour finalement rester comme l’un des livres érotiques les plus emblématiques du 20ème siècle. Pourtant, en nombre de lecteurs, CINQUANTE NUANCES DE GREY l’écrase allègrement avec plus de 100 millions d’exemplaires écoulés dans le monde, et une traduction qui s’étend à 52 langues ! En soi, il s’agit d’un véritable exploit, étant donné que le pédigrée littéraire de la romancière E.L. James est beaucoup moins spectaculaire que celui de Dominique Aury. Productrice de télévision et fan inconditionnelle de Stephenie Meyer, celle-ci a d’abord conçu CINQUANTE NUANCES DE GREY comme une « fan fiction » se déroulant dans l’univers de TWILIGHT en la publiant sur un blog dédié. Elle a ensuite transformé son récit pour l’éditer à compte d’auteur, et le roman est devenu un best-seller planétaire. Assurément, le banquier d’E.L. James est un homme heureux, mais en terme de littérature, on serait plutôt enclin à rejoindre l’avis de Salman Rushdie, notamment quand celui-ci déclare : « Je n’ai jamais rien lu d’aussi mal écrit qui ait été publié. TWILIGHT passe pour GUERRE ET PAIX en comparaison ! ». Car c’est vraiment ce qui surprend dès les premières pages : que les standards de publication aient pu tomber aussi bas pour qu’un éditeur ait pu considérer ce manuscrit digne d’être publié. Insipide, maladroit, caricatural, le roman CINQUANTE NUANCES DE GREY fait penser aux parodies les plus grasses, quand E.L. James se pique d’évoluer sur le fil ténu qui sépare le cliché de l’archétype : « Prenant une asperge, je regarde Christian en me mordillant la lèvre. Puis, très lentement, j’insère la pointe de l’asperge entre mes lèvres pour la sucer ». À défaut d’être émoustillante, une telle imagerie a le mérite d’être représentative du style de l’auteur qui développe plus loin un sens de la comparaison qui n’appartient qu’à elle (« Deux orgasmes… c’est comme si on se retrouvait dans le cycle essorage d’une machine à laver ») ou improvise encore une métaphore audacieuse pour décrire la fellation : « Je lèche ma sucette préférée : celle au parfum Christian Grey ». On ne versera pas plus avant dans le jeu cruel qui consiste à lister les scories du texte mais on peut arrêter, avec une assurance certaine, que le succès du livre ne s’est pas fait sur ses qualités littéraires.

Il est vrai qu’on peut dissocier la qualité intrinsèque d’un récit littéraire de son potentiel érotique. Après tout, un porno n’a pas vraiment besoin d’un Stanley Kubrick derrière la caméra pour produire son petit effet. De plus, ce qu’on appelle les « romans à l’eau de rose », c’est à dire la pornographie sentimentale à destination d’un public quasi-exclusivement féminin (où le mystérieux prince charmant n’a pas de cravache), ne brillent pas non plus par leur qualité littéraire et se vendent néanmoins sans problème. Pour expliquer le succès de CINQUANTE NUANCES DE GREY, certains professionnels de l’édition ont évoqué la généralisation du livre électronique, celui-ci permettant plus de discrétion, tant pour passer à la caisse que pour le conserver chez soi. Loin d’être censuré, le roman a également bénéficié d’une énorme machine promotionnelle mise en place pour capitaliser sur le bouche à oreille dont a bénéficié la « fan fiction » devenue livre, transformant ainsi un succès indiscutable en véritable phénomène. Mais à moins de supposer que le lecteur – plus généralement la lectrice dans ce cas – ne soit désespérément stupide ou simplement accablé d’une forme de masochisme littéraire qui le pousse à s’infliger le supplice d’un récit laborieux dans une langue approximative sur plus de cinq cent pages, il doit bien exister des raisons qui poussent plus de 100 millions de personnes de par le monde à acheter et à lire ce satané bouquin. Aussi peut-on adjoindre à la liste une hypothèse supplémentaire : à travers ce livre, l’auteur est parvenu à capturer l’esprit de son époque, et imprimer une vérité de l’imaginaire érotique du moment, soit plus précisément la jonction entre le désir et l’ordre marchand et juridique – le basculement de « l’envie du pénis » de Freud à « l’envie de pénal » de Philippe Muray. S’il se trouve toujours quelques bigots pour dénoncer la pornographie et la corruption morale du roman, confondant ici la publicité avec la réalité du produit, les zélotes de cette nouvelle émancipation érotique par le recours concomitant à la pulsion et à l’acte d’achat nous semblent tout aussi inquiétants. Si le livre « dédramatise » le sadomasochisme, ce n’est pas tant parce qu’il en ferait activement la promotion, mais précisément parce qu’il n’y a plus grand-chose de sadomasochiste dedans. Mais il est invariablement présenté comme un palier dans la conquête de la femme vers davantage de liberté sexuelle et de plaisir. L’annonce du film est une bonne nouvelle pour les vendeurs de sextoys, qui sont assurés de voir leurs ventes exploser (sans compter les petits accidents domestiques) ! Les revenus générés par le merchandising officiel (oui, il y a même du vin !) se comptent en dizaines de millions d’euros annuels. Et ce n’est rien, puisque la sortie du film laisse déjà certains supposer de son retentissement sur la libido des spectatrices, comprendre par la démultiplication du profit au nom de la libération de la sexualité des femmes. Les retombées pécuniaires escomptées de la sortie du film ne laissent d’ailleurs pas de surprendre par leur absurdité, et il faut toute l’hypocrisie et la duperie d’un marchand de tapis pour transformer une jeune fille complexée (dans le roman, elle se définit en ces quelques lignes : « Toute ma vie, j’ai douté de moi – je suis trop pâle, trop maigre, trop mal fringuée, trop empotée… la liste de mes défauts s’allonge à l’infini ») en icône de l’émancipation sexuelle, d’autant qu’elle découvre les joies de la soumission aux mains d’un dominant qui ne l’est que formellement. Il ne s’agit pas tant de contester la possibilité pour des individus majeurs et consentants de rechercher leur accomplissement sur le plan érotique par des chemins de traverse, mais plutôt de pointer du doigt que le contexte qui entoure le bouquin et ses produits dérivés relève effectivement du dressage et du fétichisme, mais que leur objet est moins sexuel que marchand.

Vous l’aurez compris, c’est sous l’angle du produit dérivé qu’il faut appréhender l’existence du film, au même titre que la crème « après-fessée » officielle, le CD contenant les morceaux mentionnés dans le roman ou la réplique de la cravate de Christian Grey. Et au cas où il subsisterait encore un doute pour ceux qui espèrent découvrir LE DERNIER TANGO À PARIS ou le BASIC INSTINCT de cette génération, on peut d’emblée régler la question du caractère prétendument pervers et sulfureux de la chose, en relevant simplement que certains clips de Madonna datant d’il y a plus de 20 ans (au hasard « Erotica » et « Justify My Love ») étaient sans conteste plus démonstratifs et plus déviants que cette adaptation cinématographique. Il est d’ailleurs notable que toutes (et oui, toutes) les scènes de sexe du film soient immanquablement accompagnées de leur morceau de variété/R’n’B balancé à fond la caisse, sans que l’on puisse faire la part des choses entre l’incapacité à insuffler une quelconque sensualité à ces scènes et la nécessité de faire bien comprendre au spectateur qu’il trouvera, sur la bande originale, la playlist idéale pour accompagner ses galipettes. En choisissant Sam Taylor-Johnson à la mise en scène, le studio lui a donné une consigne qui en dit long sur l’ambition du projet : « Filmez-le exactement comme vous voulez, s’il y a un problème on coupera au montage ». Loin d’un signe de la confiance que porte le studio dans les capacités de la photographe chevronnée, on peut comprendre que ce qui prime ici c’est l’illustration, la garantie d’un certain cachet au film, et que tant que toutes les scènes marquantes du livre sont tournées, il sera toujours temps de pondérer les exigences de l’adaptation avec celles du marketing et de la MPAA une fois dans la salle de montage. Le travail d’adaptation n’est d’ailleurs pas déshonorant mais le matériau de base étant exécrable, le résultat donne forcément lieu à un film hautement dispensable. Néanmoins, la nécessité de faire tenir les 500 pages sur deux heures de film nous permet de troquer la prose empotée d’E.L. James pour la mise en scène scolaire mais fonctionnelle d’un film de studio au budget confortable, d’élaguer certaines redondances – notamment dans les interminables échanges d’emails et les cadeaux de Christian à Anastasia – et de supprimer ici et là des choses grotesques ou inutiles. Bref, en choisissant le film plutôt que le livre, on n’échappe ni à l’insignifiance ni à l’ennui mais l’expérience est incomparablement moins pénible, même si comme tous les produits labellisés CINQUANTE NUANCES DE GREY, la promesse faite à notre libido n’est là que pour dissimuler la triste réalité d’une relation univoque et potentiellement abusive avec notre porte monnaie. En son temps, Pauline Réage résumait son livre HISTOIRES D’O en une formule lapidaire. Pour elle, c’est « une destruction dans la joie ». Aujourd’hui, dans le roman érotique emblématique de ce 21ème siècle naissant, comme dans son adaptation cinématographique, il n’est plus question ni de destruction, ni de joie.

TITRE ORIGINAL Fifty Shades of Grey
RÉALISATION Sam-Taylor Johnson
SCÉNARIO Kelly Marcel, d’après le roman de E.L. James
CHEF OPÉRATEUR Seamus McGarvey
MUSIQUE Danny Elfman
PRODUCTION Dana Brunetti, Michael De Luca & E.L. James
AVEC Dakota Johnson, Jamie Dornan, Jennifer Ehle, Eloise Mumford, Victor Rasuk, Luke Grimes, Marcia Gay Harden, Rita Ora, Max Martini…
DURÉE 125 mn
DISTRIBUTEUR Universal Pictures International France
DATE DE SORTIE 11 Février 2015

8 Commentaires

  1. Totoduschnock, le seul et unique

    « Impossible. Cela n’a pas pu être écrit par une femme. »
    – Camus, à propos d’Histoires d’O

  2. Jack

    Je n’ai ni vu le film, ni lu le bouquin. C’est toutefois un intéressant article, qui m’a fait penser au film « Edmond », de Gordon, pour rester dans le thème « marchandisation des relations ».

  3. Pourquoi ne suis je même pas étonné de la chose , je veux dire le coté putassier de ce triptyque , car il ne s ‘ agit que de putasserie et rien d ‘ autre au final

  4. Grunorkt

    C’est étonnant car je n’ai pas vu le film et encore moins lu le livre et pourtant, j’ai la certitude que cette critique est complètement à côté de la plaque…

    Je m’attendais à une argumentation sociologique décortiquant le succès d’un film semble-t-il médiocre, puisque tel était la teneur du chapeau de l’article et puis rien, si ce n’est un banal « c’est dans l’air du temps ». À la place, j’ai une comparaison un poil réac avec un livre français des années 50.

    Il aurait été plus intéressant de réellement chercher à comprendre pourquoi cette œuvre a du succès, plutôt que de dénigrer à tout va. Certes, c’est une question d’époque mais il est aussi question du contenu: la prose ne plaît pas à l’auteur de cet article est pourtant elle est efficace; ou peut-être plus simplement qu’une femme sait parler aux femmes.

    « Quand on ne voit pas ce qu’on ne voit pas, on ne voit même pas qu’on ne le voit pas » (Paul Veyne)

    • Totoduschnock, le seul et unique

      « un poil réac »

      Juste un poil, alors. Le vocable « réactionnaire » (et son haïssable contraction collégienne, « réac' ») n’a qu’une valeur purement polémique, non ?

  5. ginger

    « ou peut-être qu’une femme sait parler aux femmes »

    Moui, ce qui explique la réaction outrée de la plupart de mes proches de sexe féminin : c’était surement une hypocrisie cachant à quel point le récit leurs parlait au fond du corps de leurs désirs les plus inavouables.

  6. Baptiste

    « Malgré quelques babioles en cuir pour la décoration, on est quand même plus proche de la prose de Barbara Cartland que de celle du Marquis de Sade » Joli !

    Sinon votre article (puisque je n’ai ni vu le film ni lu le livre), me rappelle un excellent épisode de South Park intitulé en version française « Scrottie McMorve-aux-Burnes », et qui narre l’écriture d’un livre absolument immonde (qu’on ne peut lire sans vomir) par des enfants de 8 ans, et son succès international. Je vous le recommande !

  7. Fest

    « C’est étonnant car je n’ai pas vu le film et encore moins lu le livre et pourtant, j’ai la certitude que cette critique est complètement à côté de la plaque…  »

    C’est rigolo ça. 🙂

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